Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Plus malheureux que soi

- A tout de suite !

Ce n'est pas la première fois. Que je claque ma portière en sortant du cinéma. Et que je sais que je ne vais pas démarrer tout de suite. Parce qu'à l'intérieur de ma tête des vagues déferlent, qui vont jaillir par le barrage brisé de mes yeux. Et je pleure je pleure je pleure et ça fait du bien dans le noir loin des gens du bruit dans le cocon de ma minuscule voiture.

Pourquoi je pleure ? Parce que je suis fatiguée parce que je n'en peux plus parce que je le garde pour moi et qu'à un moment ça doit sortir. Et aussi parce que je suis une chochotte comme dirait Courgette et que je viens de voir un film qui m'a fait réaliser à quel point j'avais de la chance sur un aspect que je n'avais jamais considéré.

Et en constatant à quel point avoir une carte d'identité française depuis ma naissance m'a évité son lot de galères, de xénophobie, d'injustices, je me suis dit encore une fois : il y a tellement de gens plus malheureux que soi.

 

Je pleure aussi pour les vraies victimes de l'immigration. Ce n'est qu'un film, la réalité est bien plus dure que le traitement stéréotypé de Wayne Kramer et de ses scènes ridiculement prévisibles. D'ailleurs, en 2010, cette violence du combat territorial mérite les larmes du monde entier. Loin de la caricature, je réfléchis à tous ces gens qui essaient de survivre dans un pays dont ils se voudraient citoyens et qui les chasse alors qu'ils sont de bonne volonté contrairement à d'authentiques habitants qui commettent des crimes sans égard pour leur nationalité. A mes yeux même vivre aux crochets de la société en est un et le péché capital prend tout son sens.


Je ne me suis jamais sentie particulièrement fière d'être française mais ce soir je réalise ma chance de ne pas être étrangère dans ce pays. Je n'ai eu de sentiment d'appartenance dans aucun pays, toujours étrangère car voyageuse et métissée. Alors il y a longtemps j'ai renoncé à cet avantage qu'un français ordinaire oublie totalement, celui d'être considéré comme un frère dans une tribu, accepté sans questions.

Aucune personne non métissée ne peut se rendre compte de la solitude dans laquelle plonge le métissage. Il ne faut pas exagérer, cela apporte aussi des avantages comme parfois une double culture, une deuxième langue maternelle, un mélange parfois gracieux de gènes, une curiosité d'autrui qui permet de tisser des liens... du genre la première question bienveillante lors d'une rencontre "t'es métis, toi non ? de quel pays?"

 

Mais ça, c'est ce que voient les non-métis. Pour ceux qui sont de l'autre côté alors qu'ils n'avaient rien demandé et pour qui ça se voit physiquement (parce qu'il y a aussi les métis chez qui ça ne se voit pas, mon Dieu que je les envie), il y a le lot d'inconvénients et de souffrances que ça inflige.

Qu'on ne vienne pas me dire que c'est par curiosité sympathique qu'on me demande non pas qui je suis mais d'où je viens, cela fait quelques décennies d'expérience que je sais distinguer l'intérêt désintéressé de la curiosité vaine et calculée.

J'ai déjà été confrontée à l'indiscible difficulté de prouver ma nationalité due à ma naissance à l'étranger, à 9465 km d'ici. On m'a toujours demandé mes origines ou "d'où je venais" dû au métissage imprimé sur mon visage. On m'a lapidée dans une école d'un autre continent parce que je ne ressemblais pas aux autres. On m'a demandé si je parlais français alors que je suis née dans cette langue qui me passionne au point que je l'ai étudiée dans une Fac de Lettres.

Ca fait bizarre.

 


J'imagine l'angoisse de l'exilé, la brutalité de l'expulsion imminente, la peur au quotidien, quand on a un enfant, qu'on est exploité dans un emploi clandestin, qu'on ne connaît pas la langue ou qu'on essaie d'exprimer son point de vue d'étranger, qu'on est incompris, effrayant parce que différent ou venu d'ailleurs.

 

Et je me dis quelle chance d'avoir non pas cette nationalité dont je n'ai que faire, étant citoyenne du monde de par ma jeunesse autour de la planète, mais de ne pas être étrangère ici. Je ne m'en étais jamais rendue compte. Tout en est simplifié, je suis légitime, avec en plus le bol d'avoir le nom et le prénom les plus courants, la protection d'un anonymat le plus total.

Aujourd'hui ce film qui se veut dur et qui n'est que convenu et d'un moralisme barbouillé de miel me réconcilie avec l'aspect le plus vulgaire et pragmatique de la notion de citoyenneté.

 

On doit de plus en plus "être dans la bonne case". Pire encore depuis la crise, les recruteurs, l'administration, un peu tout le monde quoi, cherchent à cataloguer chaque individu. A lui donner une sorte d'étiquette d'identité : diplômé bac+x, sorti de telle école, parcours dans telle boîte connue, nationalité Y, tranche d'âge Z (donc telle expérience, donc casé, donc stable, donc disponible, ...ou pas), homme ou femme (avec son lot d'inégalité contre lequel chacune lutte mais toléré collectivement)...

Il faut parfois s'arrêter et réfléchir au fait qu'on est, forcément, au moins dans une de ces bonnes cases, et donc qu'il y a un espoir.

 

Et qu'il faut se redresser, courir vers cette chance qu'on n'a peut-être pas choisie, et se souvenir humblement de ceux qui ne l'ont pas.

Voir les commentaires

Morte de rire

Ca doit bien faire 1 an voire 2 que je n'avais pas piqué une crise de fou rire comme celle-ci.

Fin d'une journée de boulot ordinaire. Au magasin, c'est l'été, peu de clients, quelques appels, c'est calme à 18h. Je cherche comment tomber directement sur un répondeur en appelant un numéro de portable.

Et je tombe sur un forum où des gens débattent joyeusement sur ce sujet. Au fil de ma lecture, les motivations du demandeur et les réponses tordantes des internautes déclenchent chez moi une incontrôlable hilarité.

Me voilà en train de rire à gorge déployée incapable de poursuivre ma lecture, obligée de courir chercher un mouchoir car j'en pleure à m'étouffer. Ca fait un bien incroyable. Je reprends, mais le moindre smiley qui tape par terre en hurlant de rire et je me bidonne sans pouvoir m'arrêter...

Et je ris, je ris, et c'est à peine si je sais pourquoi, juste un contexte, une situation frôlant l'absurde, une mobilisation qui commence sérieusement et tourne à l'inutilité la plus impuissante... Ahahahahahahahahahahhahaha !!!!


Ca fait longtemps que je n'avais pas autant rigolé, ça me fera du bien de m'en souvenir...

Ce sont souvent de tout petits détails qui font exploser de rire (genre quelqu'un qui se casse la figure dans la rue, oui je sais, l'éducation psycho-rigido-chrétienne interdit de se poiler mais franchement, comment s'en empêcher) et moi je dis qu'il ne faut pas se priver de ces moments totalement euphorisants et jubilatoires !

Voir les commentaires

Amitié illimitée

Un mail intitulé "COPINE DE FAC" que je supprime par erreur en manipulant précipitamment Outlook. Par curiosité, je vais quand même regarder dans les Eléments supprimés et stupéfaction, c'est Keltoum qui m'envoie ses coordonnées ! Comme quoi, on peut me retrouver, même 14 ans après notre dernière journée de grève à Paris VIII... Encore un mauvais point pour toi Fred.

Ravie de retrouver une super ancienne copine, oubliée comme tous les autres dont je ne me souvenais même pas des prénoms, je l'appelle et elle me raconte son extraordinaire carrière de DG de société aux USA. Sa réussite me renvoie à mon propre échec mais nous nous retrouvons dans nos velléités de créatrices d'entreprise. Chère Keltoum, quelle joie de te retrouver ! Auparavant militante, maintenant mariée, maman, je t'ai connue battante et n'aurais jamais douté que tu réalises un tel parcours. Vivement te revoir avant que tu t'installes en Amérique, refaire nos années de fac, te montrer les exemplaires de notre journal de grève "Grève Illimitée" que j'ai gardés dans une malle, quelle rigolade, et dire que je n'ai pas changé, que je referais tout si c'était à refaire, je ne me sens pas changée d'un iota.

Merci de m'avoir retrouvée et à très vite, copine !   

Voir les commentaires

Ground zero

Sans repères sans histoires sans envie. Je suis vide, quelqu'un de morne, qui n'a rien à dire. Jamais été quelqu'un qui parle beaucoup. Quoique ce n'était pas vrai dans les situations où je militais pour une cause en laquelle je croyais énormément. A la fac, pendant les grèves de 95, où j'en étais devenue une porte-parole, et chez Club Internet où je savais que mon service donnait le meilleur de lui-même. Je suis intarissable quand je maîtrise un sujet. Mais en ce moment, je cherche le silence, la solitude, comme pour économiser mes forces et ma volonté faiblissante.


Je réponds sans relâche à des annonces, sans réponse à part négatives pour l'instant, et j'y crois assez peu même si je donne le meilleur de moi-même dans mes lettres de motivation.

Je les travaille et retravaille durant une heure, jusqu'à me dire que si à leur place je la recevais, je m'embaucherais.

J'ai dû quitter mon Challenge Emploi Cadres chez Auditek bêtement, pour me lancer dans le boulot de technico-commerciale chez ChaudChezVous.


Début d'année, je déjeune avec le jeune chef d'entreprise, Milo, qui me dit chercher des commerciaux, quelques-uns des siens l'ayant lâché fin 2009. L'oreille dressée, je lui demande ses critères d'embauche. Motivé, qui percute vite et aimant l'argent, me répond-t-il. Je traduis : ne comptant pas ses heures, ayant de l'expérience et devant travailler dans le dur. Je réfléchis. Peut-être des personnes dans mon réseau de cadres sans emploi qui pourraient faire l'affaire ? Il rompt le silence :

- Mais je vais te dire un truc qui ne va pas te plaire...

- Tu ne veux pas embaucher de femme, c'est ça ?

- Comment tu as deviné ?

- Ben je sais pas moi, tu me parles de percuter vite... peut-être que j'ai percuté :-)

Je le relance : pourqiuoi pas une femme ? parce qu'elles sont accaparées par leurs gosses ou sont dépressives et pas assez volontaristes, me dit-il en relatant des expériences vécues.

- Est-ce que tu veux dire que dans le secteur des énergies renouvelables, il n'y a aucune femme commerciale ?

- Heu non, y en a une, à la concurrence, elle est très douée même, mais...

- Donc une femme dans ce métier c'est possible ?

- Moui.

- Et rappelle-moi les commerciaux pas fiables qui ont quitté la société fin d'année, c'était des hommes ou des femmes ?

- Des hommes.

- Ah.

Ceci posé, je n'insiste pas. Ce n'est pas dans cet état d'esprit qu'il va me proposer du boulot, alors je change de sujet et nous terminons gaiement le déjeuner.

 

Quelques temps plus tard, il appelle mon Loup, qui m'avait présenté Milo il y a bien 2 ans, et qui se met à lui chanter mes louanges. Et je reçois ce coup de fil :

- On pourrait se voir ? Mais pas pour déjeuner cette fois, disons est-ce que tu pourrais venir avec un CV ?

- Ah, t'as changé d'avis sur les femmes ? rigolai-je.

Et il m'a proposé ce job de VRP salariée avec une avance de salaire équivalente au Smic et des commissions sur la vente de systèmes de chauffage aux particuliers. Pourtant mon entretien n'aurait jamais convaincu quelqu'un d'autre. Comme quoi le réseau... Je n'ai jamais travaillé dans le milieu du bâtiment, le porte-à-porte ça ne me dit trop rien et raconter des choses exagérées pour argumenter une vente, je n'aime pas ça mais il va falloir que je m'habitue.

La vente aux particuliers, j'avais essayé y a 15 ans et cela m'avait pas excitée. Mon objectif aujourd'hui étant de trouver un CDI pépère et bien payé pour sécuriser les revenus du foyer et rembourser le crédit de la maison, son offre ne correspondait en rien à mes motivations. N'empêche, j'étais persuadée de parvenir à apprendre très rapidement les fondamentaux techniques de toutes ces clims et pompes à chaleur et je connaissais assez de techniques pour en vendre. Sans enfant et n'ayant pas peur de travailler dur, j'étais convaincue de balayer ses a priori. Il a dû s'en convaincre aussi.

Et il m'a formée une toute petite semaine avant de me lâcher sans filet. Impossible d'être suffisamment armé quand on n'est pas du tout du métier, mais tant pis, quand on n'a pas le choix. Tu apprendras le reste sur le tas.


J'annule mes engagements, me coltine la foire internationale de Toulouse sans ménagement. 9h30-19h voire 22h pour les 2 nocturnes que l'autre commercial se débrouille pour ne pas faire. 15 jours d'affilée. Je décale un brunch où j'avais invité plus de vingt personnes pour faire la potiche sur le stand sans voir la lumière du jour. La fatigue commence à se faire sentir. En plus j'ai eu une crève phénoménale qui a duré 15 jours. J'arrache une journée de repos. On va en clientèle un soir à 20h30 à perpète, on signe mais la vente sera annulée par le client moins d'une semaine plus tard. Mon Loup commence à être plus tendu que moi et me reproche mes horaires, mon investissement, pour de maigres résultats. Un seul petit triomphe, le midi où Zeboss revient de déjeuner avec l'autre commercial et me taquine : alors ! t'as signé pendant cette heure ou t'as glandé ?

Et je leur cloue le bec en tendant le chèque d'accompte d'une jolie vente que j'ai réussi toute seule pendant leur absence.


Je finis par réfléchir et analyser la situation. Les clients sont soit hypocrites soit sournois, et ni drôles ni intéressants. Les 100km/jour minimum commencent à me coûter cher. Bilan au bout d'un mois, j'ai gagné 850€ et pourtant j'ai fait 250 heures, et apparemment mieux performé que bien d'autres débutants. J'ai même ramené 3 clients par moi-même, en démarchant mon réseau.

Sans formation complémentaire, sans moyens de conquête pris en charge par la société, je suis condamnée à continuer sur ce rythme. Et alors, si je double ce salaire, je vais atteindre 1700€ bruts ? et même si je le triple j'aurai 2500€ bruts ? dans combien de temps ? et de toute façon, ce serait insuffisant ! Je fais le point avec Loup. Trop risqué, nous avons trop de problèmes financiers et de charges pour se donner aussi peu de perspectives. En taux horaire, je gagnerais plus chez Mac Do.

Au bout d'un mois et demi, je m'immatricule en tant qu'auto-entrepreneur, apporteur d'affaires, et j'annonce à Milo que je dois arrêter, j'apporterai des affaires quand les occasions se présenteront, il ira faire la vente au client et moi, je me consacre à ma recherche d'emploi.

Il le prend mal puis digère. Je suis soulagée d'avoir pris la plus sage décision pour mon foyer.

 

Et aujourd'hui, je suis retournée à ground zero. J'en ai un peu marre de tout parce que Loup fait aussi la gueule à propos de tout ce que je fais sauf ce que je fais pour lui et pour sa boîte. Quand je fais des apéros-réseau, il fait la tête. Un dîner de filles ? il râle. Des activités associatives ? je ne lui en parle plus car il va me reprocher de "perdre mon temps". J'évite les pince-fesses et en arrive à éviter de lui parler de mon réseautage. Parce qu'il a à chaque fois une attitude décourageante, clame le peu d'intérêt qu'il y voit, et je n'ai pas besoin de ça. C'est un grognon qui ne comprend pas les motivations qui lui sont étrangères et n'encourage jamais ses proches quand ils en ont besoin.

 

Typique : sa mère l'appelle, harassée de corvées (qu'elle s'inflige elle-même pour la plupart), et se plaint gentiment parce qu'elle n'a pas le temps de préparer le voyage en Italie où elle veut aller balader sa mère. Moi je sais que c'est une femme, qui travaille beaucoup pendant sa retraite et qui donne énormément, qu'elle a un coup de barre et besoin d'être écoutée, soutenue, et encouragée, guidée, dans la foule de contraintes qu'elle s'invente sans cesse. Après l'avoir écoutée quelques minutes, je lui passe son fils. Qui se met à l'engueuler : tu travailles trop ! Quoi ? tu dis que tu n'as pas le temps de préparer le voyage ? Tu ne peux pas partir sans avoir réservé les premières nuits d'hôtel ! Tu dois acheter le guide du Routard ! Maman, tu t'organises n'importe comment ! Nous, on s'inquiète de te voir partir pour 1000km en voiture avce grand-mère ! C'est trop fatigant ! Et s'il vous arrive quelque chose ? etc... etc...


J'ai fermé les écoutilles au bout d'un moment, je n'en pouvais plus de l'entendre assener des reproches, afficher une inquiétude exagérée, essayer par de grandes vérités de la dissuader alors qu'elle n'allait pas se laisser convaincre, la connaissant. Oui mais c'est dangereux ! me rétorqua-t-il. Oui mais elle est grande, elle a plus d'expérience que nous, après tout, c'est ta mère, elle a vécu avant toi ! répondis-je. Et elle ne t'appelais pas pour se faire enguirlander mais pour être encouragée car elle réalise les préparatifs que demande un tel voyage justement. Ce n'est pas comme si elle était inconsciente. Elle a simplement la foi, elle est positive. Et moi je crois que nous n'avons aucune raison de ne pas avoir confiance. S'il doit arriver quelque chose, que nous soyons inquiets ou désagréables n'y changera rien. Tu sais très bien qu'elle partira. Si tu voulais vraiment l'aider, tu achèterais toi-même le guide du Routard et tu irais lui porter avant son départ. Ca, ce serait vraiment une preuve délicate d'attention, et efficace.

Il se tut. Et le fit.

Voir les commentaires

Nouvelle coupe

Je me sens bizarre. Après 3 jours de séminaire intensif chez Auditek à faire une sorte de mini-bilan de compétences collectif, je retrouve peu à peu une identité professionnelle de salariée. On ne me voit pas comme je me perçois moi-même; on m'attribue des compétences que je ne croyais pas utiles de mentionner. Plein de gens sympathiques et exigeants m'ont fait leur feed-back.Résultat, surprenant à dire : je sais un peu mieux qui je suis, l'image que je projette et comment faire pour montrer ce que je veux et le meilleur de moi-même. Ils ne me voient pas comme je me percevais, moi. En même temps, ça fait 8 ans que je n'ai pas argumenté mon CV devant un nouvel employeur.

Forte de cette expérience inédite , j'ai décidé que je devais également ressembler à ce que je ressens intérieurement et suis allée me faire couper les cheveux. Un peu comme il y a 4 ans. Marre de ces cheveux mi-longs, aux épaules, qui rebiquent, obligent à un brushing que je n'ai pas la patience de faire, et de cet air coquet, glamour qui ne correspond pas à mon humeur du moment. Envie d'une coupe franche, levée le matin = coiffée. Un look un tantinet coiffé/décoiffé, pas apprêté, plus volontaire, dynamique, et surtout quelque chose qu'on appelle une coupe, pas seulement des cheveux qui tombent autour de la tête et qu'on croit à juste titre que je ne sais pas coiffer.
Voilà qui est fait. Ca me vieillit, vu la couleur foncée et j'étais mieux avant me dit-on. D'autres trouvent ça très bien. Qu'importe, l'important est que je me ressemble enfin, même si j'attends que ça repousse un peu pour garder un carré court car tout ce dégradé fait quand même un peu gnangnan. J'accepte toutes les critiques puisque je pense moi-même que si c'est mieux, ce n'est pas très réussi pour autant.

Je n'arrive pas à faire tout ce que j'ai à faire. Entre le ménage dans la maison, les machines à faire tourner, les animaux qui salissent continuellement, les courses, et la solitude face aux corvées et mon manque de courage à demander de l'aide, mes réunions tantôt chez Auditek, les ateliers de travail sur les CV et lettre de motivation, les ateliers sur les énergies renouvelables, la chambre des auto-entrepreneur de Haute-Garonne dont je suis vice-présidente, mes séances de kiné, de psy, les rendez-vous pour faire réparer ma bagnole, et le reste... la recherche de boulot n'avance pas.

Le 15 février entre 14h et 18h, je suis à l'atelier simulation d'entretiens dans les locaux d'EMC. On sort, je reste à discuter à 3 mètres de ma voiture avec Gaël et je m'interromps brutalement au milieu d'une phrase. Les milliers d'éclats de verre brisé proviennent-ils vraiment de ma Smart ?
Je cours constater la triste réalité : vitre avant conducteur et déflecteur détruits, lunette arrière perforée, on m'a tout volé sauf la voiture. Plus de GPS, de façade d'autoradio, d'ordinateur portable, et l'appareil-photo Canon qui était dans un colis à expédier à un Ebayeur aux USA... envolé. Je ne suis assurée que pour le bris de glace. Ce sera la croix et la bannière pour la prise en charge de ma lunette arrière qui coûtera 1300€ de réparation. Les téléopérateurs chez mon assureur Pacifica ont du mal à comprendre que même si elle est en plastique rigide vu que c'est une décapotable, il n'en s'agit pas moins d'une lunette arrière donc logiquement d'un morceau qui doit être pris en charge dans mon sinistre.
A force de réclamations, de devis explicité chez Smart, de scans et de mails, ça finit par se faire. J'ai tellement râlé que Smart m'a rendu la voiture nettoyée de fond en comble, intérieur comme extérieur, et avec un litre d'huile offert en prime. Au prix où ils facturent leur prestations, c'est vrai qu'on est bien soignés, quand même.

Laurent lui, bosse énormément sur sa boutique avec Tony. Ils projettent de changer de local, font dossier sur dossier pour un crédit, une caution bancaire, obtenir une salle d'expo et d'entrepôt de 430m² au bord de la rocade. Ils veulent aussi générer du traffic grâce à du phoning, opération qu'ils m'ont demandé de mettre au point.
J'ai déjà commencé de la distribution de flyer dans les environs. Je n'y crois pas trop mais il faut voir. Difficile de faire du ciblage étant donné que toute la population est susceptible de s'acheter un canapé ou des meubles de salle à manger, ou un banc TV. J'ai néanmoins remarqué que la majorité de leurs clients sont situés dans un quartier adjacent au show-room actuel et ai démarché dans ce quartier-là. De toute façon, c'est toujours pareil, il suffit de tomber au bon endroit au bon moment pour faire mouche.
Je leur crée du traffic de façon originale avec les centaines d'articles que je vends sur Ebay ou Leboncoin.fr, en invitant les gens à aller les retirer chez Sofa-Style au lieu de leur donner des RDV en ville.
Ils ont aussi l'intention de faire vendre leur mobilier design par quelqu'un au Havre contre commissionnement. Bonne idée mais curieusement pas structurée. Pas d'étude de marché, ni de stratégie, ils vont essayer et si ça marche tant mieux. C'est un peu leur façon de travailler. Ma foi, si ça leur réussit ! Je le leur souhaite de tout coeur. Et pourvu que ça les rende heureux. Ils ont pas mal de peine en ce moment.

J'arrête de fumer aussi. Je lis la méthode d'Allen Carr et c'est effectivement magique (il le dit lui-même !). Bon en même temps je suis archi-malade, une sorte de crève doublée d'une laryngite, ça aide.

Je me sens comme hors de ma vie ces temps-ci. A force de participer à tous ces ateliers de travail dont la plupart m'oblige à me remettre en question, et à prendre du recul, je me sens un peu schizo. Parfois l'impression de m'observer d'un oeil extérieur. Ce n'est pas terrifiant, juste un peu troublant. Je dirais que je donne beaucoup et que je suis un peu au bord de l'épuisement. Je n'ai jamais été aussi patiente, tolérante, encaissant les coups en faisant le dos rond, ravalant ma colère, mon incompréhension et mon désarroi, n'exprimant que tristesse ou indifférence et comptant les moments de joie. Je me remémore des moments du passé où je ne supportais pas les situations intolérables, je tranchais, sans me soucier du lendemain, sans compromis et sans accepter de me laisser blesser. Du mal à comprendre pourquoi je réagis différemment aujourd'hui.
Ai-je tant perdu qu'à présent je prends moins de risques ? Ai-je perdu du courage ? On se sent toujours plus vivant quand on souffre; curieux syndrôme de rechercher cette souffrance pour se prouver qu'on est là.
Pas mal de gens m'ont déçue récemment. Quand je fais le bilan, je m'aperçois que ça représente pas mal de monde, incluant moi-même. Ce n'est pas grave. L'objectif reste le même : s'attacher à devenir meilleur et à s'entourer des gens qui ne nous décevront pas.
N'empêche, ça ira beaucoup mieux quand j'aurai trouvé du boulot comme dit ma psy.
Occuper cette caboche qui carbure en permanence, à 300km/h, interagir davantage avec le monde extérieur et me libérer enfin de ce carcan.   
 

Voir les commentaires

Good morning Vietnam

4/01/2010 : arrivée à Ho Chi Minh Ville ou Saigon pour les plus nostalgiques. Un faux taxi essaie de nous embaquer pour 250 000 dngs, ce qui me met la puce à l'oreille car j'ai sagement lu le Routard et suis rompue aux techniques d'arnaques aux touristes dans les aéroports. Je commence à négocier, il me semble que le forfait pour aller au centre-ville tourne autour de 150 000 Dongs. Il accepte, nous demande de patienter et file sur un parkig extérieur chercher le "taxi". Je le vois monter dans un tas de ferraille rouillée innommable et notre sang ne fait qu'un tour. Nous repartons en courant vers la file de taxi officielle et allons partager le trajet pour 100 VND avec un jeune touriste qui erre en Asie sans but précis depuis plusieurs mois.
Nous retrouvons avec bonheur nos amis et partons pour une visite du marché et négo d'un pantacourt pour moi qui venais de comprendre que je n'allais pas porter mes shorts courts ici. 6€ le pantacourt, pas cher pour nous mais prix d'or au Vietnam. Il faut bien commencer comme ça, nous marchanderons mieux le dernier jour du voyage !

Déjeuner au Pho2000.On court les agences pour trouver une excursion de 2 jours/1 nuit dans le delta du Mékong. On négocie à tour de bras puis on finit par craquer pour un circuit avec beaucoup de transport en bateau et une nuit en homestay (chez l'habitant).
Relaxation avec un massage dispensé par des aveugles de l'école de massage des aveugles, étonnant mais de bonne qualité. Apéro chez "mamy" le soir, nos amis connaissent pour y être déjà allés, et on enchaîne les cocktails en happy hour. Il fait faim et il est très tard, les gens d'ici ont fini de manger quand nous avons commencé à boire, alors la patronne nous emmène dans un boui-boui qui ne sert que du Pho. Les WC du "resto" vite découvertes par Amandine qui revient les larmes aux yeux sont d'une crasse à vomir. A partir de maintenant, tout ce qui apparaîtra comme le comble de la saleté sera comparé "aux WC du Pho"... Lolo refuse de manger un pho car il en a déjà mangé un à midi et sera le seul à manger un riz frit chez mamy chez qui nous retournerons tous après avoir mangé notre bol de soupe aux nouilles.

5/01/2010 : Le bus nous emmène à Ben Tre. Nous visitons dans une excursion avec quelques dizaines de touristes de mini-sites touristiques : marché d'artsanat, fabriqued e bonbons à base de crème de coco, dégustation de fruits exotiques, déjeuner de poisson-éléphant du Mékong (en essayant de ne pas penser à ce qui l'a lui-même nourri, vu la couleur et la pollution de l'eau...).
Soir, pataquès à Can Tho où le groupe se scinde en deux et la moitié qui part en home stay se répartit dans 3 taxis. Seul l'un d'entre eux est brieffé par le guide qui nous quitte et bien sûr nous sommes dans l'un des taxis qui ne sait pas où nous allons. Le problème c'est que nous ne le savons pas non plus et que l'autre tax a déjà disparu. La barrière de la langue rend le tout bien folklo. Nous finissons par nous retrouver tous dans une ruelle sombre et mal famée, sale et inquiétante, hors de la ville. Petit coup de flippe. De plus nous ignorons s'il faut régler la course ou non. Finalement, il semble que tout est normal car un type surgit de la nuit pour nous prendre en charge et nous embarquons à 25 sur une improbable embarcation en regrettant de ne pas nous être tartinés d'anti-moustiques. La balade sur des canaux aveugles nous semble tellement longue que nous nous demandons si le guide lui-même ne s'est pas perdu. Mais non, c'est comme ça au Vietnam, on ne nous exlique rien, on suit, et on arrive au homestay comme si de rien n'était, le plus naturellement du monde, et nous allons déguster un dîner que nous espérons typique, cuisiné par la maîtresse de maison. Déception, encore le poisson-éléphant du mékong, des nems, des bananes et de la mauvaise bière. Fred a été malade et a passé sa nuit à vomir dans les parterres de fleurs juste devant l'entrée...

06/01/2010 : Lever à l'aube pour visiter le marché flottant de Cai Rang, après une douche dans l'une des deux salles bains fréquentée par des grenouilles et à l'hygième douteuse comme dans toutes les salles de bains du pays. Nous visitons une fabrique de riz, et admirons un pont de singe dans un verger. Nouvelle degustation de fruits frais puis retour à Can Tho où "Daddy", comme se fait appeler notre guide hystérique, nous donne 30min pour déjeuner dans le resto où il nous emmène. Ras le bol d'être des moutons, nous partons en quête d'un boui boui sympa. Mais Lolo veut aller manger ailleurs, nous emmène à la recherche d'une adresse du Guide du Routard mais le resto n'existe plus, nous l'avons suivi pour ne pas le laisser tout seul et certains commencent à s'impatienter. Retour au resto du guide, Olive ne veut toujours pas y manger et continue sa route. Nous le rejoignons au premier boui boui. Il reste 10 min pour manger... Une bonne équipe de râleurs solidaires !
Retour à Saigon après 4-5h de car. Massage puis dîner au marché extérieur de nuit. Achat de bières à la gare, d'un jeu de cartes, puis couchettes pour la nuit à partir de 23h. Amandine n'arrive pas à dormir inquiétée par une vieille dans notre compartiment de 6 couchettes, qui semble surveiller notre sommeil.
Nha Trang du 7 au 8/01/2010 : arrivée de Saigon à 6h du matin.  Recherche d'hôtel avec Olivier et Gégé pendant que le reste du groupe petit-déjeune. Plage et apéro. 
Recherche infructueuse de langouste grillée pas chère. Finalement, nous déjeunons au Café des amis et Stef ne mangera pas de langouste. Visite des Tours Cham et du Bouddha blanc au coucher du soleil,. Gros apéro au Why Not Bar face à notre hôtel Sakura/agence Jet Star. Pas de dîner. Direction discothèque sur la plage. Beuverie/ fiesta avec de nouveaux copains viets puis bain de minuit où Gégé perd ses lunettes, les retrouve, me les confie et s'exclame 2 minutes plus tard "mince j'ai encore perdu mes lunettes". On recommence a les chercher jusqu'à ce que je m'aperçoive que je les tenais à la main. Nous repartons vers l'hôtel mais je m'écrie "j'ai perdu une chaussette !
Fred : on s'en fout
Moi : mais non c'est mes chaussettes préférées...
Nous retournons les chercher sur la plage et je m'aperçois que je les avais bien rangées dans mes baskets...
Encore bière dans la chambre des garçons (Fred, Olive et Gégé qui s'est douché tout habillé) en rentrant puis dodo 2h...
8/01/2010 : 8h, départ pour 4 îles où Gégé va VRAIMENT perdre ses lunettes (mais de soleil). Baignade, balade en barque à fond de verre pour admirer les fonds corallliens pour 20000VDND/pax. Un peu de snorkeling, je repère une grosse murène  puis nous partons faire du parachute ascensionnel (300 000 VDN) inoubliable avec retour en hord-bord vers une ile où il fallait payer 20 000D pour débarquer !
Retour d'excursion (5$/pax) vers 16h30,  achat de Bo Bun (15000VDN, un des meilleurs repas authentiques que nous emportons pour manger dans le bus de nuit) pour la soirée et nuit en bus au grand dam de Stef qui voulait prendre l'avion pour éviter de reprendre le train... Mais ces moyens de transport étaient complets !
9/01/2010 6h:
arrivée à Hoi An. Bonne nuit grâce au somnifère et seul aperçu de pluie à la pause pipi à minuit. Petit déj puis visite du marché. Midi : dégustation des spécialités de Hoi An (cao lau, white rose, shrimp in banana leaves, wonton...). Achat de fringues sur mesure au marché, visite de la vieille ville. Dîner chez "Oncle Fuck" (resto Hong Phuck) qui nous propose pour le dernier matin la visite de son village. Bourrés, nous acceptons à prix d'or cette excursion qui se révélera plutôt décevante prévue pour le 11/01.
10/01/2010 : visite de My Son avec Sinh guide francophone qui nous emmène manger dans une géniale "cantine" puis nous balade en vélo au milieu des rizières et des villages de maraichers.
A recommander chaudement : Sinh, sinhahrha@yahoo.fr guide dans tout le Vietnam (tél : 0905023099).
Gégé ne peut plus porter ses tongs à cause d'une vilaine ampoule. On lui cherche en vain une paire de mules avec Oliv.
On va se faire masser chez Lily et Lolo subit un martyre vietnamien négocié de 250 000 VND à 170 000 VDN avec massage des sourcils inclus.
11/01/2010 : Trang Ha. Village de poterie et de pêcheurs. Autels extérieurs pour vénérer Dieu de la terre, de la rivière, de la mer. Yeux peints sur les bateaux pour mieux voir les poissons et protéger en donnant de la puissance au bateau. Délicieux repas de nems, nouilles sautées, snapper fish a la "melon sauce". Au moins un repas qui rattrape le reste.
Départ en bus à 13h45 de Hoi An pour Hué. Sinh nous attend à l'arrivée pour nous aider à trouver un hôtel puis faire les courses pour que sa femme nous prépare le diner. Les garçons taquinent Sinh sur sa liberté de flirter pendant ses ongues journées à guider les touristes, loin de sa femme au foyer. Sinh : "au Vietnam on dit qu'on mange du riz tous les jours et de temps en temps il faut bien manger du vermicelle". Tout un poème.
Olive nous sert une phrase du jour : "c'est pas facile de conduire un pousse-pousse, d'être pousse-poussier".
Soirée extraordinaire chez Sinh et sa famille en compagnie de quelques amis (Than & Than) qui n'avaient jamais vu des étrangers accueillis ainsi chez notre guide vietnamien et sa femme Oanh. Nous sommes tous très touchés. 
Repas typique délicieux, on trinque à la bière toutes les 2 secondes : Mo Hai Ba... Yo ! On rentre avec les mobs sous une pluie battante et tous sauf nous deux prennent une cuite au bar du coin qui sera taggué Dababendao du sol au WC.
12/01/2010, petit déj à 8h30 avec Sinh : œufs et bœuf vietnamien. 9h15 : visite guidée de la Citadelle. Temps maussade, légère bruine. 
Lecture recommandée par Sinh : "Why Vietnam". Déjeuner dans une très bonne cantine, restaurant Palma (40 Pham Ngu Lao). Prix doux, service paisible. Éviter les "boulettes de porc sauce cahuète" servies en brochettes avec feuilles de riz. Addition 540 000D soit 2,90€/ pers.
14h en taxi privé : visite des tombeaux de Tu Duc et de Khai Ding. Au retour Lolo voit 2 gus en mob sous le même poncho-imperméable...
Kika : c'est Ponchorello !
Lolo : c'est Ponchovélo, oui !
Massage dans un 3*, tarifs non négociables. Je commets alors une boulette en proposant la cabine VIP offerte par l'établissement à la suite de notre négociation acharnée, à Amandine. Lolo voulait ce privilège vu le martyre qu'il avait subi lors de son dernier massage. Du coup il va me bouder pendant 3 jours en imaginant que je ne me préoccupe plus de son bien-être.
Diner à la Carambole. Quand Stef va aux WC, on paie et on se cache dehors. Après la blague, bières à l'hôtel Tran Tien dans la chambre des garçons.
13/01/2010 : ptit déj dans un boui-boui près de l'hôtel après avoir cherché celui d'hier matin pendant 1/2h. Hasard, un type de Luchon, sympa, se mêle de nos échanges sur l'orga de la visite de la baie d'Halong et nous aide. Stef, Amandine et Olive nous précèdent à l'hôtel. 
Lolo suit mais on le revoit 15min après ("il est où l'hôtel ? Je me suis perdu"). Fred, Gégé et moi partons à notre tour. A l'hôtel point de Lolo qu'on retrouvera au bout d'1/4h ("je me suis encore paumé")... 14h20 : arrivée en barque à moteur à la pagode de Thiên Mu. Mes photos sont toutes rouges d'un côté. Normal hier au bar Lolo a tenté d'écrire Dababendau au feutre rouge sur l'objectif. 16h20, retour à l'hôtel après d'âpres négos pour nous offrir kimonos, tuniques et pyjamas achetés à bord avec Amandine.
Nous partons visiter un marché. A 17h15 taxi pour l'aéroport. 50 min de vol.
20h45 arrivée à Hanoi. A 22h hôtel trouvé, Fred part avec Stef pour trouver un médecin français pour soigner son oreille bouchée depuis plusieurs jours et qui commence à lui faire vraiment très mal. A 23h30 ils reviennent avec un rendez-vous pour demain 8h30. On sort chercher à manger, tout est fermé. On dévalise une très bonne pâtisserie sur le point de fermer, que Lolo avait repérée.
14/01/2010: petit déj dans un café avec vue sur le lac. 13h30 bus pour la Villa chez Simone à Hon Gai. Phó dans un boui-boui, Amandine est au bord de l'évanouissement, le manque d'hygiène et le goût inhabituel de la nourriture locale la démoralisent. Elle est à bout, la pauvre. Shopping bons becs puis poker dans la chambre avec de petits "jellos" multicolores.
15/01/2010 : 7h15 ptit dej avant de partir en bateau privé pour la Baie d'Halong à 9h. Stef et Amandine partiront à midi pour 24h en jonque-hôtel avec repas et nuit a bord. La séparation du groupe en deux est pénible mais au final, nous finirons d'accord sur le fait que chacun doit vivre les vacances qu'il désire.
Visite de la grotte de la porte du Ciel (Hang Thien Cung). Arrivée à 13h45 à Cat Ba. Hôtel négocié à 5$ la chambre avec vue splendide sur la baie. Grosses rigolades comme d'hab, les blagues les plus connes sont les meilleures comme dirait Gégé.
Massage ultime sur Cat Ba. Pour moi, cela s'est très bien passé, massage relaxant, j'avais la crève et la masseuse m'a même ointe de baume du tigre, ce qui m'a énormément soulagée. En revanche, les masseuses des garçons leur auraient proposé un massage beaucoup plus intime et cela les a tous choqués et mis mal à l'aise.
Gégé a toujours mal aux pieds mais comme il fait froid, il a remis ses baskets : j'ai acheté des tongs qui ne m'ont servi qu'une journée putain.
Kika : et en plus il a trouvé le moyen de se faire mal avec...
On se promène dans la ville minuscule et Olive qui observe tout dit : "tiens regardez ils font une extension de 2 étages sur cet immeuble"
Lolo : "à quoi tu le vois ?"
Nous explosons tous de rire. Lolo regardait l'immeuble voisin et n'avait pas vu le chantier en bambou incroyable juste à côté.
20h : happy hour en terrasse... Blue Margharita arrive pour Gégé qui le goûte et grimace, Fred et moi le goûtons et Lolo espiègle lance : "moi je te le bois cul sec !"
Gégé : tu bluffes...
... Et Lolo s'envoie l'immonde cocktail bleu-Canard-WC cul sec. Crise de fou rire.
16/01/2010 : Stef et Amandine nous ont rejoint à Cat Ba ; location de mobs. On part visiter l'île en 2 groupes. Visite de l'Hospital Cave, bunker militaire pourvu de ciné, salle de ping pong, piscine où Ho Chi Minh lui-même est venu, à la grande fierté de notre guide. Rando avec Lolo et Fred dans le parc national, grimpette par d'improbables sentiers jusqu'à la vue à couper le souffle au sommet d'une colline.
Repas festin de fruits de mer (calamars, crevettes, poisson, couteaux) au resto de l'hôtel. Bon même si la note a été salée. Karaoké encore et dodo tard...
17/01/2010, 9h15 : bus pour Hanoi avec 1h de speed boat. Arrivée vers 14h, on retourne à notre hôtel puis tour du lac. Nous avons vu la tortue la plus grosse du monde y nager, photographiée, filmée... par des centaines de fans attroupés au bord de l'eau. Diner : hot pot au Marché puis balade avant le night club vietnamien avec la bouteille de Jack Daniels À 1,4 million VDN et Coca payant. Fin de soirée : déguisement en pharaon des garçons à l'hôtel.
18/01/2010 : balade dans Hanoi avec Fred, le groupe se retrouve a l'hôtel puis part manger dans un boui boui. Café dans un boui boui café avant d'aller voir le théâtre de marionettes sur l'eau au théâtre Thang Long. 50 minutes qui valent le détour.
Lolo et moi sommes partis faire 1h de cyclopousse en amoureux pendant que les autres faisaient leur shopping "cadeaux". Recherche d'un resto le soir, on passe comme d'hab 1h à crapahuter et presque autant à se mettre d'accord à tel point qu'Olive s'en va brusquement. Étonnée et chagrinée que ses amis ne cherchent pas à le rattraper, je lui envoie des textos et nous finirons tous ensemble au Hair of The Dog, en terrasse à boire des Mojitos et des Daiquiris en happy hour.
Retour à l'hôtel pas trop tard, demain taxi pour l'aéroport avec Lolo à 6h30 car nous retournons à Bangkok et bus pour le lac Ba Bé pour les autres à la même heure. Je passe ma robe longue faite sur mesure à Hoi An, ça fait des jours et des jours qu'ils me réclament l'essayage. Je ne sais pas à quelle occasion je mettrai une robe pareille mais bon, ça valait le coup de se faire plaisir :)
19/01/2010 : aéroport de Noi Boi 7h35, décollage pour Bangkok à 9h10. Nous irons dans une salle de ciné incroyable où nous disposons de canapés-lits avec plaid et popcorn/boisson gratuites. C'est encore mieux qu'à la maison. Il faut se lever pour le petit court-métrage qui précède tous les fils depuis des lustres et qui fait le panégyrique du roi. Encore un massage et beaucoup de lèche-vitrine sans rien acheter si ce n'est quelques T-Shirts. Je suis au bord de l'épuisement, jamaisde toute ma vie je ne me suis sentie aussi fatiguée. Je peine à tenir debout. Nous filons à l'aéroport pour prndre le vol de nuit qui nous ramènera à Paris.
Les vacances sont finies, à quand les prochaines, en tout cas des envies plein la tête, partir s'installer au soleil, pourquoi pas à Bangkok, semble une évidence à étudier mais c'est sans se douter que le retour va être difficile et que plein de tuiles vont nous tomber dessus. 

Voir les commentaires

Nouvel An à Bangkok

A la sortie des bars, goûter les "meilleures brochettes de Bangkok", au coin d'une rue, une petite échoppe sur roulettes, éclairée par le "7 eleven", le "dépanneur" local... Retour à Paholyothin en passant devant la PEFB où j'ai rencontré Cridou il y a 24 ans... J'ai envie de revoir ma maison, les ruelles de mon enfance. Mais je n'aurai pas le temps. Petit pincement au coeur. Je reviendrai.

Samedi 2 janvier 2010.
Petit déjeuner américain pantagruélique chez Christian, puis nous partons en ville rapidement car il doit rentrer tôt s'occuper du restaurant.
Massage des pieds et des jambes au Live Center, ambiance feutrée, service discret et efficace mais le massage thaï est énergique et j'ai encore plus mal aux jambes en sortant. La prochaine fois, penser à modérer leur ardeur en émettant quelques "Baô baô" (doucement, doucement)...
Cridou gare sa Mercedes au Shangrila, nous nous prenons en photo devant la piscine splendide puis filons prendre un petit bateau à moteur pour remonter la Chao Praya puis les "klongs" (canaux sur lesquels Bangkok est construite, un peu comme Venise).

Nous arrivons à la ferme des orchidées où il nous est donné d'admirer de magnifiques fleurs rares, colorées et même parfumées. Je ne suis souvenue de mon enfance dans une maison rue Phra Pinit où je pouvais aller jusqu'à Sathorn par le klong. N
ous allons faire le marché de nuit (Suam Lum night bazaar) où je me retiens de tout acheter, surtout des trucs dont on n'a absolument pas besoin ou typiquement le genre de souvenir très marrant sur place et inutile au possible une fois rentrés en France.
Nous sommes ensuite retournés sur Silom Road, manger sur un coin de trottoir le meilleur tom yam koung de Bangkok et des khao prat. L'endroit devait s'appeler le Pla Daak mais aucune idée de l'adresse. Une glace hors de prix à Haagen Daaz (comme ailleurs dans le monde !), nous retournons manger quelques meilleures brochettes de Bangkok - uniquement par gourmandise - puis allons boire quelques mojitos sur le toit de l'hôtel Banyan Tree, au bar Vertigo. Splendiiiiiide comme dirait Jim (Carrey).

Dimanche 3 janvier 2010.
En parlant de Jim, aujourd'hui, c'est visite de la maison de Jim Thomson. Homme admirable, le plus célèbre étranger de Thaïlande et sans doute même d'Asie du Sud-Est, il a su réhabiliter l'artisanat de la soie thaï, qu'il est allé promouvoir jusqu'à New York et Dieu sait que ce ne devait pas être de la tarte à l'époque (années 50). Le midi nous allons déjeuner dans un petit resto thaï très original, qui expose partout des tas d'objets vintage qui ont habité mon enfance. L'espèce de tupperware en métal pour emmener à manger à l'école, les bonbons de mon enfance (que je ne trouve vraiment plus très bons aujourd'hui), les poupées en carton à découper... Je replonge dans les années fin 70 et début 80 avec émerveillement. En plus, on y mange très bien. A signaler au Routard !
Un peu de shopping à Central World, Lolo qui se met à acheter frénétiquement des paires de tongs. Il finit par prendre les cachets contre le palu made in Thaïland, sujet qui l'inquiétait énormément mais traitement qu'il ne fera pas jusqu'au bout dans les règles de la prescription bien sûr... c'est tout lui, ça.
Le soir, on va dans un super resto japonais retrouver Vichu, une autre amie d'enfance, qui n'a pas beaucoup changé quoiqu'elle soit aujourd'hui adulte et mariée. Nous sommes une table de près de 20 jeunes, et nous régalons de sashimis, de raviolis japonais, et de mets de toute sorte que les carte françaises ne proposent pas. Nous nous traînons pour sortir, pleinement rassasiés pour 4€/tête, dans la chaleur étouffante. Il fait toujours 30° à l'extérieur de tous ces lieux climatisés. Attention, ne pas tomber malades !

Retour après un verre tous les 3 s
ur le toit d'un autre grand hôtel car demain on part à 5h pour l'aéroport : direction le Vietnam !
 
vietnam2010-367.jpg

Voir les commentaires

L'homme est la fleur de la terre

3 décembre : décision est prise de partir rejoindre des amis au Vietnam pour un dernier voyage 2009. Stéphane, et sa copine Amandine, Gégé le cousin de Stéphane, et Fred et Olive que je ne connais pas encore ont décidé de faire un séjour de 3 semaines au Vietnam. On bricole un passage par Bangkok pour passer le réveillon du nouvel an avec Cridou, mon cher ami d'enfance. Je n'imaginais pas faire 10 200 km pour aller en Asie sans passer le voir !

25 décembre : Noël à la maison avec toute la famille de Laurent et parents des conjoints. Maman ne viendra pas. Trop court un week-end, trop loin, trop long en train, trop tard pour l'avion... Bref ce n'est pas encore cette 34e année que je vivrai un Noël en réunissant famille et "belle-famille".

30 décembre, 6h. Il fait nuit, personne sur les routes, je dépose Laurent à Blagnac puis la Smart chez Monique qui a la gentillesse de m'emmener à l'aéroport. Midi. Paris. Froid et grisaille réjouissantes : nous, on s'en va !!! Déjeuner chez Mac Do (qui a supplanté mon dernier Burger King à Roissy) puis cavalcade anti-moustique pour Laurent qui réalise qu'il a oublié d'acheter des cachets contre le paludisme. 50€ la boîte de comprimés , non merci, on verra à Bangkok. Je jubile d'être immunisée par ma maladie génétique qui affecte la forme de mes globules rouges. Pour une fois que cette fichue thalassémie sert à quelque chose !
15h15. On se fait masser dans des fauteuils automatiques fantastiques pendant que les haut-parleurs répètent que notre vol Paris-Le Caire va avoir du retard. Chouette, n'ayant que 2h de correspondance pour prendre notre vol Le Caire-Bangkok, soit on n'aura pas à poireauter au Caire soit on va rater notre vol pour la Thaïlande, à suivre...

15h40. Décollage, c'est fini, j'éteins le portable, appeler coûterait 2,30€/minute et recevoir des appels à
1€/minute de types qui ont vus mes petites annonces sur Ebay non merci !
21h50 donc 20h50. Arrivée au Caire. 1h de décalage horaire. Nous avons volé 5h10 et on repart pour Bangkok à 23h20, donc à peine 1h30 d'attente.
13h heure locale : 8h40 de vol, arrivée à Bangkok avec une heure de retard, désolée mon Cridou ! Il nous attend et nous sommes reçus comme des princes. Des personnes qu'il hébergeait sont même partis à l'hôtel pour nous laisser la chambre d'amis. Je suis un peu gênée mai il semble si heureux de nous avoir. Cela fait une éternité que nous ne nous étions pas vus ! Au mois 3 ou 4 ans ! Le soir nous dînons avec ses autres amis venus faire du tourisme, dans son sublime restaurant. C'est curieux d'avoir le patron à sa table qui commande tous les plats, de retourner dans sa demeure juste derrière, à pied, sans payer l'addition, pour boire du champagne et fêter le nouvel an en plein été. Trudi, une sympathique néo-zélandaise à l'anglais impeccablement compréhensible me suggère une lecture : "the white masaï". Ca pourrait me plaire.

1er janvier 2010 : 01/01/2010, jolie date. Pour fêter ça, pendant que Lolo a du mal avec le jetlag, Cridou et moi allons prendre le petit-déjeuner... à la cafèt' de l'hôpital à côté ! Eh oui c'est férié, le restaurant est fermé et le personnel en congés. C'est étrange aussi de suivre dans une cafétéria un patron qui n'a pas de cuisine chez lui et qui n'imagine pas faire cuire lui-même un oeuf dans celles de son resto. Un café glacé, on partage une gaufre et on revient chercher Lolo qui se lève 4 heures après tout le monde :)
Wat Prakeo, Wat Pho et Wat Arun constitueront les principales pérégrination de la journée. Coup de bol, c'est le jour de l'année où c'est gratuit pour les touristes ! Le ferry pour Wat Arun coûte 3 baht/personne soit 6 centimes d'€uro...
Le soir, dîner dans un délicieux boui-boui : ce soir c'est crevettes géantes, les plus énormes que nous ayons jamais vu, elles font plusieurs centaines de grammes chacune, qu'on mange grillées, à une table en fer blanc et tabourets en plastiques au bord du boulevard Paholyothin où la circulation est à son paroxysme. Bangkok est une ville où l'on vit aussi la nuit ! Une ptite échoppe à côté d'un guichet ATM qui ne paye pas de mine mais où l'on se régale de coquilles saint-jacques et de légumes introuvables (des "yod fak meo", Christian m'interdit d'essayer de prononcer ces mots de crainte que je ne profère une énormité en me trompant dans les intonations), une sorte de plante grimpante verte cuisinée sautée avec des morceaux de porc. Même Christian se demande comment ils peuvent servir en permanence ces légumes rares et introuvables en cette saison.

ensuite Patpong, pour visiter le marché de contrefaçons, hésiter devant les bars "à filles" et les types qui racolent le touriste qu'ils voient en Lolo : "Come on !... ping pong show !... very good show !... hot girls !..."
Eh oh, je suis là moi !
On boit un verre au Tapas, le bar pas gay de la rue gay et on rentre, sinon on ne se lèvera jamais demain matin. A suivre...

vietnam2010-075.jpg

Voir les commentaires

Papa

Il m'en veut. Il a passé l'âge de bouder, alors il fait la gueule. Et sa déception est une dure punition. Je viens d'annoncer à ma famille que j'allais être retenu par le boulot et que les vacances à la mer, ils en profiteraient sans moi. Ma femme est restée muette, ma fille est repartie jouer - elle a quatre ans - mais mon fils m'a regardé avec une sorte de déception et de mépris qui m'a laissé désemparé. Je m'attendais à ce qu'ils soient un peu déçus mais la perspective de 2 semaines d'été à la plage ne devait-elle pas les réjouir suffisamment pour leur faire oublier mes contraintes professionnelles répétées ?

Je suis le premier navré de ne pas partir avec eux mais personne ne semble prêt à m'accorder d'excuse. Mon bébé, la dernière-née, rit aux éclats quand je la prends dans mes bras, c'est bien la seule qui ne m'en veut pas encore.
Pierre sonne à la porte. Il est notre meilleur ami et vient aider Charlène qui profite de son congé parental pour fabriquer les meubles de ses rêves et retaper la maison. Elle adore bricoler. Et moi je bosse tellement qu'il m'est impossible de lui apporter mon concours. De toutes façons, la maison est en parfait état et les meubles fonctionnels alors je ne vois pas bien pourquoi elle fait tant de travaux. Mais bon, ça l'occupe pendant qu'elle profite pleinement de nos enfants et je suis ravi qu'elle soit aussi épanouie.

Ce matin-là je ne (me) doute de rien. On discute 5 minutes, Pierre est drôle, Charlène rit, l'atmosphère se détend et je pars au bureau rasséréné. Dans la voiture, les souvenirs de la naissance de mes enfants me reviennent et je souris seul, rempli d'émotion et de fierté. C'est vrai que je ne suis pas souvent avec eux pour les vacances, toujours un dossier trop lourd et l'impossibilité de partir sans le terminer. La haute finance n'attend pas. Les opportunités du marché naissent et s'évanouissent à chaque instant. Et je suis celui qui n'est pas censé les louper. Mais mon boulot, beaucoup me l'envieraient et ma carrière nous permet aujourd'hui d'avoir tout ce que nous voulons. Même si nous allons toujours à la mer dans le même gîte depuis 15 ans et que les propriétaires nous prennent pour des membres de leur famille au point qu'ils ne veulent plus qu'on paie la location. Nous laissons sur la table de chevet le montant en espèces car nous savons qu'un chèque ne serait pas encaissé. Nous n'en parlons jamais et tout le monde est satisfait de ce petit rituel.

Ma femme préfère fabriquer du mobilier au gré de sa fantaisie alors que ce serait plus simple de les acheter. Nous continuons à éduquer nos enfants dans un esprit de simplicité. C'est peut-être pour ça que Thomas m'en veut tellement que je ne passe pas l'été de ses 12 ans avec lui cette année. Etre ensemble et former une vraie famille est une notion qu'il a l'air de comprendre encore mieux que moi...
Ce que je n'ai pas vu venir, c'est Pierre et Charlène. Partagée entre son amour pour notre jolie famille et la lassitude de gérer tous les aspects domestiques seule en plus de son poste de prof de fac, elle est tombée sous le charme de mon meilleur ami qui, je l'admets volontiers a tous les atouts du gentleman. Il est présent, l'aide dans tout, même les courses, normal, il est écrivain et gagne très bien sa vie tout en restant totalement libre de son emploi du temps. Il disparaît trois mois pour écrire un bout de roman et revient toujours détendu et disponible. Moi, je suis détendu mais absent en permanence.

Je m'entends bien avec Charlène. Je m'entends bien avec Pierre. Mais voir Pierre devenir le complice de ma femme et moi devenir leur meilleur ami a quelque chose de stupéfiant. On croit que ça ne peut pas arriver et puis un jour on en est presque au constat.
Je l'ai compris quand je ne sais comment, il fut prévu que Pierre les accompagne à la mer à ma place. Le mari de substitution. Séduisant, la quarantaine, brun, ce n'est pas mon sosie mais la certaine ressemblance en est presque risible. A ceci près qu'il sait bien mieux être présent pour Charlène et pour mes enfants qui l'adorent. Je me mets à flipper quand je me dis que ceux-ci ne vont peut-être même pas voir la différence le jour où je cesserai d'apparaître à la maison et qu'il me remplacera définitivement. Charlène m'a peut-être parlé de Pierre et des vacances avec un peu trop d'enthousiasme. Ennthousiasme qui a eu le bruit d'une claque retentissante.

Il ne pouvait pas être trop tard. Un après-midi, je suis rentré à l'improviste, ce qui ne m'était jamais arrivé en 10 ans de mariage. Pierre tenait mon bébé dans ses bras, et discutait joyeusement avec Charlène. Elle était habillée un peu trop sexy pour bricoler des meubles mais je savais que ce n'était pas intentionnel. Elle a toujours été classe et savait en toutes circonstances se mettre en valeur. J'ai repris mon bébé sans un mot et Pierre a immédiatement pris congé.
J'ai dit à ma femme que j'allais partir à la mer avec eux. Qu'il n'était pas question que je laisse un autre prendre ma place auprès de MES enfants et de la femme de mes rêves. J'étais nerveux, je m'entendais hurler intérieurement mais le ton de ma voix était étonnamment calme et décidé. Elle a semblé suprise mais heureuse. Soulagée peut-être, de ne pas s'embarquer dans une aventure dont nous n'aurions pas maîtrisé l'issue.

Jouer au ballon sur la plage avec mon fils ne m'avait jamais procuré un bonheur d'une telle intensité; le soleil nous tapait sur l'épaule et le sourire de mes enfants me faisait vibrer d'émotion. J'avais une sensation étrange, comme si j'étais devenu quelqu'un d'autre, quelque chose de très nouveau.

C'est très étrange de se réveiller d'un rêve dans lequel on était un père de famille, lorsqu'on est une jeune femme célibataire. J'ai eu l'impression de comprendre, de ressentir les émotions à l'intérieur d'un corps et d'un esprit masculin, comme spectatrice de mon propre personnage. Une expérience inédite mais extraordinaire. Il est de ces rêves
au goût surprenant et dont on se souvient dans les moindres détails... Imaginez vous, homme, vous réveillant un matin avec le souvenir des sensations et des sentiments d'une fillette de  huit ans par exemple. Bizarre hein ?
J'ignore si cela signifie quelque chose de précis mais il paraît qu'on rêve soit du surcroît d'activité qu'on a eu dans la journée de façon à tout ranger dans de petits casiers du cerveau, soit de ce qu'on ne peut pas être...

Voir les commentaires

Mauvais film

Insomnies, docteur, je fais des insomnies à répétition.
Pourtant je suis submergée d'occupations intellectuelles, celles qui me manquaient tant, je suis membre active dans 3 associations dont une où je suis vice-présidente, je traite mes quelques clients, je suis en veille permanente et m'auto-forme sur mon secteur d'activité, je lis, j'explore... Je me suis mise à faire du sport 3 fois par semaine pour me vider l'esprit et me défouler physiquement, et me voici, j'ai des douleurs dans le dos terribles et je sais que c'est dû au stress.
Aidez-moi.
Cette prière que j'adressais à mon écran, à mes chats et au ciel (Dieu sait s'il y a quelqu'un là-haut), je suis allée la faire au médecin du village d'à côté, vu qu'il n'y en a pas dans le nôtre. Kiné, comprimés anti-stress doux, approbation de ma consommation modérée de somnifères en vente libre, et conseil de voir une psy. Et voilà Bibi repartie bardée de prescriptions, pas très rassurée encore, mais avec le sentiment toutefois de se donner les moyens de s'en sortir. La sonnette d'alarme avait retenti quand je me suis endormie à 8h du matin une nuit où je m'étais couchée à minuit et demie. "Et vous êtes fatiguée la journée ? Vous avez des coups de barre ?" Non. Je ne dors jamais. Ni le jour ni la nuit. Dès que je me réveille c'est fini. En revanche, le peu que je dors, je dors très bien, très profondément.
Je me suis donnée un nombre d'activités hallucinant, je suis sur le brèche 24/24h. L'action, c'est agir contre la dépression, il paraît. Ne surtout pas avoir le temps de s'asseoir pour s'apitoyer, et s'entraîner soi-même au fond d'un gouffre qui n'est que psychologique. N'empêche, j'ai fini par éclater en sanglots l'autre nuit, aussi silencieusement que possible, happée par un sentiment de solitude violent. Mais le lendemain, surprise, il me demande après un silence très à propos : pourquoi tu pleurais hier soir ?
Je croyais que tu dormais... je ne sais pas. Je ne me sens pas bien. Je réfléchissais en même temps, ce que je n'avais pas fait depuis longtemps, pour ne pas donner trop de poids à ma douleur, ne pas mettre de mot sur mon mal. Et je sus. Pourquoi ne m'avait-il donc pas prise dans ses bras pour me consoler ? Cette solitude et la nervosité qui me rongent se seraient évanouis en un instant.
J'en arrive à prendre sur moi mais en laissant très maladroitement fuser quelques vieilles frustrations dont le dernier exemple est si trivial qu'on pourrait en être foudroyé de honte s'il était révélé au public.
"Dis... ce torchon, tu penses que je pourrais te mettre un crochet dans un placard ou trouver une solution pour qu'il ne traîne plus sur le robinet ? je ne supporte pas de le voir là".
Très bien amené, bien formulé, gentiment, rien à redire. Bel effort que je flingue en un instant sans dire qu'évidemment je peux ranger le torchon dans le placard même s'il me sert toutes les 15 secondes lorsque je suis dans la cuisine. Non, ce qui fuse c'est : "si tu t'en servais autant que moi, tu comprendrais à quel point c'est pratique de l'avoir sous la main !"
Boum. Bravo Kika, j'applaudis à deux mains, dans la bouche de Virginie Lemoine ça serait ptêt mieux passé mais là, ça n'a fait rire personne. Ca n'a pas loupé, ma tendre moitié pique une crise, entendant le reproche mais pas la charge de fatigue et de colère que j'exprime, encore un cri qui dit "je me sens si seule à tout gérer, à essuyer, nettoyer, laver, et si tu m'aidais davantage je me sentirais parfaitement bien".
Mais voilà, de décodeur il n'en a point, comme pas mal de mecs d'ailleurs, à part mes ex, faut croire que j'étais extraordinairement bien tombée. Et moi comme une dinde, sachant l'effet que fait ce genre de pique, je balance et Inch Allah, pourvu que ça le fasse réfléchir. Evidemment, rien ne se passe comme voulu. Point de "je comprends que tu me demande de participer un peu plus aux corvées, OK je vais t'aider ce week-end et une semaine sur deux c'est moi qui fais le ménage pendant que tu te reposes, d'accord ? En attendant, on le range ce vilain torchon ?"
Même si cela avait été un mensonge éhonté, je l'aurais avalé comme un Mojito et toute ragaillardie aurais oublié des semaines et des mois de
rancœur et on n'aurait pas entamé la guéguerre ridicule :
- Quoi ! Mais si tu te sers autant de ce torchon, c'est pour essuyer les traces que laissent TES chats partout !
- Certes, mais comme tu le dis si bien, c'est MOI qui nettoie mais c'est aussi TA maison !
- S'ils ne pourrissaient pas tout, tu n'en serais pas là !
- Ah oui ? parce que tu nettoies les dégueulasseries de TES chiens, par hasard ? NON ! C'est Bibi aussi qui s'y colle !
Et ainsi de suite, je vous épargne le reste sinon la honte va finir par m'achever.
Vive le sud-ouest et ses mâles qui croient que l'espèce féminine est là pour les corvées ménagères. Alors que vous savez parfaitement que célibataire, il faisait très bien son ménage et qu'il avait même une propension à être maniaque. En fait, c'est ptêt même de connaître cet antécédent qui vous fout encore plus en rogne. Ou alors c'est le fait de vous être mis toute seule le tablier de Conchita et de tout prendre en charge comme une conne alors qu'il n'en demandait pas tant et finalement; il y est si bien habitué qu'il ne sait même pas où est le détergent. La colère, je l'avais contre moi en fin de compte. Alors il n'a pas à la subir.
Bref, deux minutes après j'enterrai la hache de guerre, sachant parfaitement identifier l'erreur monumentale de communication que j'avais commise en répondant à sa gentille question d'origine (sur un sujet sur lequel nous étions entièrement d'accord, en plus !!), et sachant aussi la reconnaître.
Avouer sa faiblesse rend plus fort. Curieusement, il paraît que les hommes ne peuvent pas faire cela, être le plus fort, être constamment en compétition, ça doit être un de leurs gènes. Pour ma part, j'avais commencé ma vie comme ça, notamment dans mes rapports humains ou professionnels. Croire et faire croire que j'étais inébranlable, indestructible et en essayant d'être sans faille. Résultat, l'implosion, les tentatives de suicide ratées, le coma, et le réveil qui vous fait comprendre que vous êtes une frêle créature entourée de gens qui peuvent vous aider et vous donner de la force.
Et vous recommencez une nouvelle vie, ce qui est d'autant plus pratique que vous n'aviez que 26 ans quand vous êtes mort la dernière fois.

Et aujourd'hui, quoi ? Tout va bien, je cherche du boulot, j'ai des clients, quelques appels pour d'autres pistes de business, je suis très occupée, très entourée, mais ça reste des relations comme on s'en fait à Toulouse : cordiales et superficielles. Je me sens seule. J'ai perdu mon dernier meilleur ami, qui a contracté une allergie à mon sens critique. A force de dire tout haut ce que je pense, en
mal comme en bien, je ne m'attire pas l'amitié des plus susceptibles. Il faut avoir une sacrée dose de recul pour me supporter. Et l'énergie de me répondre. J'aime et provoque le débat. Mais ma pauvre fille, tu n'es plus dans ta Fac de Lettres, les gens normaux autour de toi ne polémiquent pas, à part sur la taxe carbone, Domenech ou la vaccination contre la grippe H1N1. Et tu ne sais pas toujours te taire quand il le faudrait ou garder pour toi tes envies de joutes verbales. Tu n'as aucun intellectuel autour de toi. Ils ne sont plus là, tes amis comédiens, énarques, enseignants ou philosophes, tu te trompes de public, tu te goures de ton, alors faut pas t'étonner si on tourne le dos à tes controverses.
OK ok. Ah maman, pourquoi m'as-tu éduquée ainsi, et pourquoi ai-je fui ce milieu pour me retrouver aujourd'hui comme un poisson dans une savane. Je ne retournerai pas auprès des "miens" car je préfère la légèreté des gens qui m'entourent aujourd'hui. Mais comment faire pour mieux m'y adapter ?
Un répertoire rempli, mais une telle solitude. Et lui qui me dit hier : "tu ne m'aimes plus, je le vois bien mais je le comprends et j'en suis désolé..." Ciel ! Quelle horreur ! Décidément nous conjuguons parfaitement SA manière d'être complètement à côté de la plaque et MA façon de m'exprimer de façon incompréhensible ! Je t'aime idiot mais je souffre tellement, j'en bave, j'en peux plus, j'ai besoin d'aide, et de toi plus que jamais, c'est toi qui peux me soigner, me guérir, il suffit de quelques mots, de quelques gestes, de quelques actes... Ne le vois-tu pas ? J'ai le sentiment de passer après tout le reste, le boulot, ta relation avec ton ex que tu crois me cacher et tes films qui le soir m'empêchent de m'exprimer parce j'ai besoin de parler, de dialoguer, de sortir, d'être avec toi, je ne m'en lasse pas. Tu me fascines et m'irrites comme une ortie que j'adore et dont j'apprends tellement, tu m'as obligée à apprendre à comprendre, à écouter à communiquer, j'essaie de m'intégrer dans un monde qui m'est étranger et grâce à toi je ne veux plus mourir même si je sais que ça mettrait un terme à toute cette souffrance. Je veux me battre, trouver la solution, je sais qu'elle existe, qu'elle n'est pas loin, je veux relever ce défi, alors ne baisse pas les bras. S'il te plaît sois compréhensif, indulgent, écoute-moi et sèche mes larmes. Je pardonne tes mensonges et tes secrets que je n'aime pas, parce qu'ils font partie de toi et que je t'accepte tel que tu es parce que mes faiblesses sont à la hauteur des tiennes. S'il te plaît n'abandonne pas sauf si tu ne m'aimes plus et retrouvons cette complicité que nous avons connue.
 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>