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Undermood

Ecouter Bright...
Je monte dans l'avion, une fois de plus, la routine, c'est moi cette fois qui suis en pilote automatique. Je laisse derrière moi mon ange qui va fêter son anniversaire entre potes... c'est bizarre hein... mais c'est comme ça. T'es bien à l'aéroport, tout va bien ? oui passe une excellente soirée je dois couper le téléphone je monte dans le zinc je t'aime chéri. Je raccroche et en fait je m'effondre le moralomètre proche de zéro.
Ce qu'il y a de bon dans le désert brûlant de la page blanche c'est cette liberté de se lâcher sans personne qui vous assène des mais pourquoi t'es triste ?!!! et suivent les réprimandes y a pas de raison ! t'as la santé ! t'es amoureuse ! t'as une paye à la fin de chaque mois ! ou les menaces j'aime pas les gens tristes ! ça me fout le bourdon ! je les fuis !
Alors je me bouche mentalement les oreilles en attendant que l'engueulade unilatérale qui se veut un remède de choc contre mon cafard tarrisse et je me répète mon mantra j'ai droit d'avoir une baisse de régime et d'être contrariée par des trucs.
J'ai vécu une loooongue période où je m'infligeais moi-même un régime draconien de non-droit à l'abattement, toujours aller de l'avant et penser qu'il faut pas focaliser sur la galère mais sur des solutions immédiates. Opter pour toutes les actions qui serviront ma cause en étouffant mon désaccord et mon sentiment de sacrifice.  Ca oui j'ai avancé contre le vent et les marées. Et un jour ça m'a flingué les rotules et sans m'en apercevoir ou justement à force de ne pas l'extérioriser je suis tombée achevée. Un psy a été obligé de me donner des cours pour réapprendre à repérer mes limites, il m'a appris à m'autoriser l'anxiété l'angoisse les pleurs l'aveu de mes peurs et à faire face à ceux qui m'encourageaient à sprinter encore sur mille mètres alors que j'étais à 100m de mon point de rupture. Alors depuis je dis stop j'ai le droit de flancher et plus personne ne me poussera au-dessus du vide et encore moins moi-même. Pas envie que ça se reproduise.

Drôle de journée.
Des réunions avec des gens qui se demandent ce que je fais là. Qui suis-je pour être là à l'animer, même moi je ne le sais pas. L'angoisse irrépressible de savoir que ma boîte refuse de me couvrir dans le cadre de mon télétravail dont ne figure de trace nulle part. Mais au fond c'est pas si grave, t'affole pas poulette.
Le clash inévitable d'une imminente demande de négociation de salaire et de contrat. Tu l'as souvent fait et avec des succès à ton actif... Alors ?
Pilote automatique encore en récupérant la voiture, tiens elle est encore là et cette fois pas de prune collée au parebrise, cool non ? Incapable d'appuyer suffisamment sur la pédale pour atteindre ne serait-ce que la limitation de vitesse, parfait je te suis toi la clio là devant, c'est reposant. Une amère gorgée d'angoisse en voyant le chat gris raide au milieu de la chaussée à 500m de chez nous. Envie de foncer à la maison vérifier que Spyminou est bien là mais réfrénée par la peur justement de rouler trop vite et de faire la bêtise. Alors je roule prudemment jusqu'au portail, je descends et je l'appelle les trois chiens sont déjà là en haie d'honneur. Ce chat extraordinaire qui vient quand je me gare après 3 jours d'absence. il arrive en courant :)
Ouf. Au fait c'est quoi ma maison illuminée comme en plein jour ????
Oh, émerveillement, la lune presque pleine et deux avions qui se croisent sous les étoiles... Que c'est beau de rentrer. Bouffée d'oxygène, le bonheur redilate les poumons c'est pas vraiment de la solitude tous ces êtres qui me font des fêtes et des câlins, qui me pardonnent mon air chiffonné perdu et m'accueillent comme une famille.
Tu vois bien, n'écoute personne, tu sais ressentir et apprécier chacun de ces instants précieux de douceur qui exaltent en moi le besoin de transcender le tragique de la situation... Et oublier le poids de l'existence.

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