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Nouvelle coupe

Je me sens bizarre. Après 3 jours de séminaire intensif chez Auditek à faire une sorte de mini-bilan de compétences collectif, je retrouve peu à peu une identité professionnelle de salariée. On ne me voit pas comme je me perçois moi-même; on m'attribue des compétences que je ne croyais pas utiles de mentionner. Plein de gens sympathiques et exigeants m'ont fait leur feed-back.Résultat, surprenant à dire : je sais un peu mieux qui je suis, l'image que je projette et comment faire pour montrer ce que je veux et le meilleur de moi-même. Ils ne me voient pas comme je me percevais, moi. En même temps, ça fait 8 ans que je n'ai pas argumenté mon CV devant un nouvel employeur.

Forte de cette expérience inédite , j'ai décidé que je devais également ressembler à ce que je ressens intérieurement et suis allée me faire couper les cheveux. Un peu comme il y a 4 ans. Marre de ces cheveux mi-longs, aux épaules, qui rebiquent, obligent à un brushing que je n'ai pas la patience de faire, et de cet air coquet, glamour qui ne correspond pas à mon humeur du moment. Envie d'une coupe franche, levée le matin = coiffée. Un look un tantinet coiffé/décoiffé, pas apprêté, plus volontaire, dynamique, et surtout quelque chose qu'on appelle une coupe, pas seulement des cheveux qui tombent autour de la tête et qu'on croit à juste titre que je ne sais pas coiffer.
Voilà qui est fait. Ca me vieillit, vu la couleur foncée et j'étais mieux avant me dit-on. D'autres trouvent ça très bien. Qu'importe, l'important est que je me ressemble enfin, même si j'attends que ça repousse un peu pour garder un carré court car tout ce dégradé fait quand même un peu gnangnan. J'accepte toutes les critiques puisque je pense moi-même que si c'est mieux, ce n'est pas très réussi pour autant.

Je n'arrive pas à faire tout ce que j'ai à faire. Entre le ménage dans la maison, les machines à faire tourner, les animaux qui salissent continuellement, les courses, et la solitude face aux corvées et mon manque de courage à demander de l'aide, mes réunions tantôt chez Auditek, les ateliers de travail sur les CV et lettre de motivation, les ateliers sur les énergies renouvelables, la chambre des auto-entrepreneur de Haute-Garonne dont je suis vice-présidente, mes séances de kiné, de psy, les rendez-vous pour faire réparer ma bagnole, et le reste... la recherche de boulot n'avance pas.

Le 15 février entre 14h et 18h, je suis à l'atelier simulation d'entretiens dans les locaux d'EMC. On sort, je reste à discuter à 3 mètres de ma voiture avec Gaël et je m'interromps brutalement au milieu d'une phrase. Les milliers d'éclats de verre brisé proviennent-ils vraiment de ma Smart ?
Je cours constater la triste réalité : vitre avant conducteur et déflecteur détruits, lunette arrière perforée, on m'a tout volé sauf la voiture. Plus de GPS, de façade d'autoradio, d'ordinateur portable, et l'appareil-photo Canon qui était dans un colis à expédier à un Ebayeur aux USA... envolé. Je ne suis assurée que pour le bris de glace. Ce sera la croix et la bannière pour la prise en charge de ma lunette arrière qui coûtera 1300€ de réparation. Les téléopérateurs chez mon assureur Pacifica ont du mal à comprendre que même si elle est en plastique rigide vu que c'est une décapotable, il n'en s'agit pas moins d'une lunette arrière donc logiquement d'un morceau qui doit être pris en charge dans mon sinistre.
A force de réclamations, de devis explicité chez Smart, de scans et de mails, ça finit par se faire. J'ai tellement râlé que Smart m'a rendu la voiture nettoyée de fond en comble, intérieur comme extérieur, et avec un litre d'huile offert en prime. Au prix où ils facturent leur prestations, c'est vrai qu'on est bien soignés, quand même.

Laurent lui, bosse énormément sur sa boutique avec Tony. Ils projettent de changer de local, font dossier sur dossier pour un crédit, une caution bancaire, obtenir une salle d'expo et d'entrepôt de 430m² au bord de la rocade. Ils veulent aussi générer du traffic grâce à du phoning, opération qu'ils m'ont demandé de mettre au point.
J'ai déjà commencé de la distribution de flyer dans les environs. Je n'y crois pas trop mais il faut voir. Difficile de faire du ciblage étant donné que toute la population est susceptible de s'acheter un canapé ou des meubles de salle à manger, ou un banc TV. J'ai néanmoins remarqué que la majorité de leurs clients sont situés dans un quartier adjacent au show-room actuel et ai démarché dans ce quartier-là. De toute façon, c'est toujours pareil, il suffit de tomber au bon endroit au bon moment pour faire mouche.
Je leur crée du traffic de façon originale avec les centaines d'articles que je vends sur Ebay ou Leboncoin.fr, en invitant les gens à aller les retirer chez Sofa-Style au lieu de leur donner des RDV en ville.
Ils ont aussi l'intention de faire vendre leur mobilier design par quelqu'un au Havre contre commissionnement. Bonne idée mais curieusement pas structurée. Pas d'étude de marché, ni de stratégie, ils vont essayer et si ça marche tant mieux. C'est un peu leur façon de travailler. Ma foi, si ça leur réussit ! Je le leur souhaite de tout coeur. Et pourvu que ça les rende heureux. Ils ont pas mal de peine en ce moment.

J'arrête de fumer aussi. Je lis la méthode d'Allen Carr et c'est effectivement magique (il le dit lui-même !). Bon en même temps je suis archi-malade, une sorte de crève doublée d'une laryngite, ça aide.

Je me sens comme hors de ma vie ces temps-ci. A force de participer à tous ces ateliers de travail dont la plupart m'oblige à me remettre en question, et à prendre du recul, je me sens un peu schizo. Parfois l'impression de m'observer d'un oeil extérieur. Ce n'est pas terrifiant, juste un peu troublant. Je dirais que je donne beaucoup et que je suis un peu au bord de l'épuisement. Je n'ai jamais été aussi patiente, tolérante, encaissant les coups en faisant le dos rond, ravalant ma colère, mon incompréhension et mon désarroi, n'exprimant que tristesse ou indifférence et comptant les moments de joie. Je me remémore des moments du passé où je ne supportais pas les situations intolérables, je tranchais, sans me soucier du lendemain, sans compromis et sans accepter de me laisser blesser. Du mal à comprendre pourquoi je réagis différemment aujourd'hui.
Ai-je tant perdu qu'à présent je prends moins de risques ? Ai-je perdu du courage ? On se sent toujours plus vivant quand on souffre; curieux syndrôme de rechercher cette souffrance pour se prouver qu'on est là.
Pas mal de gens m'ont déçue récemment. Quand je fais le bilan, je m'aperçois que ça représente pas mal de monde, incluant moi-même. Ce n'est pas grave. L'objectif reste le même : s'attacher à devenir meilleur et à s'entourer des gens qui ne nous décevront pas.
N'empêche, ça ira beaucoup mieux quand j'aurai trouvé du boulot comme dit ma psy.
Occuper cette caboche qui carbure en permanence, à 300km/h, interagir davantage avec le monde extérieur et me libérer enfin de ce carcan.