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Mal

Ca y est, je suis de nouveau en mode panique.
Comme lorsque qu’au milieu de la nuit dans ma chambre d’hôtel je bossais 2 jours non-stop, en sachant que me glisser dans la nuit du lit voluptueux ne me permettra pas de trouver le sommeil pour autant.
Dès que j’arrête, comme au petit-déj, la carapace se craquelle, la fissure court le long de mon visage et j’entends une voix calme et chaleureuse : « Are you okay miss ? ». Un type seul aussi à la table d’en face a repéré la larme. Je lui réponds je suis épuisée et m’enfuis en laissant mon café.
 
L’alarme, c’est ça. Quand je ne sais plus m’arrêter pour étouffer des angoisses meurtrières. Je dors ou m’occupe avec acharnement, jamais de répit, je bouillonne. Tu ne te doutes pas à quel point je vais de l'avant, je ne flanche que sur ma page blanche. Mais j'arrête pas de me battre à en mourir d’épuisement. Faut que je fasse attention, la dernière fois ça a failli. Je me mets à haïr la TV, les transports, les files d’attentes, tous ces instants où je suis obligée de me poser et où l’inaction me ravage de scenarios catastrophe.
 
A cet instant même.
J’éprouve une souffrance intolérable.
Une angoisse incontrôlable.
Une envie de pleurer mais aussi de hurler de me figer de dire pouce et que tout continue autour de moi sans moi. Envie de m’endormir à l’intérieur d’un bloc de glace hermétique.
Le manque de sommeil, les allers-retours en avion et mes déceptions quotidiennes entament sérieusement ma résistance.
 
Je note sur des feuilles les moindres moments heureux de chaque journée parce que je ne suis presque plus capable de les identifier et de les vivre. Dès que je me retrouve suffisamment isolée je hurle, je hurle de toutes mes forces, à me casser la voix, j’évacue ma douleur terrible.
 
Je me sens horriblement seule. En plus je suis perdue. Je ne comprends pas pourquoi les événements qui me bouleversent m’arrivent. Besoin d’une raison. Obsession de ma raison de vivre : comprendre. J’essaie mais je ne comprends pas.
Je me suis déracinée et j’en souffre. Ca ne se voit pas mais le contre-coup est très dur ; les relations avec certains proches sont devenues épisodiques ou se diluent dans un futur néant. Je n’ai pas fait une fête avec mes amis depuis 5 mois. Depuis que j’ai quitté Paris, forcément. Je ne peux plus me rendre aux rares invitations de mes cousines qui ne m’ont pas encore oubliée. C’est très dur et personne n’y peut rien.
 
J’ai énormément perdu confiance. D'abord au boulot. Parce que ma boîte qui montre qu’elle n’en a rien à foutre de ma gueule, c’est un échec que rien dans mon parcours ne justifie. Incompréhension totale. Et ce n’est pas une seule personne qui m’a trahie, c’est plusieurs en un groupe flou où tout le monde se renvoie la balle, un monstre vague effrayant comme l’est un ennemi non identifié. Et je pense au futur, à « l’après » : tant que j’aurai un patron je n’aurai plus jamais confiance. Je suis et resterai constamment sur mes gardes. Travailler sereinement, reconnue pour mes efforts et protégée, on dirait qu’au bout de 13 ans, c’est bel et bien fini. Quand on se prend une violente claque sans raison, on a tendance à mordre toutes les mains qui se tendent par la suite. Ca me rappelle mon enfance et le souvenir cuisant de gifles et de corrections incompréhensibles et ça me glace d’effroi.
J’ai horriblement peur de la violence. Un cri de colère à côté de moi et je fonds en larmes en claquant des dents. L’injustice me terrorise. Apprendre à me rebeller nécessiterait une thérapie !
 
Je doute de tout, irrépressiblement. Il a eu sa promo, il bosse sans arrêt. Va-t-il finir par m’oublier ? Finis les dix appels par jour, c’est plutôt « je te rappelle tout à l’heure » et il me rappelle demain soir. La spirale infernale du bural va-t-elle nous aspirer, nous dissoudre. Où est le rebelle le sauvage qui crève d’envie de déjeuner avec moi et qui suit son chef d’un air contraint. Vas pas finir « politique » comme les autres avec une langue bien musclée et baveuse hein ?!
Quand tout va bien pour les uns, tout va mal pour les autres. Et les enthousiasmes décalés me remplissent d’un silence effaré.
 
J’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal… Laissez-moi pleurer, j’en ai le droit. Dis-moi que tu seras toujours là, que tu m’aimes, que je suis pas si nulle que ça, que j’ai qu’à tout envoyer péter, cracher à la gueule des connards et insulter le gros incapable, dis-moi que l’injustice dont je suis victime te révolte, que mes résultats sont fantastiques, dis-moi qu’on plaque toute cette hypocrisie et cette médiocrité et que t’as pris 2 billets pour qu’on aille s’exiler au Canada, raconte-moi des scenarios extrêmes pour me faire rigoler comme par exemple si je faisais un énorme pot de départ alors que j’ai même pas démissionné :)
Dis-moi ces conneries parce que c’est ça dont j’ai besoin en ce moment.

Dis-moi que tu es là et que nous protégeras
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Julie 20/01/2007 19:37

Je suis très étonnée.