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Quand on a la cote auprès des vieux...

... ça veut dire quoi ? Je sais pas mais moi ça m'a fait frémir. C'était ce 25 mars. Mais il faut remonter au 24 pour saisir le contexte. Je me rends à mon association de cadres au chômage avec mon cake aux olives et aux lardons pour une soirée de grignotage en présence de Christine Husson brillante conférencière qui nous brieffe sur notre image en entretien, notre tenue vestimentaire  et la signification du choix des couleurs.
J'y croise un petit vieux maigrichon et à l'air sympa qui anime des ateliers du rire (sorte de séances de yoga où on se force à rigoler jusqu'à ce que ça devienne "vrai") et qui finit par se montrer lourd à force de vouloir connaître mon âge. Il dit qu'il a 49 ans.
Le lendemain, il me propose un verre après mon déjeuner avec Nico; pourquoi pas mais dans la galerie marchande de Carrouf et pas dans un hôtel comme proposé ! Quand j'arrive à la Brioche Dorée, stupéfaction, le gus fait les cent pas avec une rose rouge et me l'offre avec un commentaire qui me paraît absurde "je me souviens de ce qu'a dit Catherine Husson, le rouge c'est la passion".  Je ne relève pas et mets les choses au clair : "Il ne fallait pas".

J'ai toujours pas pigé. On prend un café, on discute de ses projets de développement professionnel, je lui dis que nous serons curieux mon chéri et moi de venir un jour voir son atelier du rire et ensuite je pars faire mes courses. En prenant congé, l'air contrit il me sort : "Alors c'est vrai, t'as un conjoint ?" "Oui, et on se porte très bien" rétorquai-je comprenant subitement (enfin) la tentative de drague. "Ah quel dommage j'aurais voulu aller plus loin" soupire-t-il en tentant de me caresser la main que je retire éberluée et irritée.
"Bon ben à la prochaine, dans le cadre que tu voudras" salue l'huluberlu. C'est cela oui. Je suis sidérée comme si je venais d'entendre un poisson me parler. Brrr quelle horreur ! Inimaginable.

Je file au comptoir de Karim avant de jeter cette fleur qui me brûle les doigts et la lui donne : tiens, tu l'offriras à ta fiancée ce soir. C'était lui ou la première caissière venue ou à défaut la première poubelle. Mais en France, trouver un poubelle dans les lieux publics relève d'un challenge sportif.
Je file à la poissonnerie. Tiens, en parlant de poisson...
L'affreux petit vieux qui sert me lorgne en bavant et me répond "Vous voulez des crevettes ? Allez j'en mets un peu plus pour nous deux ?" Je le regarde, médusée, il a au moins deux fois mon âge, un petit air pervers et décrépi... Je serre les dents et ne réponds pas. En me tendant mon sachet de crevettes, il s'approche et devant les clientes qui patientaient autour de moi, me sort : "Allez vous me faites un petit bisou ?" et là, avant que j'ai le temps de réagir, il me saute dessus et me claque la bise. Horrible. J'essaie de garder contenance jusqu'à ce qu'il me dise : "oh vous avez un bouton déboutonné" et il avance ses mains gantées puantes de poisson pour reboutonner mon chemisier ! Je fais un bond en arrière en hurlant et me sauve. Les clientes sourient, trouvant la scène mignonne. Mais je trouve toute cette drague de viocques déplaisante et là je sature. Pas envie de rigoler du tout.
Non mais ça veut dire quoi ? ils ont tous perdu a tête ??!! L'autre guignol formateur du rire même pas divorcé, un gosse, à qui j'ai été obligée de claquer "Va ranger ta vie, ça vaut mieux, au lieu de perdre la tête" et le poissonnier fou, mais dans quel monde vit-on...

Allez hop les courses ça suffira, vite me réfugier à la maison auprès de mon adorable chéri sexy et oublier que je vieillis apparemment trop au point que maintenant les vieux ne sachent pas se tenir.