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Refloraison

A une heure, il est minuit. Absurde, mais en automne 2011 en France, on change encore d'heure. Tradition, économies d'énergie, tout est invoqué, ce n'est pas forcément idiot mais plus je vieillis moins j'apprécie de suivre des règles contre Nature.

J'aime me réveiller avant tout le monde, profiter de ces heures de calme solitude pour écrire, soigner mes orchidées ou commander des cadeaux pour mes proches trop loin de mes bras. Ma belle cousine chérie, la soeur que je n'ai pas eue, va avoir un bébé et j'ai attendu que tout le monde se rue sur la liste de naissance avant de venir faire mon choix. En général, les gens n'achètent-ils pas les cadeaux les moins chers et/ou les plus utilitaires d'abord ? je préfère opter pour les cadeaux de valeur ou qui ne servent pas à grand-chose sauf à garder un souvenir ému longtemps comme ce kit pour réaliser les empreintes de pied et de main de bébé.

L'un de mes chers amis a quitté le pays pour tenter l'aventure en Thaïlande et je n'ai pas répondu à ses appels car j'ai délaissé mon téléphone ces dernières 24h. Ce n'est pas grave. L'amitié n'a pas besoin de voix ni de rendez-vous. Je ne doute pas que tes projets aboutissent et sais déjà que tu ne reviendras pas... Alors moi j'irai te voir, avec mon amour, mon âme soeur, mon meilleur ami, dès lors que tu ne seras plus avec celui que je ne veux pas revoir.

Quitter ce dernier ne fut pas chose simple. Souffrance, rupture, cassure, fêlures, angoisse, torture. Que de mots pour ces maux. Aujourd'hui encore quand une situation, un objet me renvoie à un souvenir, je ne peux m'empêcher de prendre peur, de ressentir de nouveau cette panique indicible, cette perte de confiance, cette douleur, la solitude, l'incompréhension. Et parfois je pleure parce que ça fait mal et que je sais que je ne méritais pas de souffrir autant et je pleure d'avoir enduré cela si longtemps si inutilement et je pleure comme lorsque qu'on plonge enfin sa main brûlée dans l'eau froide. Parce que le soulagement est si vif et mon nouveau bonheur si total que le contraste fait jaillir les larmes des yeux. On s'habitue si facilement à souffrir qu'on a beaucoup de mal à s'habituer au bonheur ensuite.

Mes efforts immenses, mon courage stupide, ou ma lâcheté qui sait, m'ont couverte de cicatrices qui parfois m'élancent et me rappellent que vivre un seul jour sans être heureux c'est gâcher sa vie. 

C'est aussi grâce à toi mon bel amour que j'ai parfois aussi mal. Mais de moins en moins souvent. Toi l'antithèse, la bonté incarnée, la joie, la délicatesse, l'humour et la générosité faits homme. Mes icebergs de douleur fondent et je sens que peu à peu ta douceur et ta gentillesse effacent la crainte, la méfiance, la solitude acide. Je n'ai jamais autant pleuré de bonheur ; quand je souffre et que je te le cache, tu me serres doucement dans tes grands bras et me dis "tu as mal, tu peux me le dire tu sais"... Et pour la centième fois, toutes mes tensions s'évanouissent, le fardeau de cacher mes angoisses, mes frustrations, mes blessures disparaissent, et je me dis encore une fois que tu es mon double, tu me sens, tu me sais, tu me panses et je refleuris à ton contact.

Un jour je guérirai totalement et je saurai tout te dire, j'ai juste encore honte de mes faiblesses, les nerfs écorchés, la peur au ventre que tu me voies telle que je suis parfois, échouée, vidée, apeurée, une loque humaine inachevée. Trouée par de violents souvenirs mais aussi angoissée à l'idée que tu pourrais te lasser de ma reconstruction fragile et me quitter pour plus forte que moi. Et pourtant tu me rassures, je n'ai nul besoin de parler, tu devines tout, tu répares tout, tu comprends et acceptes tout, baume salvateur qui applique les mots justes sur mes failles de confiance.

Je te promets de m'en remettre comme je m'en remets à toi, un jour je refleurirai totalement à l'extérieur pour que tu voies comment tu m'épanouis à l'intérieur d'un bonheur incroyable que j'écris maladroitement. Un jour je n'aurai plus peur que cela disparaisse, je n'aurai plus besoin de confronter l'enchantement de ma vie avec toi à un chemin de croix car je sais déjà que c'est merveilleux. Je sais que je dois faire cela, nous sommes déjà indestructibles et il ne tient qu'à moi de faire l'autodafé de mon passé et de te rendre la complicité dont tu me combles à chaque instant.

 


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