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La curiosité est un bien joli défaut :)

kika

Samedi 4 mars 2006
Par Kika
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Dimanche 19 mars 2006

Lui qui étrangle mes vides
Absent, il sournoise mes attentes
Une question Qui es-tu
Reste ! Toi qui d'un souffle un peu trop chaud brûles mes étapes
Et d'un regard reconstruis mes jours hagards
Ne fausse plus compagnie à mes bras à mes nuits
Toi si loin d'ici

La nuit pleine de vacuité

Ah ! Insomnie
Un amour inachevé à la folie
Retrouve-moi là où le sommeil s'enfuit
Et s
ur les plumes sages
Nous poserons notre tête pleine d'orage
Trésorier de mes envies. Je te ferai survivre à
L'oubli
Adossée à la nuit qui s'ennuie
Une question Où es-tu... Me
Réveiller de toi mon rêve... M'
Evader de toi mon piège
Ne pas me racheter au diable, mon âme
Tout au début étaient tes verbes

Le reconnaîtrai-je ?
Au tourment quand je serre mes bras vides ?
Un récif où je veux me blottir
Reste ! Es-tu cette flèche qu'on s'arrache
Et ce mot doux qui
Nous laisse inconsolable
Tel un bonbon avalé ?

Par Kika
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Dimanche 19 mars 2006

Un appel
Un envol
Me poser dans l'horizon de tes bras
M'enliser sur les sables infinis de ton dos
Me glisser dans chaque instant de ta peau
Dans la couleur de tes mots je retrouve
Mes envies en écho

Reconduire mes nuits vides
Depuis toi étrangères
A l'aube de la frontière
D'une intimité si familière
Et mes matins arides
Retourneront en enfer

Par Kika
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Dimanche 19 mars 2006
Nos vies comme deux lignes
Promenons-nous jusqu'au bout comme deux rimes
Dans ta main
Des miettes de moi frissonnent encore
Pavillon dressé...
Mon dernier sourire résonne encore
Tête baissée
Le souvenir de moi en train de pâlir
A raviver
Vite
Par Kika
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Mardi 21 mars 2006
A chacun de nos matins uniques
Je voudrais renaître magnifique
Etre ta rose inventée
Le parfum du désert de tes nuits
Paysanne dans ce monde indifférent
Semer du soleil dans tes songes
Récolter ces étoiles dans tes yeux
Et te rappeler
Que je n'ai pas fini de t'aimer
Je sais la solitude des grands
Qui n'ont pas fini d'être enfant
Alors je serai cette liqueur
Pour fondre sur ta langue
M'enflammer dans ta paume
Et te nouer
Tout autour de ma peau
Me défier me défaire
Mon aimé mon très cher
Te gagner quand je me perds
Je veux
Que tu cherches encore
Que tu cherches plus fort
Le paradis qui dort
Dans les feuilles de ton âme
Prends ma main
Je te montrerai
Comment monter plus haut
Pour tout voir tout rire tout aimer
Là-haut
Sur ces nuages tout ronds et tout blancs
Comme des joues d'enfants
Sur le bleu des seins du ciel...
Par Kika
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Mercredi 26 avril 2006
Mon amour,
As-tu déjà vu le Luxembourg se refermer au premier coup de sifflet, tout doucement, comme un écrin sur les précieux carats d'un parc bourgeonnant ? Un soleil chagrin coule sur le sable. Un coup de vent sur mon orteil. Une lèvre mordue toute vermeille. L'ombre des visiteurs qui ondoie vers les issues. Une caresse perdue sur un genou. Les gens se frôlent, se heurtent, se bousculent enfin franchement.
Tout d'un coup tu étais là. Douce collision des corps. Au loin les enfants soudain dociles dévalent les pentes gazonnées en criant. Lentement tu me descends, discrètement sans faire de bruit... Des couleurs sur ma peau, de la lumière dans mon cri... Tandis que les dernières vies franchissent les grilles, tu me mords mon amour...
T'es-tu déjà étendu entre un cèdre et un mélèze dans la fraîcheur des herbes folles épargnées par la guillotine des tondeuses ? Regarder le ciel jusqu'à la nausée, écrasé par son poids sur la terre. Oublier la pesanteur du monde et la gravité des choses. Et remplir cette page du vertige que tu m'inspires.
Par Kika
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Mercredi 26 avril 2006
Toi mon autre moi, compagnon de maintes rêveries, complice de causeries silencieuses, amant lointain de douloureuses insomnies, j'ai fait brûler les pages du passé dans un rire redevenu léger. Pour toi mon doux promeneur, je me ferai plage blanche et mon encre coquine te fera dériver vers les "charmants climats" de Baudelaire...
Je t'emmènerai vers ce lieu inatteignable où le ciel se perd dans la mer, où la terre devient aérienne dans les enroulades de nuages... Je te montrerai les volutes lumineuses qui se fondent dans un horizon de cendre perlée... Nous sommes en plein ciel, au-dessus du bleu, un bleu saturant qui s'épaissit comme un sommeil... Marée d'écume inaltérable. Et soudain un vide.
Au fond du plus vieux matelas du monde, une clairière de terre couleur de mer. Un spasme et tout se referme en gris. Dieu émet un petit rire de tendresse en voyant cahoter notre avion. Et dans la chevelure de la vieille Terre il passe ses doigts amoureux en laissant sous nos yeux candides des sillons réguliers brûlés de kérosène...
Tu verras l'orage des tropiques s'émousser sur les verts tamariniers, ce dôme carrelé comme un damier tombant à plat sur le sol... Je t'envolerai dans cet espace entre deux lignes de temps qui s'étire comme une pâte à pain... et t'appelerai encore pour partager un coucher de soleil ou le saignement d'une lune, la cicatrice d'une comète entre les étoiles ou tout simplement l'ombre des anges sur nos épaules.
Par Kika
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Mercredi 26 avril 2006
As-tu déjà admiré...
Une poignée d'eau lancée sur la vitre par la main de Dieu. Des éclats de perles suspendus dans l'invisible. Au feu et à mesure que le temps passe... Il fait froid partout et dans mes os plus qu'ailleurs. Je suis là seule à étaler maladroitement le caviar des mots sur une porcelaine de papier.
La nuit est une éponge humide et dans mon sommeil je vois dans tes yeux une fin d'orage. Je me réveille moite comme un tropique.
Au crépuscule les immeubles clignent de leur mille paupières d'or et s'allument un à un. Les volets se resserrent comme des bras frissonnants autour des corps de brique. Un chien lèche la lune dans une flaque. Le roulis des feuilles berce de faibles étoiles.

Je suis là quelque part, pas très loin. Je jette un oeil sombre par la fenêtre et pense à ta chaleur enfermée loin de moi. Tiens une fête. Des rires claquent comme des cymbales et des applaudissemens en cascades d'agathes... Quand nous reverrons-nous ?
Par Kika
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Mercredi 26 avril 2006
La nuit se lève, se couche, se lève... et moi je pense à toi. Les étoiles s'élèvent lentement hissées par des poulies invisibles, et s'éclairent : des sourires sur un visage bleu. L'éclat de la nuit dans tes yeux qui brillent sur moi me réchauffe et m'illumine. Quand tu es là, je voudrais que tu restes car plus rien n'existe, car je le veux, car tu le voudrais et que chaque instant ne se vit qu'une fois. Et quand tu me serres si fort dans tes bras alors je suis là où je dois être. Il y a parfois dans les choses un éprouvant parfum de vérité.

Le jour s'étire gravement à travers les arbres en feu, donnant à la ville un souffle de cuivre. Que faire de sa solitude dans un train aussi peuplé ? personne ne répond. Et les murs se mettent à ruisseler des premières larmes du printemps. Mon train, mon refuge. On me bouscule. Je tressaille. Ton parfum m'inquiète sur la peau d'un autre. Alors je t'écris. Ma plume bat pour toi... c'est bien au-delà que je t'aime et ma pudeur n'empêche pas les sentiments.

Pour toi ces lettres de désirs, je t'envoie dans ces pages un aller simple vers ma vie, une évidence que tu es venu défroisser...
Je dessinerai des mots d'amour, j'inventerai de nouveaux baisers, je t'écrirai ce coeur dont tu es le maître...
Pour toi ces phrases qui fulgurent, s'élancent comme des branches, des colonnes pures, des tours imprenables, des Babels et pyramides, des flèches paroxystiques qui fusent en arcatures flamboyantes...
Comme Pouchkine, mon amour, je t'écris avec les yeux de ma main. Devant le sablier du temps je parle de toi à chaque grain de sable...
Tu es mon énergie. C'est grâce à elle que je fais tourner la terre, que j'accroche chaque matin le soleil devant ta fenêtre pour te réveiller et que je lance ma fièvre dans le ciel pour t'éclairer d'un feu d'artifice...
C'est elle encore qui mettra tous les océans dans ma cartouche pour que je puisse t'écrire jusqu'à la fin des temps.
Toi mon osmose, mon cri, mon attendu...
Tu es le signe, je suis la ligne, et notre histoire une intime calligraphie.
Par Kika
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Jeudi 27 avril 2006
Très cher,
Chaque jour qui m'échappe loin de vous accélère les battements de ma plume maladroite. J'ai juste l'espoir de retracer cette peur de vous perdre à force de voir le temps filer entre nous. Faire battre le pavillon des mots ce désir fou de m'enrouler autour de vous et de vous couvrir de cette impatience que je ne sais dompter...
Ces quelques lignes pour me relier à toi en hommage à un noeud qui peu à peu se resserre... Que t'écrire à toi que des verbes pas nécessaires pour me dénuder tout entière ? En inventer d'autres ?... Comment rester évasive quand de nos quatre yeux je ne ferais bien qu'un seul regard... Sans rien dire, te rassurer sur mon silence, ce silence plein de toi, ce silence que j'ai l'illusion d'étirer pour le faire durer...
Ne pas dire que je t'attendais pour un instant ou pour plusieurs vies, toi comme un soleil sur ma banquise qui devient sable et se désagrège pour mieux me reconstruire. Devenir moi à toute allure... Qu'est-ce qui m'arrive ?
J'étais une lune sans son soleil, une coquille sans perle, un chiffre sans paire... Un cri sans musique, un feu sans flamme, un mois de juin sans son mois de février...
Et combler ce temps entre nous me semble si vain que dormir est une insulte à la nuit.
Et combler cette distance par quelques verres ne distille pas ton absence.
Je devine que c'est ce train que je dois prendre, moi qui les avais tous pris jusqu'à présent pour ne pas te louper. Sur mon quai soudain le monde m'appartient et je te songe, le dos étiré sur la peau du soleil, les pieds dans le vague et du bout des doigts comme sur une lyre à faire vibrer ta ligne de vie.
A toi mon firmament,
ta petite étoile.
Par Kika
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