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Eté

La dernière étoile s'efface, le dernier quartier de lune n'est plus qu'un clin d'oeil dans le ciel qui rosit.
Je rentre dans le jour qui se lève. Ma nuit la plus courte et le jour le plus long.
Je voulais rentrer avant, juste une demi-heure avant. Ca n'a pas pu se faire et c'est toujours comme ça qu'on finit piégé dans une fin de soirée qu'il fallait éviter. Le soleil éclaire l'orage qui éclate sur mes joues. Le type qui me barre la route à la sortie de la boîte "me dis pas que tu t'en vas, j'ai vu ton sourire". Je soupire violemment en retenant un crochet à la mâchoire et articule "crois-moi ce n'est pas le moment".
Horreur de cette agression physique consistant à m'empêcher d'avancer vers la sortie en faisant rempart de son corps. Je le pousse avec une détermination enragée et m'éloigne dans un état second.
Une maladresse verbale, trop de fatigue, trop d'alcool, trop à cran en ce moment et mon meilleur ami se fâche, vexé. Je regrette plusieurs fois, moi aussi je peux me tr
omper, comme tout le monde, et puis c'est moi la susceptible de service, c'est quoi ce sketch. Coup de flippe, je peux pas te perdre toi aussi, je me sépare, c'est déjà difficile, mais oui si tu veux je ne t'en parle plus, je comprends que ça te fasse suer d'être au milieu.
Alors laissez-moi passer, prendre ma voiture et y chialer seule quand je n'y chante pas, parce que quand on quitte quelqu'un, c'est lui la victime mais bizarrement on n'a pas le droit d'en souffrir durement, d'en baver, comme si c'était facile.
Ben non c'est pas simple, quand on est arrivé au bout du rouleau, qu'on a tout donné, tout essayé, même quand on est sûr de prendre la bonne décision, il arrive que ça fait mal à mourir, que le coeur s'arrête de battre et ça fait mal partout dans les entrailles.
Il ne s'agit ni d'apitoiement ni de pitié, simplement de la souffrance terrible de devoir arrêter d'y croire et y en a marre de ceux qui pensent qu'il n'y en a qu'un qui souffre. Ne plus en parler, se préparer à tout, ne plus écouter les avis, éviter les conseils, ne pas répondre aux questions, ne jamais oublier que personne ne ressent jamais à notre place.
Alors ça suffit, laissez-moi pleurer maintenant. Et je ne veux pas qu'on en parle.

pierre 30/06/2009 15:47

j'adore ta prose, je viens du slam de la ville grise et a vrai dire, je reconnais chez toi un spleen magnifique, tu ne veux pas en parler, du contenu du moins, je comprends. je n'insisterais pas. Quoiqu'il en soit, si tu reusssis a faire le lien, j'aimerais te soumettre un texte, oui un gros texte. De 90 pages à vrai dire. Je n'écris que trés peu depuis que j'ai abandonné les planches pour quelque chose de plus alimentaire mais qui laisse mon esprit sur sa faim.... Et voila, je serais heureux d'échanger et de partager un peu de ton monde et du mien. J'ai ouï dire que ça n'était pas la grosse forme, qu'importe, je ne suis pas voyeur, passons outre. A toi de voir, ce fut un bonheur de te lire...