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Relâche

La pire douleur est passée.
Rentrer à la maison me guérit.
La nature à perte de vue, les champs, les arbres les montagnes, les chiens qui galopent... le brouillard et les étoiles, toutes ces choses que la capitale a rejeté à l'extérieur me ressourcent et me calment.
Quoi de bien en ce moment ?
Mon chéri qui a l'air de m'aimer, qui s'inquiète pour moi parce que je suis malade, bon il me traite même comme si j'étais à l'article de la mort mais l'excès est sa spécialité.
J'ai des problèmes à joindre les deux bouts mais suis contente de mes efforts à trouver des solutions. Ventes sur Ebay, annulation d'assurances bidons sur cartes de fidélité bidons, suppression d'abonnements divers et variés, dépôts sur compte épargne, pas de raids soldes, résas à l'avance pour tarifs réduits...
Le seul pognon que je dépense est virtuel, sur des sites de poker.


La solitude me manque...

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Mal

Ca y est, je suis de nouveau en mode panique.
Comme lorsque qu’au milieu de la nuit dans ma chambre d’hôtel je bossais 2 jours non-stop, en sachant que me glisser dans la nuit du lit voluptueux ne me permettra pas de trouver le sommeil pour autant.
Dès que j’arrête, comme au petit-déj, la carapace se craquelle, la fissure court le long de mon visage et j’entends une voix calme et chaleureuse : « Are you okay miss ? ». Un type seul aussi à la table d’en face a repéré la larme. Je lui réponds je suis épuisée et m’enfuis en laissant mon café.
 
L’alarme, c’est ça. Quand je ne sais plus m’arrêter pour étouffer des angoisses meurtrières. Je dors ou m’occupe avec acharnement, jamais de répit, je bouillonne. Tu ne te doutes pas à quel point je vais de l'avant, je ne flanche que sur ma page blanche. Mais j'arrête pas de me battre à en mourir d’épuisement. Faut que je fasse attention, la dernière fois ça a failli. Je me mets à haïr la TV, les transports, les files d’attentes, tous ces instants où je suis obligée de me poser et où l’inaction me ravage de scenarios catastrophe.
 
A cet instant même.
J’éprouve une souffrance intolérable.
Une angoisse incontrôlable.
Une envie de pleurer mais aussi de hurler de me figer de dire pouce et que tout continue autour de moi sans moi. Envie de m’endormir à l’intérieur d’un bloc de glace hermétique.
Le manque de sommeil, les allers-retours en avion et mes déceptions quotidiennes entament sérieusement ma résistance.
 
Je note sur des feuilles les moindres moments heureux de chaque journée parce que je ne suis presque plus capable de les identifier et de les vivre. Dès que je me retrouve suffisamment isolée je hurle, je hurle de toutes mes forces, à me casser la voix, j’évacue ma douleur terrible.
 
Je me sens horriblement seule. En plus je suis perdue. Je ne comprends pas pourquoi les événements qui me bouleversent m’arrivent. Besoin d’une raison. Obsession de ma raison de vivre : comprendre. J’essaie mais je ne comprends pas.
Je me suis déracinée et j’en souffre. Ca ne se voit pas mais le contre-coup est très dur ; les relations avec certains proches sont devenues épisodiques ou se diluent dans un futur néant. Je n’ai pas fait une fête avec mes amis depuis 5 mois. Depuis que j’ai quitté Paris, forcément. Je ne peux plus me rendre aux rares invitations de mes cousines qui ne m’ont pas encore oubliée. C’est très dur et personne n’y peut rien.
 
J’ai énormément perdu confiance. D'abord au boulot. Parce que ma boîte qui montre qu’elle n’en a rien à foutre de ma gueule, c’est un échec que rien dans mon parcours ne justifie. Incompréhension totale. Et ce n’est pas une seule personne qui m’a trahie, c’est plusieurs en un groupe flou où tout le monde se renvoie la balle, un monstre vague effrayant comme l’est un ennemi non identifié. Et je pense au futur, à « l’après » : tant que j’aurai un patron je n’aurai plus jamais confiance. Je suis et resterai constamment sur mes gardes. Travailler sereinement, reconnue pour mes efforts et protégée, on dirait qu’au bout de 13 ans, c’est bel et bien fini. Quand on se prend une violente claque sans raison, on a tendance à mordre toutes les mains qui se tendent par la suite. Ca me rappelle mon enfance et le souvenir cuisant de gifles et de corrections incompréhensibles et ça me glace d’effroi.
J’ai horriblement peur de la violence. Un cri de colère à côté de moi et je fonds en larmes en claquant des dents. L’injustice me terrorise. Apprendre à me rebeller nécessiterait une thérapie !
 
Je doute de tout, irrépressiblement. Il a eu sa promo, il bosse sans arrêt. Va-t-il finir par m’oublier ? Finis les dix appels par jour, c’est plutôt « je te rappelle tout à l’heure » et il me rappelle demain soir. La spirale infernale du bural va-t-elle nous aspirer, nous dissoudre. Où est le rebelle le sauvage qui crève d’envie de déjeuner avec moi et qui suit son chef d’un air contraint. Vas pas finir « politique » comme les autres avec une langue bien musclée et baveuse hein ?!
Quand tout va bien pour les uns, tout va mal pour les autres. Et les enthousiasmes décalés me remplissent d’un silence effaré.
 
J’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal… Laissez-moi pleurer, j’en ai le droit. Dis-moi que tu seras toujours là, que tu m’aimes, que je suis pas si nulle que ça, que j’ai qu’à tout envoyer péter, cracher à la gueule des connards et insulter le gros incapable, dis-moi que l’injustice dont je suis victime te révolte, que mes résultats sont fantastiques, dis-moi qu’on plaque toute cette hypocrisie et cette médiocrité et que t’as pris 2 billets pour qu’on aille s’exiler au Canada, raconte-moi des scenarios extrêmes pour me faire rigoler comme par exemple si je faisais un énorme pot de départ alors que j’ai même pas démissionné :)
Dis-moi ces conneries parce que c’est ça dont j’ai besoin en ce moment.

Dis-moi que tu es là et que nous protégeras
.

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J+N

J+365
Le 18, je me traîne avec ma crève carabinée à Blagnac. Ah ben ouais ça m'aurait déçue si à ma place t'étais pas venu me chercher à l'aéroport. Quoi 1 an après jour pour jour et tu ne ferais même plus le déplacement ? Loin les beaux sentiments, l'exaltation...?
Non ! Mon coeur bat la chamade à chaque fois, j'arrive avec une demi-heure d'avance et puis obligée de re-sortir du parking et de re-entrer me garer parce que trop en avance car trop peur d'arriver à la bourre. Ou bien dans le hall devant la sortie 2 je demande à tout le monde comme une névrosée "vous attendez quel vol ?" "vous descendez de quel vol ? Paris-Orly ?"
Ils me regardent avec inquiétude comme si j'étais dingue. Bah voui je suis dingue de toi :)
Tu me vois et tu souris, étonné mais content on dirait. Je suis intimidée d'un seul coup. Comme la première fois quand tu t'y attendais pas et que je faisais semblant de traîner par hasard dans un aéroport le soir.
Je te saute au cou, trop contente, et puis c'est pas fini, ça ne fait que commencer.
Et puis là... Télescopage martien/vénusienne
Tu veux aller à la maison ou on va dîner directement ? Dîner oui resto. Non t'as pas faim ? Tu veux rentrer être tranquille à la maison avec moi, ah ! Panique à bord. C'est le souk, j'ai pas eu la force de faire autre chose que passer la serpillère et lancer un lave-vaisselle, incapable de préparer un repas d'anniversaire.
Mais resto, t'es pas obligé de manger, ptêt une tite salade ? Une dernière moue et je capitule désolée. Tu me dis "annule ton resto". Oui je ne t'attendais pas pour ça c'est tout ce qui reste à faire. Je me dis est-ce que c'est aussi important pour toi que pour moi puisque tu n'as pas envie de le fêter ? C'est même pire, tu n'avais rien prévu, même pas un minuscule truc symbolique. Boum.
Bon allez, adieu les nappes blanches et les chandelles ; le bonhomme du resto me remercie d'avoir rappelé comme si c'était le meilleur truc qui lui soit arrivé aujourd'hui et moi je me dis que c'est ton mail le meilleur truc qui me soit arrivé aujourd'hui.
"Mon amour mon unique"... Souvent, un mot suffit. Je suis peu volubile en général, ma philosophie est que ce qui est laconique est riche.

Et je reste comme une andouille dans ma kikamobile garée au milieu de la voie à me dire que l'événement tombe à l'eau comme une vieille mouise...

Et puis je te retrouve : d'un seul coup, une idée te traverse et zou tu oublies que je déteste les surprises, que j'ai horreur d'obéir sans explications et tu m'ordonnes de te suivre. Et je te suis avec rage, ça fait 2 mois que les mecs ont décidé de bafouer mes droits, mon autonomie, ma liberté de choisir, on me demande de m'exécuter comme si je n'étais capable que de ça. Avec la fièvre, le chagrin s'accentue et je me mets à chialer au volant malgré moi avec une furieuse envie de faire demi-tour. Le corps qui se met en auto-défense. Mais je sais aussi que quand tu fais une connerie aussi énorme que d'endosser un rôle de crétin tyrannique, c'est parce que derrière, t'as un gros plan B de rattrapage.
Et là, voulant m'offrir ce qu'il y a de mieux tu m'emmènes après des détours sans fin dans des ZI et des ZAC qui m'épouvantent dans un superbe restaurant gastronomique.
Pour quelqu'un qui ne voulait pas manger, fallait le faire. Le beau et la bête enrhubée se sont régalés. Puis ma pauvre carcasse a réussi à rentrer dormir 12 heures d'affilée.
Merci chéri. Tu as eu raison sur plusieurs points. C'était très bon même si je ne suis pas sûre que j'avais besoin de tout ça. Un bivouac sous une tente avec la même intimité me suffisait :) Et j'aurais pu en profiter davantage un autre soir, au lieu de frissonner, irritable fatiguée à bout de nerfs à te filer des coups de pied quand inévitablement tu as trouvé le moyen totalement discourtois de sortir ton Palm et de prendre quelques notes. Grrrrr.
N'empêche je suis très heureuse d'avoir souligné cette année de bonheur sans faille qui nous a unis et de te trouver si gentil et patient alors que je me sentais exécrable et impuissante ce soir. Pardon. J'ai une excuse, chuis malade à crever et les nerfs à fleur de peau de faire tant d'efforts physiques qui ne sont rien pour n'importe quel bien portant. Alors je voulais te dire mon gros caillou, toute ma tendresse, que je t'aimeuh mon Tanouki de rêve et que j'ai très hâte de cette 2e année avec toi. Merci aussi parce que c'était important pour moi et que tu as encore dépassé mes espérances, malgré tes caprices de dictateur, tu n'étais pas obligé et je suis très touchée.

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