Ceci ne sera ni une apologie du suicide ni la méthode pour arrêter de se suicider comme il faudrait arrêter de fumer. Juste une réflexion qui ne demande qu'à
être enrichie, sous divers angles : envie de se tuer, pas envie de, pourquoi envie de, pourquoi pas envie... Y a-t-il une émotion commune au point de rupture de tous ceux qui y ont pensé ?
Vous ne connaissez pas beaucoup de gens autour de vous dont vous savez qu'ils ont déjà envisagé ou tenté le suicide. Pourtant il y en a. Et vu les chiffres, dont seuls les suicides réussis sont
recensés dans les statistiques et encore, j'imagine avec un frisson la foule de gens qui ont essayé sans y parvenir ou qui
y ont pensé... Suite à un sondage inédit, on s'est aperçu que plus d'1 personne sur 3 avait vécu la mort par le suicide d'un proche*. Un sur trois, c'est juste
vous lecteur + quelqu'un à qui vous pensez + moi...
Au-delà de l'imagination, le décompte d'u fléau** :
Plus d'1 million de décès par suicide par an travers le monde
Vous multipliez par 10 ou 20 = nombre de tentatives
Toutes les 40 secondes quelqu'un meurt suicidée, soit exactement le temps que vous avez mis pour arriver jusqu'à cette phrase
Les femmes le tentent + que les hommes
Les hommes en meurent, plus que les femmes
Nous sommes amis, ou amis d'amis, ou même parents, nous nous voyons souvent, on rigole ensemble, on boit des coups, mais on ne sait pas que la personne à côté de nous a déjà eu envie d'en
finir... Parce que ce n'est pas un sujet qu'on aborde. Il y a des années, ça remonte à très loin, j'avais eu une marotte de quelques semaines qui consistait amener le sujet sur la table avec mes
proches d'abord (facile) et ensuite tous les gens que j'étais amenée à croiser.
A ma grande surprise, les gens n'étaient ni choqués ni spécialement gênés par mon affichage de suicidaire ratée et mieux encore, certains insoupçonnables dévoilaient facilement qu'ils faisaient
partie de la même catégorie voire d'une famille proche. Un point commun extrêmement fort qui surgit subitement entre deux inconnus. Partager les peurs a toujours rapproché les hommes. Alors
pourquoi bon sang ce n'est jamais un sujet de conversation banal ? Réalise-t-on le nombre de vies qui pourraient peut-être être sauvées si on donnait aux amateurs de tentatives de suicide des
opportunités de confier leurs souffrances pour que le partage les soulage ? Et puis pourquoi dit-on TS plutôt que de prononcer les mots entiers ? Pourquoi tant de tabou, est-ce de la pudeur mal
placée ? POURQUOI DOIT-ON AVOIR HONTE DE SOUFFRIR ?...
Il y a des gens doués d'une grande capacité de souffrance. Malheureusement, pour ceux-là, l'accumulation n'est pas visible et c'est une minuscule contrariété qui un jour fera sauter le bouchon.
Un détail incompréhensible aux autres, une broutille qui les fera craquer, le truc de trop. Et y a les autres, en une palette de nuances infinies, chacun a ses ressources pour supporter la vie,
personne ne ressent les choses exactement de la même façon.
Le problème est d'avoir la force de supporter. D'avoir un meilleur ami à qui tout déballer sans même commencer par bonjour. Et pouvoir dire :
J'ai perdu quelqu'un je n'arrive pas à réaliser, je suis un zombie, je n'arrive pas à surmonter je veux y aller aussi
J'ai subi des violences inouïes, de tortures, accidents, maladies, échecs, mon existence est une blessure qui ne peut plus cicatriser
J'ai bossé comme un dingue, c'est l'autre qui a été promu, ras-le-bol de ces années d'injustice quelle boite de merde
J'aurais aimé faire de l'humanitaire mais j'en ai pas les capacités, j'ai peur de la douleur des autres et c'est moi qui encaisse parce qu'ils aiments bousculer quelqu'un qu'on croit inerte; j'en
ai marre de me faire taper dessus j'en peux plus
Je me sens seul(e), horriblement seul(e) au milieu de ma famille, de mes amis, dans une vie avec des perspectives de jours heureux, mais à côtoyer quelqu'un de stressé, dur, égoïste, insensible
qui torture armé de dialectique éristique façon Schopenhauer et ses insupportables arguments ad hominem
Personne ne me remarque, personne n'a besoin de moi, personne ne tient compte de mon avis quand je m'aventure à le donner, personne ne souffrirait de ma disparition, mon existence ne change rien
ni la vie de personne
Je n'arrive pas à réaliser tout ce que j'avais décidé de faire dans ma vie, je suis nul(le), je m'en sors pas, je suis au fond du gouffre...
...Et ainsi de suite.
On fait tous l'erreur de croire que certaines choses modifiables sont figées, inamovibles, gravées à jamais dans le marbre, que ce soit un trait de caractère, une couille qui nous tombe dessus,
un loupé aux conséquences terribles...
Je n'ai pas trouvé d'autres solutions que celles de tous ceux qui ont souffert au point de vouloir en finir et qui sont toujours là :
prendre du temps, dormir beaucoup, se reposer,
se fixer la barre beaucoup moins haut, résoudre les choses une par une, cesser de discuter sans fin (avec les gens avec qui on est en conflit),
bouffer des vitamines (éviter les anti-dépresseurs qui anihilent l'énergie dont on a besoin pour se battre) et
ne rater aucune occasion de se distraire, que ce soit un bon flim, une sortie avec des gens, lire une BD marrante parce que bien qu'on n'en ait absolument aucune envie (j'ai pas envie de rigoler
/ c'est pas le moment / franchement j'ai autre chose à foutre, j'ai assez de probèmes comme ça...) eh bien ça marche.
On finit toujours par vivre une seconde d'oubli et ça c'est se remplir d'énergie pour supporter les m..., le moralomètre remonte au-dessus de zéro et c'est le premier pas de géant vers la
survie.
Il y a ceux à qui le suicide n'est jamais venu à l'esprit. Ceux-là mêmes qui vous semblent dotés de saines épaules pour vous appuyer. Et quand par erreur vous confiez votre décision, ils
deviennent effroyablement hermétiques et, incapables d'écouter quelqu'un dont les tendances les dépassent et les fait flipper, vous engueulent sans ménagement. Ils vous enfoncent sans s'en rendre
compte, à dire les choses qu'ils veulent entendre plutôt que d'écouter votre terrifante détresse.
Les gens, les autres, ont peur de la maladie mentale, de la dépression, des mots psy, hosto, idées noires.
Il y a deux échecs. Celui de mourir volontairement pour faire cesser une souffrance alors qu'une fois mort on ne profite pas de ce soulagement ?! Celui de dire n'importe quoi sans savoir lire les
signes de la souffrance de l'autre quand on est le bien portant. Typiquement, les gens qui affirme que rien ne vaut la peine de se suicider, qu'il y a toujours "un bon côté des choses", que eux
quand ça va mal ils ne vont pas jusqu'au suicide et que celui-ci est un acte d'égoïsme. Le suicidaire ne se tue pas par égoïsme, pour faire chier ceux qui restent. L'égoïste au contraire survit !
Le suicidaire veut soustraire du monde un peu de sa souffrance, et pense soulager tout le monde en soulageant la sienne.
On ne se suicide pas par choix. Mais avec le sentiment d'une absence de choix.
à suivre... je n'ai pas terminé mais je fais une pause et reprendrai plus tard.
à lire si vous aussi avez envie de mourir
*source SOFRES
** source OMS





Bienvenue Marie Julie !
ou devrait-on dire Marie Jolie ?
Bon alors cette fois, parce que c'est toi le frère ;) j'ai hésité entre une blagounette "comme d'hab"...
C'est un jour, papa éléphant, maman éléphant et bebe éléphant qui se promènent dans la jungle. Sur leur chemin se trouve une rivière, il faut la traverser.
Alors papa éléphant prend son élan et HOP, saute par dessus la rivière et atterrit de l'autre côté; maman éléphant fait de même.
C'est au tour de bébé éléphant de sauter: Il prend son élan, il saute et une fois de l'autre côté il
dit : 'on a bien sauté tous les quatre, hein?!', pourquoi?
...
Parce que les bébés éléphants ne savent pas très bien compter.
et une blagounette gore...
- Maman, maman, c'est quoi un orgasme?
- Je ne sais pas mon bébé. Demande à ton père.
... et je ne me suis pas décidée
Le silence s'écroule dans un fracas
Tu t'enfuis voleur emportant nos embarras
et la déchirure de nos rires d'été
Retomberont les débris de gravité
De la lente prison de l'amour qui
Nous enchaîne nous garde à vue puis nous condamne
C'est la fin des coeurs d'où un souffle heureux émane
Le début du décompte des nuits
Renaîtront de l'éphémère de frêles toujours
Eau sans sagesse de nos larmes profondes
De nos joues ensablée elle creusera le pourtour
Encore, mon orage de toi gronde
(1996)
Voici une réflexion très personnelle sur un sujet dont le nom barbare est méconnu mais dont l'activité si j'ose dire est hélas fort répandue. Tout d'abord permettez-moi de me présenter en tant qu'auteur comme l'ennemie N°1 de la procrastination (du latin pro qui veut dire en avant et crastinus qui signifie à demain).
Pourquoi ?
Déjà parce que j'exècre ce substantif à la phonologie détestable et si long qu'un vrai procrastinateur ne le prononcerait même pas aujourd'hui. Cela lui procure, ceci dit, un amusant contresens. Ses syllabes résonnent d'une pénibilité étrangère aux
pratiquants de ce sport de fond. Sport de fond car un procrastinateur a le coeur forcément mieux accroché que le mien de par son entraînement à cet étrange exercice cardio-vasculaire qui consiste
à tout remettre au lendemain et à se croire superfortiche de faire ses devoirs en 5 minutes puisque c'est le temps qu'il lui reste après s'être allégrement autorisé à consommer tout le reste en
glandage 3D. Procrastination me fait penser à pro de l'obstination crasse à tout ajourner.
Ensuite parce qu'en hyperactive accomplie, j'ai eu du mal à saisir sinon l'ampleur le plaisir de renoncer à la plénitude de l'accomplissement chronométré d'une tâche. Jusqu'au jour où j'ai rencontré un des maîtres en la matière. Un phénomène de la catégorie de procrastinateurs qui remettent au lendemain pas tant par une peur de l'échec ou du succès que par esprit de rébellion. Qui se dit "Je ne suivrai pas la façon de faire qu'on me suggère, je veux faire ça à ma façon". Quelqu'un qui pour une obscure raison, assimile coopération et soumission. Qui traduit "tu fais ça tout de suite s'il te plaît" par "Si je le fais tout de suite, je perds quelque chose de moi-même, je capitule, je me sens contrôlé (et je n'aime pas ça du tout)".
Et mon saisissement n'a eu d'égal que ma perplexité incompréhensive de cet art de la manipulation du temps. D'un autre côté, j'admire cet excès comme tous les excès. Cette endurance de l'inertie, ce désaveu de l'obligation, ce renoncement de la corvée, cette abnégation du devoir chronophage ! Quoi de plus hédoniste que de ne faire que ce qu'on a envie de faire et au moment où l'on a envie de le faire... En effet, "l'hédoniste et le proscrastinateur ont en commun de bien se connaître, de bien connaître le monde réel et de se projeter et anticiper ce qui conduit au plaisir, au déplaisir, à la durabilité et à l'immédiateté". Comment ne pas envier ces spécialistes de la sérénité... ?
J'ai entendu récemment : "Si j'ai du temps pour glander et du ménage à faire, sur 1 heure, je consacrerai 3/4 d'heure à glander...". D'autres symptômes flagrants
sont : partir au dernier moment et arriver (peu) en retard (grâce aux excès de vitesse) ; dormir travailler à 4 heures du matin ; commencer un projet et le terminer (6 mois plus
tard) ; se flageller flatter d'avoir un beau palmarès de propositions sans suite ; prêter et récupérer 1 an plus tard ; emprunter et rendre 1 an plus tard ; rendre une mission
obsolète en lui laissant tout le temps de le devenir ; pousser (non un verbe d'action est inapproprié !) laisser naturellement les pigeons faire le boulot à sa place
puisqu'ils sont si pressés...
Les risques du procrastinateur sont cependant à la fois philosophiques et pratiques. Car la religion du "oui oui je vais le faire mais quand j'aurai le temps après avoir passé mon temps à ne rien faire" est dangereuse.
Démasqué, l'amateur de temps perdu est banni des prises de décisions responsables. Ses esclaves involontaires (sa femme par exemple) se mettent à le fuir. Il affronte les constats incrédules du type "mais t'as fait quoi pendant tout ce temps ??!!" et finit seul mais en parfaite harmonie avec son triomphal égoïsme :)
Alors procrastiner : penchant ou plaisir ?
- Bonjour monsieur le véto, voilà je vous amène ce chien parce que j'ai constaté une excroissance au milieu de son ventre et je m'inquiétais...
- Celle-ci ?
- Heu oui
- C'est normal, c'est son nombril...
- Tenez, je vais vous faire sortir par derrière, au revoir !
Et voilà comment on se paye la honte un 14 août après une consultation gratuite...
Les ![]()
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c'est bien !!!
Jour 1 le 22 juillet, 16h : avec une demi-journée de retard sur le programme de Louloup, la voiture bourrée de bazar dont
on ne se servira jamais (anti-moustiques, boules de pétanques, pulls...) hop c'est parti pour l'España par le tunnel d'Aragnouet-Bielsa.
19h : arrivée à Ainsa, visite de la cité fortifiée.
On boit des coups, trop tôt pour dîner, on part pour le château de Loarre.
22h : il fait nuit, les 393 habitants sont couchés, premier souper de bocadillo de lomo y serrano-pan-tomate servis par... une française. Dodo dans la voiture au milieu d'un champ
d'oliviers.
Jour 2, 10h : pipi dans les chardons puis visite du château. Vive le Sobrarbe !
Jour 5, 12h : départ de l'hostal. Balade Plaza de Toros, le vertigineux Puente Nuevo
(XVIIIe) et snack au-dessus de la vallée (cafèt' del Paseo Blas Infante, à ne pas rater !). Glace, étude de marché sur les jambons entiers Serrano (Pata Negra de préférence) brrr trop cher...
Descente de la mine du roi Abomelic.
15h : bye bye Ronda, on se reverra...
Il faut songer à rentrer à la maison, plus que 178km pour Cordoba puis 405 pour Madrid...
22h : Nouveau défi, trouver le centre-ville piéton de Guadalajara (Loup : "c'est quoi ces fous qui mettent 5 "a" dans le nom d'une ville"...) après avoir passé une heure et demie à tourner autour de Madrid et de ses 4 rocades concentriques pour faire le plein de charcuterie dans un hyper :)
Ouf, pause sangria-tapas mais cette fois 1 seul pichet suffira, et c'est madame Doudou qui fera les quelques dizaines de km pour livrer monsieur Doudou à Morphée qui noud attend à Trijueque. Dommage que la seule pension du centre ait été complète.
Jour 6, 11h : les neuneus appellent à l'aide pour comprendre comment fonctionne la super-douche sophistiquée (eh beh v'là le
niveau elle va être marrante la construction de la salle de bains dans notre maison ;) Pour limiter les dégâts dûs à mes neurones débranchés, Loup fait 3 arrêts en direction de Zaragoza pour que
Bibi ait son litron de café. AAAaaaaAAAaaaaaaah ça va mieux, je peux même foncer sur les autoroutes désormais gratuites (souvent, gratuite et payante se côtoient, n'hésitez jamais... PRENEZ LA
PAYANTE !!!!). Paysage splendide entre Sigüenza et Ariza... Tiens et si on s'arrêtait boire un coup à... Alcolea del Pinar ?
16h : AaAaAaAarrrrrrgh mais que se passe-t-il , 42° en quittant Madrid ce matin, 32° à Bielsa et... 16° en sortant du tunnel côté Aragnouet !!! Bienvenue en France
!!!... 
Ca sent la fin des vacances...
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