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Trop, c'est bien ?

D'abord, une bonne phase d'angoisse, d'incertitude, un désoeuvrement paresseux entrecoupé de parties pour croire que je me décarcasse suffisamment à chercher un boulot et que mes loisirs sont mérités...

Cette étape va durer des mois, où l'on est tiraillé entre le fait de gagner tellement bien sa vie au chômage et le politiquement incorrect de refuser des postes moins bien payés... Assumer ce luxe. Et douter de temps en temps : ne devrais-je pas reprendre plus bas ? De toute façon, les bons postes bien payés sont à Paris !

Ensuite une phase de conviction, à moins que ce ne soit l'application de la méthode Coué, j'ai postulé là là et là, je suis sûre qu'ils vont me convoquer en entretien, le profil correspond tout à fait au mien ! Je ne vois même pas comment ils ne me prendraient pas... Si si, j'ai des fièvres délirantes où à la lecture de l'annonce, je crois qu'il y a des boîtes qui m'attendent...

Et quelques entretiens arrivent, et on m'appelle même, pour me proposer de super postes, chef des ventes régional chez Star Web Multimedia par exemple... C'est la joie, la confiance remonte, la préparation est intense.

Intense, vraiment : je contacte des clients de Star Web et j'entends des témoignages de professionnels affligés et mécontents, d'anciens salariés dénonçant des clauses abusives, je fais analyser les produits vendus par des amis professionnels qui crient à l'arnaque au vu du rapport qualité-prix, et enfin, je pose des questions qui dérangent et n'obtiens que de très insatisfaisantes réponses.

J'apprends qu'être appelé ne signifie pas se voir proposer le poste de rêve qui va changer une carrière. C'est même plutôt pour s'entendre proposer des choses pour lesquelles on est sur-qualifié. Mais qu'importe, le moralomètre remonte en flèche, j'y crois, je réalise des interviews téléphonique auprès des responsable des sociétés auprès desquelles je postule, j'enquête, je fouille le Web et les réseaux, je m'éclate, et je prépare mes entretiens avec une minutie qui va finir par payer.

Et puis une copine me dit : tiens pourquoi tu ne postulerais pas chez Quedubon ? tu adores leur concept et je te verrais trop bien là-dedans !

- Ah ? Oui pourquoi pas... j'adorerais en effet, je paierais même pour bosser chez eux ! Mais j'ignore s'ils recrutent... surtout ici en région...

- Ben essaie !

- OK why not...

Et hop encore une phase d'enquête, et je découvre que je connais de loin certaines personnes de cette immense entreprise qu'est Quedubon, et ça m'aide, je cisèle soigneusement mes arguments de vente pour appuyer mes motivations... Ensuite nouvelle phase "hou pinaise, je me suis battue comme une lionne à l'entretien téléphonique, j'y crois j'y crois j'y crois !" et enfin, les jours d'apnée après l'entretien en face à face, dans l'attente de la réponse.

Oui parce que moi, lorsque je décroche un entretien pour un job que je désire à tout prix, je cesse toute démarche jusqu'à la réception de la réponse. Tellement bossé en amont que je suis vidée épuisée et que je me concentre à prier pour que ça marche à en parler à tout le monde pour mobiliser des ondes positives d'espoir et j'opte pour un break où je ne me disperse pas à postuler ailleurs tous azimuts.

Et puis voilà, est arrivée la réponse, POSITIVE !!!!!!!!!!!

Je ne touche plus terre, ce n'est pas un coup de fil, heureusement, c'est un mail, je dis heureusement car j'ai poussé un cri en découvrant la promesse d'embauche, et l'adrénaline a brutalement dépassé les plafonds les plus critiques... A bout de souffle, j'ai réussi à hurler quand même, puis le son s'est coupé, et tout est sorti sous forme de pluie par les yeux. J'ai eu du mal à y croire, à tel point que j'ai tout fermé, tout rouvert, mais la promesse était toujours là, alors j'ai bondi de mon siège et j'ai sauté partout dans la maison, Kika is on cloud nine !

Le téléphone sonne à cet instant, je n'ai plus qu'à annoncer la nouvelle en bégayant comme une idiote, et je sens que ce bonheur est partagé, c'est doux, c'est agréable, c'est tellement trop que je vais encore pleurer comme une gamine qui vient de décrocher son Bac contre toute attente, je me sens bête mais j'adore ça, cela fait 2 ou 3 siècle que je n'ai pas éprouvé une joie aussi simple...

Je ne doutais pas que j'allais décrocher un job tôt ou tard, c'est juste que décrocher celui que je voulais ABSOLUMENT, avoir tant espéré, tant préparé, fait le même effet qu'une explosion de feu d'artifice. Et mon coeur cogne comme un dingue dans ma cage thoracique, si fort que ça fait mal, comme quand on regarde un film d'horreur où le meilleur moment c'est de se blottir contre une peau douce et fermer les yeux en se disant ohlala c'est trop tout ça, c'est trop beau, c'est trop bon, mais trop, c'est bien !

 


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