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Très cher

Très cher,
Chaque jour qui m'échappe loin de vous accélère les battements de ma plume maladroite. J'ai juste l'espoir de retracer cette peur de vous perdre à force de voir le temps filer entre nous. Faire battre le pavillon des mots ce désir fou de m'enrouler autour de vous et de vous couvrir de cette impatience que je ne sais dompter...
Ces quelques lignes pour me relier à toi en hommage à un noeud qui peu à peu se resserre... Que t'écrire à toi que des verbes pas nécessaires pour me dénuder tout entière ? En inventer d'autres ?... Comment rester évasive quand de nos quatre yeux je ne ferais bien qu'un seul regard... Sans rien dire, te rassurer sur mon silence, ce silence plein de toi, ce silence que j'ai l'illusion d'étirer pour le faire durer...
Ne pas dire que je t'attendais pour un instant ou pour plusieurs vies, toi comme un soleil sur ma banquise qui devient sable et se désagrège pour mieux me reconstruire. Devenir moi à toute allure... Qu'est-ce qui m'arrive ?
J'étais une lune sans son soleil, une coquille sans perle, un chiffre sans paire... Un cri sans musique, un feu sans flamme, un mois de juin sans son mois de février...
Et combler ce temps entre nous me semble si vain que dormir est une insulte à la nuit.
Et combler cette distance par quelques verres ne distille pas ton absence.
Je devine que c'est ce train que je dois prendre, moi qui les avais tous pris jusqu'à présent pour ne pas te louper. Sur mon quai soudain le monde m'appartient et je te songe, le dos étiré sur la peau du soleil, les pieds dans le vague et du bout des doigts comme sur une lyre à faire vibrer ta ligne de vie.
A toi mon firmament,
ta petite étoile.
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