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Le jour où j'ai su de quoi je vais mourir

Ca fait vraiment super bizarre. Je l'ai découvert tout à fait par hasard. Cela faisait des mois que je ressentais une fatigue inouïe. Que nous mettions sur le compte de mon anémie génétique. Et puis je me suis mise à dormir 10h par nuit sans me sentir en pleine forme pour autant. Et puis 6 mois de kiné car j'ai mal au dos... ça soulage mais les douleurs restent présentes. Des journées de boulot à serrer les dents de douleur quand ma kiné n'a pas de créneau. Et puis fatalement - enfin, je ne devrais pas encore employer ce mot mais bon - les jours qui s'enchaînent avec des douleurs dans les articulations et un épuisement hors du commun. Je n'arrive plus à dévisser le capuchon d'une bouteille d'eau. Me retrouver seule avec le bébé est un calvaire physique. Je me décide pour un bilan sanguin.

Et les résultats tombent. Ferritinémie. Hématochromachose heu hématochromatose. Et en VF ??

Et les infos, facilement accessibles : stockage irréversible dans les articulations (ces chiennes qui me font souffrir), mort prématurée (même si ça ne veut pas dire demain), absence de traitement. Je pleure. Heureusement mon doux mari n'est pas là, mais les filles me regardent en silence. A cet âge, elles respectent ma douleur, mon angoisse qui coule, l'une a dix mois et l'autre, qui a quatre ans me prend dans ses bras et me dit "essuie tes yeux maman". Je pleure parce que j'ai pas envie de mourir. J'ai pas vraiment peur, je suis assez passée près de la Mort et je l'ai assez voulue pour qu'elle me soit familière. Mais ça, c'était avant. Quand on me faisait souffrir et que ma vie n'avait pas vraiment de sens. Aujourd'hui ça me saoule. J'ai plus envie de penser à la mort.

Après l'avoir tant voulu et tant essayé d'y arriver quand j'étais jeune et bête, je réalise maintenant à quel point ma vie a un but et j'aime tellement ma famille que je n'ai pas envie de disparaître trop tôt. Je ne verrai probablement pas ma cadette se marier, ni l'autre d'ailleurs, et cette idée m'est insupportable. Cette perspective ne m'avait pas effleurée mais sans le vouloir le papa l'a dit à haute voix pour me motiver à me "soigner" si je voulais assister un jour à ces noces. Je souhaite partir en les sachant aimées et protégées par leur moitié. Je me désole d'imaginer mon mari prématurément veuf. Je lui souhaite de rapidement retrouver une compagne et de ne pas souffrir de mon absence en solitaire. Il ne le mérite pas. Il est un être exceptionnel. Un mari merveilleux. Un père fantastique. Un compagnon, un ami unique. Bref, ma vie m'importe peu, je me sens juste tellement heureuse que je voudrais m'assurer de leur bonheur à tous en mon absence.

Je me demande pourquoi je chiale, me dis que c'est prétentieux. Qu'importe mon existence ? à part pour protéger et accompagner mes filles qui n'ont pas demandé à venir dans un monde aussi primaire, qui part en vrille depuis dix ans. Je pleure parce que si je ne meurs pas d'un accident, je risque des douleurs qui peuvent m'achever. Un empoisonnement invalidant. J'avais pas prévu de mourir comme ça. Ce n'est pas ce que je me souhaitais. En fait je pleure parce que comme tout le monde, une fois tournée la page lointaine de mes tentatives suicidaires, je ne pensais pas à ma mort, et que d'un seul coup je me souviens que je vais mourir. Je le pressens avec lucidité et chagrin. Je voulais voir ce que serait le monde de demain. Le monde de mes enfants. Dans quoi je les ai projetées en les mettant au monde. J'avais envie d'être présente pour les préserver en cas de danger ou de d'hostilité. Je voulais avoir le temps de leur transmettre ma capacité à rebondir, à faire face sans peur, à m'acharner.

Alors ? 

Puisque tu es si tenace, entêtée, motivée, cherche tous les moyens de "durer", même s'il n'y a pas vraiment de traitement ! Même si c'est effrayant de voir se rapprocher le mur, même si c'est difficile et semé de privations alimentaires. Mon courage va ici devoir faire ses preuves et n'aura d'égale que ma volonté de survivre. Le plus longtemps possible.

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Je déteste les moutons

Hier je me suis énervée 2 fois. Une fois parce qu'à mon grand étonnement une personne dont le père est un de mes contacts Facebook que je respecte et apprécie le plus (un diplomate ayant vécu la guerre d'Algérie et bien d'autres choses) a parlé de "ces pays" (lesquels ??) dans lesquels il est "inconscient d'aller en vacances" à la suite de l'attentat de Sousse de ce 25 juin 2015. Ça te semblera être un micro-événement dans l'Histoire, ma fille, quand tu seras en âge de comprendre ce qui s'est passé. Mais cet amalgame de la Tunisie (où je n'ai jamais mis les pieds mais qui ne m'inspire que le respect de par le peu de tunisiens que j'ai croisés dans ma vie parisienne) violemment attaquée, avec ses 37 morts et nombreux blessés, m'a fait réagir.

Je ne peux jamais m'empêcher de réagir pour quel que sujet que ce soit je vois qu'on mélange les genres, pour le principe, même si je ne me pose pas spécialement en défenseuse d'une cause. Je ne cesse de rappeler aux gens de vérifier les informations fausses qu'ils relaient parfois en croyant rendre service, d'éviter les lieux communs surtout quand ils ne connaissent pas le sujet, et de donner un minimum d'arguments pertinent à leur analyse de supérette. Ton père me critique souvent à cause de cela, il estime mon combat vain et inutile et n'y voit pas comme moi une liberté d'expression et le refus de consentir par le silence.

J'ai donc rétorqué à cette fille que les étrangers en vacances sur la plage mitraillée par un terroriste salafiste fou n'étaient probablement plus des personnes ayant les moyens de passer une semaine là-bas qu'une seule journée à Nice au même prix. Et que je préférais encore aller à Sousse donner mon fric pour aider les commerçants à se relever de ce qui va inévitablement détruire pendant quelques années leur gagne-pain du fait que les moutons de touristes vont déserter le coin. Je suis souvent hallucinée par ce type de raisonnement que tient aussi ton père : "à Sousse ça craint". Quoi "à Sousse ça craint" ?? Tu connais Sousse ? et à Paris et à New York et à Toulouse et dans ce bled de 6000 habitants en Isère nommé St Quentin Fallavier, dans toutes ces communes blessées par d'horribles attentats, ça craint ?? Hein ? Et tu connais personnellement Sousse, toi ? Non, je ne suis pas d'accord ! Ce qui craint, c'est la banlieue de Marseille, pas Sousse ! Et pourquoi rêve-tu d'aller à New York où un attentat envers les Twin Towers a décimé bien plus de monde ? De la peur naît la violence et l'ignorance engendre la bêtise.

Bref, j'étais agacée de la voir dire sur Facebook que ces touristes avaient "de la merde dans les yeux" en décidant d'aller là-bas. Loin d'avoir la certitude pour ma part que ce soit un réel choix pour tous, cette discrimination tandis que ton père et moi sombrons doucement dans la pauvreté depuis quelques années, je me sentais personnellement concernée par cette attaque peu étayée. Et quand elle répondit qu'au moins de Nice on en revient vivant, alors là je me suis énervée.

Parce que, ma chérie, outre l'attaque meutrière de Charlie Hebdo ce 7 janvier et l'affaire Merah en mars 2012 ici, il y a eu ce même 25 juin une attaque terroriste en Isère alors il va falloir qu'on me montre comment on est + en sécurité en France que ce soit dans une ville aussi paisible que Toulouse ou dans un bled de 6000 habitants comme St Quentin Fallavier. La personne qui écrivait et que tu ne connaîtras jamais et l'un de ses amis m'ont souhaité ironiquement de "bonnes vacances" en Tunisie et sont partis dans des délires du type "ahahaha leur filer ton fric pour qu'ils te crachent à la gueule et t'assassinent ou t'égorgent ensuite... ?????" (fin de citation) ce à quoi j'ai rétorqué "C'est vrai. Et surtout n'oublions pas de cracher à la gueule de ces 1,2 millions d'isérois vraiment pas fréquentables". C'est vrai quoi, les saint-quentinois seraient probablement ravis de l'entendre faire l'amalgame et penser si on suit son raisonnement, qu'ils sont des barbares sanguinaires alors que ce sont d'abord des victimes dont je suis terriblement solidaire. C'est un putain d'époque ma fille. Il y a beaucoup de gens comme elle hélas.

Ce fut ma dernière réponse et qui fut forcément incomprise de ces gens dont l'étroitesse d'esprit m'a définitivement éloignée.

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Mamanmifère

Ma chérie, mon amour,

J'ai besoin de coucher aujourd'hui l'ivresse que tu m'inspires. Quand tu te jettes dans mes bras, quand je te soulève et te serre contre moi, je sens la chaleur de ton petit corps, je te couvre de baisers goûlus alors que rapidement tu protestes... Tu n'es pas très câline, je me demande parfois pourquoi, peut-être parce que tu es un bébé d'automne, que nous n'avons pas souvent été peau à peau quand tu étais nourrisson, j'avais peur que tu aies froid et je te laissais souvent tranquille à te reposer dans ton landau en pyjama pour que tu sois libre de tes mouvements, pour t'observer sans t'étouffer...

Alors oui tu es devenue libre, tu ne ressens pas de contraintes, tu es libre et respectueuse, je te guide parfois mais la plupart du temps tu fais ce que tu veux et je te suis, je t'encourage, pour que tu développes ce avec quoi tu as des affinités, sans te brimer, sans te frustrer... Et je suis fière car tu n'as peur de rien, tu es ouverte, joueuse et joyeuse, tu es charismatique depuis ta naissance et tu n'as que 19 mois... Les gens t'aiment et t'admirent, et moi plus que les autres, je t'aime à la folie, passionnément. J'aime sentir ton odeur de bébé quand je t'embrasse et enfouis mon visage dans tes cheveux clairs, j'aime quand nous faisons un bisou esquimau, quand tu cours vers moi en criant maman !! maman ! je t'aime à en pleurer d'émotion, quand je pense à toi une euphorie me transporte, je ferais tout pour toi, et ce sentiment grandit chaque jour, loin de l'étrange étonnement craintif que j'ai éprouvé quand je t'ai vue pour la première fois, me demandant si j'allais bien t'aimer comme je t'aime aujourd'hui...

J'ignorais et je pense que toutes les femmes qui n'ont jamais eu d'enfant l'ignorent aussi, qu'il puisse exister ce sentiment de tendre adoration, similaire à l'abandon extatique que j'éprouve quand je me blottis dans les bras de ton père, mais différent car là c'est moi le poussin, je me laisse aller au sentiment de sécurité et de bien-être divin que procure le fait d'être totalement amoureuse de lui. Quand je te regarde dormir la nuit ou que je cherche tous les jours des cadeaux pour contempler par la suite ton visage émerveillé et heureux, je sais que rien d'autre ne m'importera jamais davantage. Tu es ma prunelle, ma louve, ma Didoune, ma chipoulette, ma mimolette, Chouquetta ma puce... Je me sens comme une lionne, ne sentant jamais le poids que tu pèses (11kg) quand je te porte, je suis tellement bien avec toi que je pourrais passer ma journée à te garder dans mes bras et à te couvrir de baisers. Je t'adore et j'espère que nos relations seront toujours d'échanges et de tendresse mutuels.

Et alors je suis fière de connaître ce sentiment extraordinaire, et le transport que cela me procure, n'a de mesure que la volonté que j'ai de vous rendre heureux ton papa et toi le restant de nos jours. J'ai aussi un aveu à te faire : tu m'apportes tellement de bonheur et de joie que presque incrédule devant ces émotions que je n'imaginais pas avant toi, ton papa et moi nous préparons à te donner une petite soeur ou un petit frère. Je croyais il y a peu encore qu'il ne me serait pas possible de "partager" l'amour que je ressens pour toi pour mettre au monde un deuxième enfant mais quand je vois à quel point mon amour grandit de jour en jour et que j'en ai me aussi chaque jour davantage ton père bien-aimé, alors je sais que l'amour peut se multiplier et que le mot partage est erroné. C'est pourquoi je sais que je peux encore donner et multiplier cet amour en agrandissant notre petite famille. J'espère que cela te rendra heureuse mais auparavant, j'espère aussi que notre souhait deviendra projet et pourra se concrétiser l'année prochaine.

Peut-être en reparlerons-nous dans 25 ans, et ce sera amusant de repenser à cet instant précis où le bonheur absolu dans lequel je baigne depuis ton arrivée nous a menés à la naissance de ton frangin ou de ta frangine... :)

Ta maman qui t'aime à la folie.

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Pourquoi être

Un titre qui peut sembler étonnant mais qui résume bien la question qui m'envahit définition à con inopinée ces derniers temps. Livrée à moi-même, j'ai du mal à m'intéresser à certaines choses... Ça nous arrive tous un jour : on se demande pourquoi on fait tout ce qu'on fait chaque jour, on se démène pour recommencer le lendemain, rien de nouveau, rien de gratifiant, et tous ces gens qui nous entourent et nous enveloppent d'indifférence, quand ce n'est pas de hargne... J'en ai un peu assez, et pourtant l'usure que cause la frustration, l'insatisfaction, l'agressivité client, ça me connaît, moi la professionnelle des Services Clients... Mais aujourd'hui je me sens transformée en fourmi, au milieu d'un chaos organisé qui me fait flipper chaque jour un peu plus et au sein duquel je ne me sens pas à ma place.

j'ai presque envie de sourire : comme vous, je serais dérangée par quelqu'un qui ferait de tels aveux et il ne m'inspirerait pas confiance. Mais de vagues idées noires me rattrapent, pourtant cela fait bien longtemps que je croyais vous avoir larguées, mais on dirait que vous savez toujours où me retrouver, pour venir me souffler que si je quittais ce monde je ne souffrirais plus. Je me demande pour quoi je suis là, j'ai cru le savoir pendant la moitié de ma vie, courant bon train vers ma vie, et là je me sens coincée, je ne suis plus remplie de potentiel, je suis à la traine, je vois défiler ma vie avec une sorte de fascination morbide, et je me dis que je mourrai bêtement, hors de mon corps, en m'observant cavaler inutilement sans sensation de servir vraiment à quelque chose.

Pourquoi être alors ?

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Papa ?

Ma chérie,

C'est avec une émotion immense que j'encourage chacun de tes balbutiements et comme tu n'es pas avare de discours, souvent je fonds en larmes tout en riant de bonheur. Depuis une semaine, quand tu te réveilles et que je suis seule à t'accueillir en ce nouveau jour, tu déambules dans l'appartement en demandant "Papa ? Papa ??" et je suis assez émue quand je t'explique : "Papa est parti travailler". Je crois que tu comprends confusément que tout est normal et qu'il reviendra ce soir.

Ce 24 décembre tu nous as fait un cadeau particulier que j'ai filmé et ça paraîtra tellement bête un jour que j'ai envie d'immortaliser ce moment d'intense émotion par cette lettre. Cela faisait quelques temps que, maîtrisant la marche, tu développais ta capacité à mémoriser les mots et à tenter de les restituer. Je t'ai donc désignée pour que tu découvres que comme tous ces animaux et ces objets que tu connais autour de toi, tu as TOI AUSSI un nom. Et ce matin, quand je me suis montrée du doigt en disant "C'est qui, ça ?" tu as dit "Maman ??" sur ce ton interrogatif qui me fait rire, et tu as dis "Papa" avec conviction quand j'ai désigné papa. Quand ce dernier t'a à son tour montrée du doigt... "Et ça, c'est qui, ça ?", tu as demandé : "Lia ?" et j'ai à la fois explosé de joie et fondu en larmes comme je suis en train de le faire en repensant à cet instant extraordinaire.

Au-delà de réussir à prononcer ton prénom que par chance nous avons choisi simple, c'est la compréhension de notre phrase, ta conscience de toi-même et l'assurance de ton existence propre grâce à ton prénom qui me fascinent et me subjuguent.

Si j'essayais de faire la liste de tes premiers mots prononcés, il y a : maman, papa, popo (signifiant que tu as envie de faire ou ... hélas déjà fait et qu'il faut changer la couche), mamie, papy, caca (que t'a appris la nounou probablement quand tu ramasses une crasse par terre chez elle... ce qu'il y a d'admirable c'est que quand tu en ramasses en ma présence, tu me l'apportes en affirmant : caca ! pour que je la jette) et l'onomatopée poum !

En revanche, si ton vocabulaire est peu étendu, tu connais énormément de concepts et tu sais reconnaître (tes préférés en premier) : un chat, chien, araignée, coccinelle, mouton, coq, grenouille, souris, écureuil, taupe, marcassin, goliath, éléphant, hippopotame, papillon, vache, hibou, flamant, poisson, poulpe, crabe, dauphin, baleine, singe, girafe, ours, cochon, cheval, âne, oie, canard, poussin, hippocampe, raie, zèbre, bernard-l'hermite, fleur, soleil, arrosoir, arbre, oeuf, bébé, maison, pot, couche, t-shirt, pantalon, pyjama, gants, manteau, gilet, robe, salopette, ...tu sais reconnaître chacun de ces fruits : pomme, kiwi, banane, mangue, grenade, raisin, pêche, abricot, tomate, poire, ananas, noix, orange, mandarine...

Tu connais les actions suivantes : prendre le bain, faire dodo, se brosser les cheveux, prendre la vitamine, prendre le médicament, aller manger, boire de l'eau, aller se promener, aller à la piscine, aller au manège, rentrer à la maison...

Je viens de t'apprendre à différencier 3 couleurs : bleu, rouge et jaune, grâce à tes petites bouteilles d'eau Mont Roucous vides dans lesquelles je mets 20 ml d'eau avec une goutte de colorant alimentaire, et tu connais les lettres de l'alphabet de A à F. Tu les révises plusieurs fois par jour et j'essaie d'en ajouter une par jour si les précédentes sont parfaitement assimilées. Je me suis aperçue que tu étais extrêmement alerte le matin et normalement peu courageuse le soir avec une tendance à répondre n'importe quoi sur des questions que tu maîtrisais parfaitement à 8h... même si tu cherches à cacher une fatigue et refuse de dormir une fois au lit à 20h ;-)

Je viens de trouver un lavabo quasi neuf auprès d'une mégère à 20km d'ici, une assistante maternelle (quelle surprise ! pffff je pense que je les ai dans mon collimateur, les nounous et ce, définitivement) et je vais aller te l'acheter. Elle le vend sur LeBonCoin et nous venons de vendre le micro-ondes, ce qui nous permet d'acheter cet article qui va t'offrir l'apprentissage de la propreté.

C'est avec une fierté et un bonheur quotidien sans bornes que j'observe tes progrès, tes déductions, l'ennui que tu sembles manifester parfois et qui me met immédiatement sur la brèche pour te chercher des activités notamment d'éveil créatif, d'observation et de logique. Nous venons de commencer par exemple les ateliers pâte à modeler. C'était fort drôle, la première fois tu ne voulais pas la toucher, l'atelier a duré moins d'une minute, je t'ai montré comment manipuler librement une quantité de pâte, mais comme tu n'aimais pas la texture, nous avons remis cela à plus tard. Trois jours après, tu adorais ça et je t'ai trouvé emporte-pièces et rouleau à pâtisserie miniature ! Sur l'Ipad aussi tu excelles déjà : tu sais aller le chercher et me le mettre entre les mains en disant "Maman ?!" et cet ordre qui signifie une dizaine de demandes différentes que je sais toutes parfaitement reconnaître, m'indique qu'il faut te le déverrouiller pour que tu puisses jouer à ce petit jeu très bien fait de reconnaissance d'animaux, de moyens de transport et d'instruments de musique entre tris propositions. à 15 mois, tu savais déjà reconnaître quarante items et aujourd'hui tu joues par habitude et pour le sympathique jingle. Il va falloir que je te trouve autre chose. Mais j'ai déjà pu remarquer avec une pointe de déception que le marché des jeux pour tout-petits était très peu développé sur Ipad.

Mes prochains objectifs : te faire acquérir la patience et davantage de concentration. Grâce à un amusant gros oeuf en plastique qui parle seul "je suis caché !!!" "Je suis là....", je t'ai appris le jeu de cache-cache avec un objet que tu trouves toujours. Avant cela, tu ne restais pas concentrée autant de temps sur une activité et tu passais très vite de l'une à l'autre. Tu sais emboîter des sortes de petits pots que mamie t'as acheté mais enfin tu commences aussi à les empiler, alors je pressens que nous allons bientôt pouvoir passer aux jeux de construction, ce qui va développer ton imagination et lâcher la bride de ton imagination. Je me bats chaque jour avec ton père pour qu'il renonce à la facilité de te coller devant la TV (que tu sais allumer) avec les supers programmes de Piwi+. Je ne veux pas que tu deviennes comme son fils un accro du petit écran à avaler des textes et des images sous la couette du matin au soir et du soir au matin, sans exercer la moindre activité intellectuelle ou ludique, que ce soit sportive ou de plein air, repoussant le moindre effort au point de ne rien assimiler à l'école et sans goût pour la recherche et l'accomplissement.

Je veux te montrer qu'il y a un milliard de choses intéressantes et réelles autour de toi, avec lesquelles tu peux interagir et que tu peux influencer pour garder la liberté dans tes choix et tes actes. Ma maman travaillait quand j'étais petite et j'ai tout découvert par moi-même, seule, sortant de chez moi pour explorer le monde avec curiosité et sans peur. J'en ai construit et gardé une forte adaptabilité, une capacité à me débrouiller, à faire beaucoup avec rien, et une envie toujours plus forte d'aller découvrir de nouvelles choses, de nouvelles sensations... Hélas je bénéficiais d'une époque et d'un environnement uniques qui ont permis beaucoup de choses impossibles aujourd'hui et qu'il me faut modeler pour les transposer à ton ère. Je suis là pour t'apporter de quoi te construire mon amour, sans t'enfermer surtout, mais pour t'apprendre tout ce que je peux et pour que tu puisses aller chercher les apprentissages de ce que je ne sais pas, afin que tu puisses un jour t'envoler vers la voie qui te plaira, avide d'expériences saines et enrichissantes, intelligente, avisée, douée et ouverte.

Maman qui t'aime.

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Mes trois premiers pas

C'est le 23 octobre que tu aurais prononcé cette phrase si tu avais parlé au lieu de développer tes capacités motrices en premier. Car il paraît que c'est l'un ou l'autre, l'enfant parle ou marche mais il ne peut développer en même temps les deux compétences. Ah bon. Bref, en tout cas cela fait depuis Nice que tu as commencé à ramper... en arrière, et un mois plus tard tu as rampé vers l'avant, de plus en plus vite, et après avoir parfaitement maîtrisé cette étape, tu as commencé à caboter en t'appuyant aux meubles TV et aux canapés... ensuite, depuis ton anniversaire très exactement, tu as commencé à te déplacer avec la petite voiture rose que mamie a eu la géniale idée de t'offrir.

Il te fallait faire des aller-retours dans notre mince couloir le matin avant de partir chez la nounou. C'était toujours pour moi un désespoir de devoir mettre fin à cet exercice que tu prenais manifestement très au sérieux, surtout pour aller te livrer à cette "inconnue" avec laquelle tu allais passer tes journées loin de moi. Mais très vite, tu t'es mise à pousser ta voiturette par sa poignée arrière et à pousser ton trotteur. Maman est assez fière d'elle d'avoir suffisamment lu de documents grâce à l'Internet pour savoir que ce dont me parlent encore quelques parents mal informés et qu'on appelle youpala est la pire chose que nous pourrions avoir eu l'idée de t'acheter. Non, tu n'auras jamais eu cette invention de malheur qui fragilise les membres inférieurs et cause apparemment des faiblesses ultérieures des ligaments au niveau du tendon d'Achille, cet objet absurde responsable de bien des accidents car bébé enfermé dedans ne peut pas en sortir même s'il a conscience d'un danger arrivant tel des marches ou tout simplement s'il en a envie. Je ne veux pas te voir faire semblant de marcher assise, les jambes arquées, faisant un mouvement pour lequel tu ne serais pas encore prête et battant de tes frêles jambes dans un mouvement tout sauf naturel, dans l'indifférence ignorante des adultes amusés... Et je crois toujours que j'ai eu raison de m'ériger contre ce fameux youpala interdit dans bien des pays du Nord, tel le Canada, si en avance par rapport à la France sur le sujet du bien-être de nos tout-petits. Il m'a fallu gentiment enseigner ce que j'ai appris à mon entourage, sensibiliser ma belle-mère, dont je me souviens encore de la réplique amusée : "elle en aura un mais qui restera chez nous"... qui m'avait choquée car elle ne prenait manifestement pas cela au sérieux... mais comment accepter mon point de vue sans remettre en cause le fait qu'elle avait déjà élevé ses fils et petit-fils avec cet objet auquel tout le monde octroyait des vertus ?...

Par bonheur, elle a fini par se rallier, en un an, j'ai peut-être fini par la convaincre du bien-fondé de la plupart de mes choix pour toi, car elle a opté pour cette merveilleuse voiture que tu adores par-dessus tout avec ta cuisinière et dînette Barbapapa (merci tonton Léo ;). Tu as la chance d'avoir d'extraordinaires grands-parents qui ont fait deux fils géniaux et adorables ...Sache que je les admire tous énormément. Je me souviens encore de la fois où je me suis dis, pour toujours, quelle merveilleuse famille !!! Quelle chance ai-je d'avoir trouvé Mathieu, le plus gentil, intelligent et adorable des garçons ! Oui ma chérie, tu as un père génial, qui t'aime à la folie, vaillant et doux, énergique et profondément bon, valeur et qualité quasiment introuvable aujourd'hui, et comme tu as commencé à le faire ce 3 novembre 2013, tu vas pouvoir continuer à faire trois petits pas chancelants sans que nous ayons besoin de te tenir la main, pour aller te jeter dans ses bras :)

Le 23 octobre donc, tu étais assise sur le sol de la cuisine, il était près de 19h et j'étais en train de cuisiner ton repas quand je t'ai vue te lever seule et faire 3 pas... tu m'as regardée tellement fière de toi, qu'un grand WAAAAAAAAAAaaaaaa !!! est sorti de ta bouche avec un sourire immense que je n'oublierai jamais. J'ai tout lâché et je t'ai serrée dans mes bras en te soulevant dans les airs avec le même cri de joie, émue aux larmes comme à chaque étape majeure de tes progrès. Nous avons dansé et ri ensemble et quand papa est rentré, il ne m'a pas crue. Quel bonheur donc que ce soir tu aies de nouveau relevé ce défi plusieurs fois en faisant de nouveau tes trois pas face à ton grand papa assis par terre ! Quel sentiment indescriptible d'observer cette joie immense sur ton visage illuminé de triomphe, tes gazouillis de victoire... dire que tout cela sera bientôt loin derrière toi et que marcher ne sera un plus qu'une évidence dont plus personne - même pas toi - ne se préoccupera d'admirer... Sauf maman, sûrement, qui y repensera régulièrement, avec la même émotion qu'aujourd'hui ...car je songe souvent aux instants de ta naissance où nous étions si émerveillés par ta seule présence que chaque étape comme celle de la marche reste pour moi comme un nouveau miracle dont tu es la fée... Je t'aime mon Ange...

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Les enfants sont magiques

J'ai eu du mal à trouver le titre... Et me suis décidée à écrire en ayant les larmes aux yeux d'émotion pour la énième fois en voyant passer une pub pour je ne sais quelle tablette tactile à la TV. Une partie du script : un enfant cherche sur Internet des astuces pour ne pas avoir le trac en public car le lendemain, il doit faire un exposé à l'école. Il doit avoir dans les 11 ans. La nuit, alors qu'il s'est endormi, sa maman vient le border et ajoute un petit mot au-dessus du titre de son exposé sur sa tablette, petit mot qu'il ne verra que le lendemain alors qu'il est face à la classe, et qu'il va timidement prendre la parole.

Le petit mot est : "Bonne chance. Je suis fière de toi. Maman". Le regard de l'exceptionnel petit acteur soudain s'illumine, je le sens s'emplir de courage et ça, ça me fait chialer. Ouais je sais ça fait nunuche au possible, surtout à mon âge mais que voulez-vous. Qu'il soit applaudi par la classe à la fin de son exposé on s'en fout. Ce qui m'émeut au plus haut point c'est la tendresse qu'il a en commun avec sa maman qui pense à lui en n'étant pas là alors qu'on le voudrait bien, voir notre bout de chou faire un exposé, voir comment il parle, comment il se tient, et laisser fondre notre coeur de maman, rempli d'un amour sans limites pour ce petit être que nous avons mis au monde et qui grandit malgré nous...

Quand je te vois grandir ma chérie, j'en éprouve une sorte de frisson intérieur que rien d'autre ne provoque, et j'aime ce sentiment et contrairement à ce que j'entends des autres parents, je n'ai pas hâte et je ne regrette pas non plus que tu grandisses. Je suis juste émue chaque jour qui passe de tes stupéfiants progrès, de te voir comme aujourd'hui te lever seule et tenir de plus en plus longtemps en équilibre sur tes deux jambes puis te rasseoir avec un cri de fierté. Ta progression est régulière et j'en observe et enregistre dans ma mémoire les moindres détails.Je t'ai vue serrer pour la première fois mon doigt puis un objet, puis le déplacer, le jeter puis enfin le placer dans un réceptacle comme cet intéressant jeu que Jana t'a offert (un oeuf et un coquetier en bois). Par hasard j'ai acheté un jouet qui se déplace tout seul en musique et je t'ai vue peiner à ramper derrière, stimulée et amusée, puis tu l'as rattrapé, plusieurs jours plus tard, puis enfin tu l'as dépassé puis actionné comme un jouet que tu maîtrises, sans plus le suivre, étant devenu lent, sa mission accomplie. Puis tu t'es levée, pesamment, vacillant sur tes jambes à notre grande stupeur, si tôt, à 1 an à peine, et nous avons crié dans ce long couloir avec ton papa, encourageant tes premiers pas. enfin, tu as saisi les trotteurs à pousser et tu as gambadé fièrement, chaque jour plus assurée... Mon amour tu es exceptionnelle malgré le fait que tous les bébés passent par ces stades, le fait que ce soit toi me fascine et me comble au plus haut point. Du haut de tes 78 cm, tu me motives à tel point que je me suis récemment remise à travailler à mon compte stimulée par l'idée d'être ainsi plus disponible pour te regarder grandir, te tendre chaque objet qui t'amusera tout en développant les fonctions motrices et intellectuelles qui visiblement s'épanouissent en toi à une vitesse incroyable en ce moment. J'espère être à la hauteur de ce que tu mérites d'avoir comme exemple en tant que fille d'une working girl.

Sache ma tendre ma douce qu'à part ton père d'une autre façon, tu détiens ma plus fervente admiration et tu m'emplis d'une envie de me surpasser proche de l'inexplicable.

C'est probablement cela qu'on appelle l'amour.

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Heureux les simples d'esprit

Elle a toujours été conviviale voire pipelette, à poursuivre toute conversation le matin quand je te dépose, quand je réponds aimablement à des réflexions anodines. Cela part de rien souvent, "Léa peut-elle commencer à manger un quignon de pain ?" et nous voilà engagées sur un échange intéressant où je m'enquiers avec toute la soif d'apprendre d'une maman novice, du timing pour commencer à introduire les morceaux fondants et autres biscuits croquants dans ton alimentation. Ou bien elle trouve ta première paire de chaussures magnifique et j'explique que je n'ai trouvé qu'une seule boutique au coeur de Toulouse offrant la garantie de chausser convenablement les petits pieds pour les premiers pas. Ou bien encore elle réclame un nouveau paquet de couches et comme je lui dis que j'achète exclusivement des Pampers par 300 ou 400 lors de ventes privées, elle me parle des "Pommette" dont une maman semble satisfaite et des rougeurs qu'il lui a semblé voir apparaître quand un jour je lui ai donné des couches de E. Leclerc pour essayer.

Bref, tous les jours nous passons dix ou vingt minutes à bavarder et puis un jour je t'offre un enregistreur sur lequel je te laisse un message enregistré pour que tu puisses entendre ma voix quand tu en éprouves le besoin et que je ne suis pas là. Comme tout jouet, au bout de quelques jours, personne ne sait plus où il est. Ce matin, je dis à ta nounou que j'ai cherché partout chez nous et que je ne l'ai pas trouvé. Elle me dit qu'elle a cherché dans tous ses lits parapluie et qu'elle ne l'a pas trouvé non plus. Me souvenant qu'une fois je l'avais trouvé glissé sous son canapé recouvert d'un immense plaid, je me penche et regarde sous son canapé de nouveau. Sans réfléchir, je me redresse et déclare sans ironie "cette fois il n'y est pas mais y a plein de trucs sous votre canapé". Je voulais lui dire par là que si elle cherchait de menus objets qui lui manquaient, peut-être s'étaient-ils malicieusement cachés là...

Mais, selon les témoignages que j'ai eus par la suite de nombreuses personnes auxquelles j'ai exposé la scène, il semble qu'il n'est pas étonnant qu'elle l'ait hyper mal pris. Comme je viens d'un autre monde, de franchise sans arrière-pensée de bêtise pleine de naïveté, je ne pouvais pas l'imaginer. Et sur le moment, quand elle m'a rétorqué avec humeur "eh bien je vais vous embaucher pour faire mon ménage !" je n'ai pas trop compris la riposte du tac au tac et j'ai répondu avec un rire léger pour détendre l'atmosphère "ouhla déjà que je ne le fais pas chez moi !" car j'ai senti confusément qu'elle prenait l'information que je croyais lui apporter factuellement, comme une remarque sur la qualité de son ménage. J'ai accepté sa vanne de bon cœur, après tout si j'avais dépassé les bornes de la familiarité en examinant sous son canapé dans son échelle de valeurs, elle avait raison de me balancer une pique et nous étions quittes.

Mais pas du tout. Le lendemain matin, le 10 octobre 2013, elle m'attendait de pied ferme et quand je t'ai déposée, après avoir bruyamment admiré le nouvel aménagement de son couloir intérieur, elle me déclare qu'elle veut rompre le contrat et qu'elle est en train de rédiger sa lettre. Que la veille, elle voulait le dire à ton père qui était allé te chercher, manque de bol pour la 1ere fois il y est allé avec papy et mamie et que du coup elle s'est retenue. Encore heureux, devais-je me dire plus tard, vu que c'est contre moi qu'elle en a, ils auraient tous été comme deux ronds de flans, comme moi aujourd'hui, et en plus non concernés par ses récriminations.

Et là elle me déballe tout... "Vous n'avez pas confiance, affirma-t-elle, je l'ai toujours senti, que vous n'avez pas confiance en moi... et quand vous avez regardé sous mon canapé, alors là !!!" Elle semble avoir été vexée jusqu'au tréfonds de son âme, cette pauvre femme à qui je n'avais pourtant pas dit "votre ménage laisse à désirer" puisque je ne le pensais même pas et qu'il ne me serait jamais venu à l’esprit de lui donner la moindre leçon relative à sa façon de garder les enfants vu qu'elle est mère de 4 enfants et nounou depuis 13 ans. J'ai toujours chanté ses louanges auprès de mon entourage, la surnommant Mary Poppins et je l'ai complimentée des dizaines de fois sur son travail, percevant sa soif de reconnaissance. Je n'ai jamais téléphoné ni réclamé de SMS en journée pour me tenir informée de la journée de Léa, je n'ai jamais critiqué ou conseillé. D'où tient-elle ce sentiment ? de sa propre insécurité, plutôt ?? Régulièrement, je ponctue mes arrivées le matin par un joyeux "Quel bonheur de la laisser quand on voit comment Léa sourit quand elle arrive devant votre porte ! quoi de plus rassurant pour une maman..." ou tout autre compliment ou de nombreux "ah c'est super ça, quelle bonne idée !" "ah vous avez raison, je vais faire ça" ou "vous qui avez beaucoup d'expérience, je voulais vous demander..."....

D'un seul coup elle explose "Je suis en colère, moi je suis quelqu'un qui dit les choses alors je préfère vous le dire..." Et je me dis "Mouais pourquoi ne pas m'avoir dit avant qu'elle m'avait dans le collimateur depuis le début si elle est si franche que ça ? aujourd'hui elle pète un câble et veut arrêter la garde de Léa à la suite d'un malentendu qui l'a vexée (??!!)" Si on est vexé, c'est qu'on est susceptible...

"...Vous voulez être parfaite !!"

Oui ? et alors ? Ce n'est pas un bel objectif dans la vie, ça ? Plutôt que d'ambitionner d'être une sous-m**** ou de rester rien ni personne ? Se tirer vers le haut, c'est mal ? En même temps, si c'est un travers, c'est pas de ma faute, je me faisais enguirlander méchamment quand je ne ramenais pas 20/20 dans toutes les matières et ça a dû creuser un grave trauma dans mon petit crâne dont je ne suis pas près de me remettre. Merci maman. C'est à cause de toi que 25 ans plus tard je vais perdre ma nounou.

"Vous n'avez pas confiance en vous en fait !" Wouah Nounou-Psy a passé sa nuit à m'analyser et m'explique qu'elle en a des douleurs de crispation dans l'épaule et le bras. Comprenant qu'il fallait que j'aille dans son sens pour ne pas la braquer davantage, je lui réponds "Peut-être ! Oui ! vous avez sûrement raison !" et je pense "...mais en 13 ans de nounou, vous n'avez jamais vu une jeune maman angoissée ? " ...et lisant dans mes pensées elle s'écrie "...je n'ai jamais vu ça en 13 ans d'assistante maternelle, ça ne m'était jamais arrivé ! " Bizarre. On n'est pas censée voir plein de jeunes mamans anxieuses et devoir faire preuve de pédagogie quand on est nounou depuis autant de temps ? Et elle, quand elle a eu son 1ere enfant, elle était parfaitement sûre d'elle ? quelle chance ! Comme quoi je suis effectivement très loin d'être parfaite. "Léa est une enfant adorable, gentille !!! facile à vivre !!!" et moi j'entends pendant ton panégyrique "...pas comme sa mère ! !!!" J'espère bien que tu ressembles le plus possible à ton adorable papa en effet. Que tu ne sois jamais aussi insécure que moi (merci encore maman), aussi bête, aussi maladroite socialement... tout en espérant que tu sois libre comme moi même si cela me mène souvent à rester en marge de ce monde étrange d'aujourd'hui à l'observer avec stupeur et incompréhension. Je t'expliquerai cela dans un autre billet mais tu percevras réellement mon sentiment à ce sujet quand tu auras à ton tour mon âge je pense. Car c'est cette longue observation du monde qui m'a amenée à faire mes constats et exprimer mon émotion à son sujet.

Bref, pour revenir à ta nounou explosive, mon sang n'a fait qu'un tour sur le moment, je venais de conclure la veille, ce 9 octobre pour mon nouveau boulot, je ne pouvais pas imaginer perdre mon mode de garde qui, même s'il t'arrache à moi chaque matin me laissant en proie à un immense chagrin, me permet d'être disponible pour aller chercher des sous pour nous nourrir. J'étais aussi totalement stupéfiée par ce retournement de situation où mon employée me congédiait sans médiation préalable, avec la toute-puissance de ces métiers de garde d'enfants en France où les parents sont à genoux car seul 1 enfant sur 10 a une place quelque part pour être gardé. Enfin, j'avais un mal fou à concevoir que cette nounou dont je ne disais et pensais que le plus grand bien pense exactement le contraire ! Je tombais de très très haut. Comment est-ce possible qu'avec tous les compliments sincères que je lui faisais continuellement elle pense que je critique son travail ??

Pourtant j'en ai gardé pour moi, des réflexions ! ...La fois où j'ai trouvé un bout de verre par terre dans le salon où tu passes tes journées avec les deux autres bébés, je l'ai ramassé en lui disant juste "tiens, il y a un bout de verre par terre" calmement, sans montrer ma nervosité. Elle avait cassé des verres et avait mal balayé. Les fois où tu rentres avec ton leggings blanc devenu noir car elle ne lave pas par terre tous les jours comme maman, je ne dis rien. Quand je lui ai demandé combien de fois elle te changeait et qu'elle m'a dit 4 ou 5 fois bref qu'elle ne comptait pas, j'ai juste montré mon étonnement en disant ah bon, moi je ne la change que 2 fois sur cette durée ! mais je ne lui ai pas demandé d'économiser ces couches qui nous coûtent une fortune. Quand elle me rend ta bouteille d'eau pleine, je suis contrariée qu'elle ne t'ait pas fait boire assez de la journée mais je ne dis rien. Quand on jette ton biberon plein parce que tu le bois avec moi mais pas avec elle, qu'importe. Quand tes pantalons sont recouverts de longues traces de stylo, je ne relève même pas qu'un stylo à bille traîne à la portée des bébés chez elle. Quand elle me dit sèchement aujourd'hui que ta poussette doit désormais rester toute la journée dans le hall de son immeuble car elle ne veut plus que les mamans ne la laissent chez elle, je trouve cela très limite mais je me débrouille avec. J'ai toujours eu l'intuition qu'il fallait appuyer ses points positifs et taire toute remarque car mon 6e sens avait détecté une personnalité fragile voire manquant de confiance en elle. Ton papa m'a dit après coup que lui avoir offert des jouets pour les enfants et une chaise haute (parce que je n'aimais pas t'avoir vue manger par terre !) avait dû davantage la vexer que lui faire plaisir. Pffff. Incroyable. Mais ton père a toujours raison.

Bref, j'ai alors ouvert la bouche pour ma défense puisque je n'avais pas le temps de prendre un avocat, et je lui ai demandé dix fois de m'excuser, arguant que j'étais profondément désolée, que je n'avais jamais eu l'intention de la blesser, que justement je voulais revenir parler de cet enregistreur puisque par hasard je venais d'apprendre qu'il était chez mamie, que je trouve son travail excellent et que Léa est visiblement très bien avec elle.

"Vous êtes exigeante !!!" cria-t-elle encore. "Ta façon d'être la renvoie à sa propre imperfection et c'est cela qui la dérange car elle est bête comme ses pieds, après tout elle n'est que nounou, tu vois ce que je veux dire..." me rassura totalement une de mes chères amies.

"Si je n'avais pas confiance totale en vous je ne vous laisserais pas ma petite fille, et je serais bien plus horrible que ça (puis plus sérieusement) ...J'adore ce que vous faites et comment vous le faites, vous êtes une "maman" et..."

- Je ne suis pas une maman ! je suis une nounou !!! et une nounou ne remplacera jamais une maman ! s'excite mon interlocutrice.

Entendre cette réplique me calma un peu. Elle ne comprenait donc pas le français que je parle. Mon expression visait à la complimenter encore une fois, à reconnaître son expérience de maman de 4 enfants, à lui dire à quel point son travail était d'une qualité inégalable par rapport à une assistante maternelle qui n'aurait jamais eu d'enfant et répondait totalement au besoin de maternage des enfants confiés. Mais là, j'ai compris qu'il m'était inutile de lui parler, moi en chinois et elle en biélorusse, nous ne pouvions définitivement pas nous comprendre.

"Réfléchissez-y je vous en prie, conclus-je en pleurant, ce que je vous propose, c'est que ce soit le papa qui vienne la déposer et la récupérer comme ça... je ne serai pas envahissante..."

Me voir en larmes et visiblement contrite et en pleine incompréhension dût l'émouvoir un tantinet car elle se tenait coite à m'observer et elle n'a que grommelé un OK vaguement désemparé à la fin, quand je suis partie.

A fleur de peau, probablement nerveusement fatiguée de n'avoir que des enfants pour échanger toute la journée, sa faim de conversation entre adultes le matin avec moi me paraissait révélatrice d'une forme de solitude qui finissait par lui faire perdre les pédales par manque de repères. Inutile donc de discuter plus avant, je pars en espérant que nous ne recevrons pas sa lettre mais me dis en même temps que si je devais chercher une autre nounou, je ne serai pas non plus fâchée de me passer de ce tonneau de sottise qui clamait sans cesse "j'ai besoin de reconnaissance moi ! j'ai besoin de respect !!"

Pour toi, j'ai préféré faire profil bas et serrer les dents et faire ce que je fais rarement, c'est fermer ma bouche. Grâce à toi c'est maman qui grandit et pour ton bien-être parce que je sais qu'elle t'aime autant qu'elle me déteste, qu'elle te câline et que tu t'amuses bien avec ton copain Wiwi et ta copine Marilou, je préfère que tu restes là-bas et je sais que c'est en battant en retraite que je nous donne toutes les chances qu'elle revienne sur sa décision. Cela fait 7 jours aujourd’hui et malgré la nouvelle galère de papa chaque matin et chaque soir pour te récupérer et te poser dans mes bras, moi qui attends à quelques mètres derrière chez la nounou, tout semble être rentré dans un nouvel ordre.

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Journal de bord d'une baleine VIII

A Las Vegas, un espoir... Mais nous passons devant la chapelle de notre hôtel, le Luxor et rien... Le lendemain, dernier jour avant de quitter la ville, j'emmène ton père en ville traverser le quartier des chapelles américaines si pittoresques... Rien n'y fait, ni allusion, ni promesse... Quand nous partîmes mon coeur s'émietta un peu. Ce n'est pas ici que ça se passera alors que nous en avions plaisanté une fois... Se marier à Las Vegas... Une formule informelle... Mais si nous ne le faisons pas ici, alors le vrai, on ne le fera jamais :'(

Tant pis, je ne dis rien et le voyage fut génial. Je n'ai jamais été aussi en forme, il a fait un temps splendide et le mois de mai a été idéal pour un tel voyage. Quelle émotion, de t'avoir emmenée de Los Angeles à San Francisco, d'avoir gravi le Grand Canyon en haletant joyeusement au bras de ton père sous les yeux ébahis des touristes. Il est probable qu'ils n'ont pas souvent vu de baleines au milieu des sequoias :)

Le reste de l'été au bord de l'Atlantique parce que ton papa craignait que je ne souffre trop de la chaleur sur la Méditerranée fut comique. 15 jours de camping 4**** à Sanguinet, trouvé par un deal Groupon... il a beaucoup plu et nous avons passé le plus clair de notre temps à jouer à Angry Birds avec Jérémy dans notre super mobilhome. Nous avons cuisiné et ri, fait des pancakes et couru à la piscine à la moindre éclaircie, Il faisait bon et au fond, nous avons passé d'excellents moments. Pour notre 2eme anniversaire de PACS, papa nous a offert un resto magnifique, le meilleur de la côte, où j'ai englouti le plateau de fruits de mer dont je rêvais depuis longtemps. Comme il est déconseillé de manger des crustacés surtout crus étant enceinte, j'avais fait très attention et m'étais longuement privée d'huîtres, mais au bord de la mer dans un restaurant de cette qualité, je me suis rattrapée et m'en félicite tous les jours ! Ce fut un régal arrosé d'eau plate puisque je ne buvais pas une goutte d'alcool pour préserver ta santé et le bon développement neurologique de ton petit cerveau.

Nous avons grimpé la dune du Pilat, tu aurais ri si tu avais vu ta baleine de mère rebaptisée Moby Dick par ton père crapahutant dans le sable en refusant toute facilité et guettant toujours les WC qui m'appelaient toutes les heures environ. Puis nous sommes rentrés et je me suis mise en tête de transformer l'appartement. La vente de la maison que j'avais construite à Albiac étant conclue après 1 seule visite (il faut dire qu'à 320k€, ils faisaient une affaire et moi je vendais au-dessus du prix du marché), j'ai voulu améliorer le confort du petit T3/T4 de HLM où nous vivons avec ton papa.

Bien sûr repeindre les murs de notre ancienne chambre qui allait devenir la tienne : papa en pleine canicule du mois d'août en train de passer 4 couches de blancs avec amour, lui qui ne sait même pas changer une ampoule, un exploit ! Ensuite nous avons posé ton lino, je suis allée acheter tes meubles, penderie, table à langer et lit à barreaux auprès de particuliers qui vendaient sur LeBonCoin. Papy et papa les ont montés et papy a également monté la cuisine que j'ai achetée, la penderie de notre chambre et effectué une multitude de travaux de la découpe et pose de plinthe à la tapisserie et passant par le ponçage... J'ai voulu rester dans cet appart mais en le rendant fonctionnel pour ton arrivée car je souhaitais consacrer mon énergie à m'occuper de toi et non à chercher de la place pour ranger tes biberons et bricoler un mobilier obsolète.

Nous avons créé une chambre supplémentaire en réduisant le salon au strict minimum utile sachant que nous n'y passons pas beaucoup de temps, la salle de vie étant la cuisine après la chambre.

Je commence à avoir les pieds qui gonflent beaucoup, les chevilles disparaissant dans la rétention d'eau. La kiné ne me soulage que temporairement, avec de petits massages pour favoriser le retour veineux. Je me suis acheté des chaussures de pointures 39 avec une certaine incrédulité... mais ça fait un bien fou de ne plus être serrée !

Mon ventre pèse... j'ai pris 15 kg !!! Moi qui n'avais jamais réussi à grossir de ma vie, cela tient de l'exploit :) Mes seins sont énormes et plaisent beaucoup à papa et même aux copains. Ces formes me plaisent, moi qui me suis toujours considérée maigrichonne, privée de ces formes avantageuses si féminines. Cela se voit. Grâce à ta venue, je rayonne de bonheur et on me le fait remarquer tout le temps. Je commence à avoir du mal à dormir car aucune position n'est agréable. sur le dos le ventre pèse trop sur mes organes. Sur le côté ça va mais je m'ankylose et suis obligée de me tourner régulièrement ce qui me réveille car j'ai des douleurs dans le dos et la mauvaise idée d'aller chercher du soulagement à l'école d'osthéopathie mais les étudiants sont vraiment nuls. Les cours avec la sage-femme sont terminés et nous avons cessé de déranger les cours avec nos crises de fou rire aux larmes avec papa qui m'a toujours accompagnée.

A 8 mois maman me demande d'aller lui rendre visite, ce que je fais avec 8h de train aller et retour... Elle a été tellement odieuse en critiquant le choix du prénom que nous souhaitons te donner que cela a déclenché dans un côté de mon ventre une douleur brusque, inconnue et récurrente. Je téléphone à la sage-femme pour lui demander ce qui peut être en train de m'arriver. Un stress ? me demande-t-elle. Cela ressemble bien à une contraction. Et quand cela commence, cela ne s'arrêtera plus me dit-elle. Je suis atterrée.

Le soir, j'apporte les échographies en 3D de ma chambre pour les montrer à ta grand-mère. On y voit ton adorable petite bouille comme une poupée ! A peine les ai-je mises sous ses yeux qu'elle s'écrie "bah qu'elle est moche !" et quand elle commence à ajouter "comme toi quand tu es née... " ç'en est trop. Je lui arrache la planche des mains, je lui dis ça suffit, si c'est pour entendre ça... et je retourne dans ma chambre en claquant la porte. J'appelle ton papa en pleurant. Il me somme de rentrer le lendemain et non le surlendemain comme prévu. Cela ne fait que 2 jours que je suis partie mais il a raison. Je suis effondrée. Après les "Léa ? tu plaisantes, tu ne peux pas lui donner un nom pareil ! C'est un prénom de bonniche ! Comment Mathieu peut accepter cela ? J'espère que tu vas en changer d'ici-là..." etc etc, je ne peux plus accepter ses attaques sur toi, mon amour, ma fille, si désirée, tu existes pour moi, tu es Léa et il n'est plus question de subir sa folie absurde.

Le lendemain matin je jette mon billet de train et en achète un autre pour rentrer me blottir dans les bras de ton papa bien-aimé. Les contractions sont douloureuses comme des points de côté mais inoffensives. Il a fallu cela pour que je me rebelle vraiment et prenne position contre ma propre mère, m'émancipe et devienne à mon tour la maman qui a déjà commencé à te protéger. Je commence à me dire que le corps est tellement bien fait que malgré le fait que j'adore la grossesse et même ses petites contraintes (repos, pas d'alcool, pas de cacahuètes ni de lait cru, de fruits de mer, de soleil direct et de zones sans WC à moins de 500m...) tout est fait pour que j'ai envie d'accoucher. Mais cette étape finale me fait un peu peur et je crois que j'ai très envie que tu restes là-dedans bien au chaud, protégée de tout sous ma responsabilité et nous sommes tellement choyées et admirées par tout le monde (à part ma mère) que si ça s'était prolongé éternellement, cela m'aurait parfaitement convenu.

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Ma douce

Bonjour ma douce,

Cela faisait longtemps que je n'avais pris le temps d'écrire. Pourtant cela me manque viscéralement, comme une envie de fumer pour quelqu'un qui a arrêté sans conviction. J'ai donc décidé de reprendre car cela fait partie de ma thérapie, et ce sera pour t'écrire à toi. Si rédiger mon Journal pour moi-même, sans trop savoir pourquoi, sans raison, comme lorsqu'on écrit un Journal intime quoi ne me motivait plus assez, je sais que te laisser ces lignes à toi me feront saisir le clavier à coup sûr.

J'écrirai ces lignes pour que tu puisses mieux me connaître si tu le désires, quand tu auras grandi et seras en âge de comprendre ce que je te confie aujourd'hui. Mais aussi pour que tu puisses toucher du doigt ce que je ressens et vis au fil des jours en ta compagnie et celle de ton incroyable papa. Tu découvriras nos joies, nos réussites, nos peurs, nos soucis, nos échecs et notre inébranlable foi issue du ciment de notre jolie petite famille. J'emploie le mot foi hors de tout sens religieux, étant profondément et indécrottablement athés avec ton père ; c'est plutôt pour que tu te représentes la certitude du bonheur dans lequel nous vivons, si puissamment heureux d'être ensemble et de t'avoir donné la vie que rien ne pourra jamais défaire ni faire de l'ombre à cette allégresse quotidienne.

 

Après ce préambule, ma chérie, sache que comme tant de fois, chaque matin, chaque jour, pendant chacune de tes siestes bienfaitrices, je suis là, à écouter entre chaque battement de mon coeur, attendant ton réveil... surtout le matin, quand à 7h30 mes yeux s'entrouvrent et je regarde avant toute chose si la lumière du babyphone est bien là, verte et rassurante, avant de vérifier l'heure et de me dire invariablement "je suis vraiment programmée pour me réveiller àc ette heure-ci quelle que soit l'heure à laquelle je me suis couchée la veille". Quand je suis vraiment épuisée par plusieurs nuits courtes, je me réveille à 8h30... et toujours avant toi de toute façon :)

Mais venons-en aux faits : je pense à toi et à ton doux petit visage tout rond, à ton sourire immense, quand je me penche sur ton lit pour te dire bonjour en accompagnant ma voix du signe dans le langage des sourds et que tu saisis mon pouce entre tes minuscules doigts. L'émotion qui m'envahit est indescriptible et déjà du fond de mon lit, anticipant cet instant, les larmes de bonheur me montent aux yeux. Je t'aime à la folie mon amour.

 

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