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De retour

Et me voici, 6h30 réveil impossible de me rendormir, dormi 5h la nuit précédente puis il y a eu ce brunch et là on est lundi matin et je flippe c'est pour ça que je ne dors pas. Une mélasse épaisse englue mes réflexions, par où commencer je ne sais pas et plus je cherche moins je trouve. Alors je me lève et je viens briser ici ces trois mois de silence. Je présente de tardives excuses aux 2 lecteurs que j'ai, déjà ça ne faisait pas beaucoup mais en plus ils ont dû passer à autre chose voyant que je ne publiais plus. Ha.

Tant de choses m'ont brisée ou chagrinée ou angoissée ou déplu ou contrariée ou étonnée ou déçue ou émue ces dernières semaines. D'abord les relations familiales. Si précieuses à mon coeur qu'il se serre même lorsqu'il s'agit de celles des autres. Heureusement il y a maman, la mienne, si fantasque, à la fois excentrique et convenue, dont les bourdes stupéfiantes ne m'étonnent que le court moment de leur énonciation.
Sa dernière : appeler le père de ma cousine chérie, ma Poupa que j'aime comme une soeur, et demander si mon père sera là au mariage en précisant que si c'est le cas elle ne viendra pas. Manque de bol ma cousine était auprès de son père à ce moment-là et elle a tout entendu et elle a été choquée et attristée par ce curieux caprice.
Ah maman maman, si seulement tu pouvais réfléchir un peu et - toi si sensible si fragile - éviter de faire aux autres la peine qui te tuerait la première. Mais qu'est-ce qui t'a pris, je te l'ai reproché vivement la dernière fois au téléphone après avoir appris cela de Poupa et m'être excusée de ton comportement, mais je pense que tu m'as à peine entendue et sans doute pas écoutée. Je refuse de croire que c'était par égard pour ton futur pacsé actuel, qui 35 ans après la sortie de mon père de ta vie n'en a sûrement rien à foutre que tu ailles à un mariage dans notre famille où se trouverait sans le moindre des hasards mon absent de père. Alors... pourquoi comme dirait l'autre ? Je pense surtout que c'est à la fois parce que tu serais mal à l'aise de revoir mon père (et éventuellement sa deuxième épouse), et que ton dernier caprice maladroit t'a encore permis de faire une lamentable démonstration de chantage affectif du type "c'est lui ou moi". Sachant qui plus est que ton amant lui, n'est même pas disponible pour la date du mariage, qu'il était malhabile de le prendre comme prétexte "romantique", ce n'est pas ta propre fille qui risque d'être dupe ! Je te connais comme si tu m'avais faite !
Cette fois mon australien de père ne sera pas là car il ne peut pas venir à Paris aussi simplement de Canberra qu'on vient de Nantes. Moi non plus je n'ai pas envie de le voir, je n'ai même pas accepté sa demande d'ajout dans mes amis Facebook, mais ce n'est pas pour ça que j'aurais risqué de faire de la peine à ma cousine, ma prunelle de mes yeux, en lui déclarant que je ne viendrais pas s'il est présent. Enfin bref, la prochaine fois pose-moi d'abord tes questions et en fonction des réponses tu feras le choix de tes actes dont nous ne gagnons pas toujours à connaître les absurdes motivations.

Ensuite les familles de mes proches. Elles me sont aussi chères que la mienne et je suis encore plus blessée quand une belle-mère me rejette que lorsque c'est la mienne. La mienne c'est facile, on se dit les choses avec une franchise qui aggrave la sincérité de notre relation. Un différend est expliqué et hop ça passe.
Pour les belles-mères, y a celle à qui on peut se confier quand ça ne va pas avec le petit ami, celle qui va même t'écouter critiquer son fils et comprendre ta réaction face à certains de ses travers tout en cherchant à apaiser la situation. Et puis y a celle qui va bouder derrière un silence haineux quand vous faites un break avec leur fils pour mieux remettre votre couple sur les rails.
Et qui va vous servir le couplet de la trsitesse alors même que votre séparation a eu pour effet collatéral de resserrer les liens familiaux dans leur famille ! Parce que le fils se réfugie auprès de la mère, des frangins, et qu'un drame rapproche toujours les êtres avec une sincérité dénuée de politesses.

Elles se mettent à vous détester parce qu'elles confondent la relation cordiale que vous aviez avec elle et la relation très privée que vous avez avec votre moitié. Et qu'elle supportent mal, de toute façon, que vous acheviez l'éducation de leur fils. Ce qui suggérerait qu'elles ont moyennement fait leur boulot. Leur fils, il est forcément parfait ! Même quand il nie ("ma mère ? te faire la tête ? meuuuuh naaaaan qu'est-ce que tu inventes... Elle t'appelait toutes les semaines ? Boaahhh même moi elle m'appelle pas) ou qu'il est bête (Si elle m'a demandé de tes nouvelles ? Ben heuuuuu...). Mais oui, il approche quand même la perfection quand il finit par cogiter dans son coin et se rend à l'évidence, pour dire à sa mère : bon allez arrête de bouder, ça lui fait beaucoup de peine, et puis on s'est remis ensemble et je suis super heureux, tu le vois bien et ça compte pour toi, non ?

Je manque d'activité intellectuelle et me sens comme un lion en cage. J'ai aussi beaucoup de mal à supporter de travailler seule. Habituée aux centres d'appels fourmillant d'équipes et à la gestion de projets, je me plonge dans une sorte de léthargie affolée devant mes piles de cours et un Facebook rempli de jeux à la con.

C'est bizarre comme on peut regretter des relations, des échanges, éphémères mais dans lesquelles vous ressentiez tellement d'intimité, de connivence, de compréhension totale et mutuelle. Et comme vous vous rendez compte de la qualité de ces moments une fois que la personne avec qui vous étiez si complice a disparu de votre vie.
Et vous vous dites : mais puisque cela existe, dois-je aujourd'hui m'en priver...?

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Eté

La dernière étoile s'efface, le dernier quartier de lune n'est plus qu'un clin d'oeil dans le ciel qui rosit.
Je rentre dans le jour qui se lève. Ma nuit la plus courte et le jour le plus long.
Je voulais rentrer avant, juste une demi-heure avant. Ca n'a pas pu se faire et c'est toujours comme ça qu'on finit piégé dans une fin de soirée qu'il fallait éviter. Le soleil éclaire l'orage qui éclate sur mes joues. Le type qui me barre la route à la sortie de la boîte "me dis pas que tu t'en vas, j'ai vu ton sourire". Je soupire violemment en retenant un crochet à la mâchoire et articule "crois-moi ce n'est pas le moment".
Horreur de cette agression physique consistant à m'empêcher d'avancer vers la sortie en faisant rempart de son corps. Je le pousse avec une détermination enragée et m'éloigne dans un état second.
Une maladresse verbale, trop de fatigue, trop d'alcool, trop à cran en ce moment et mon meilleur ami se fâche, vexé. Je regrette plusieurs fois, moi aussi je peux me tr
omper, comme tout le monde, et puis c'est moi la susceptible de service, c'est quoi ce sketch. Coup de flippe, je peux pas te perdre toi aussi, je me sépare, c'est déjà difficile, mais oui si tu veux je ne t'en parle plus, je comprends que ça te fasse suer d'être au milieu.
Alors laissez-moi passer, prendre ma voiture et y chialer seule quand je n'y chante pas, parce que quand on quitte quelqu'un, c'est lui la victime mais bizarrement on n'a pas le droit d'en souffrir durement, d'en baver, comme si c'était facile.
Ben non c'est pas simple, quand on est arrivé au bout du rouleau, qu'on a tout donné, tout essayé, même quand on est sûr de prendre la bonne décision, il arrive que ça fait mal à mourir, que le coeur s'arrête de battre et ça fait mal partout dans les entrailles.
Il ne s'agit ni d'apitoiement ni de pitié, simplement de la souffrance terrible de devoir arrêter d'y croire et y en a marre de ceux qui pensent qu'il n'y en a qu'un qui souffre. Ne plus en parler, se préparer à tout, ne plus écouter les avis, éviter les conseils, ne pas répondre aux questions, ne jamais oublier que personne ne ressent jamais à notre place.
Alors ça suffit, laissez-moi pleurer maintenant. Et je ne veux pas qu'on en parle.

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Changer ou pas

Change-t-on ou pas ?
Je ne sais pas
Je ne crois pas
Avec l'âge un peu moins de peurs
Un peu plus d'idées
Mais bon on reste toujours un peu ce qu'on a été avant, avec plus ou moins de rage...



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Un peu de toi

Parce que mes mots sont étriqués, insuffisants, inexistants, inutiles...
Parce que les désirs les plus forts ont déjà été chantés
Parce que ces poèmes me parlent de toi...

Forcément j'aurais voulu tenir ta main
Rien qu'un peu plus longtemps…
Et j'aurais voulu que mon chagrin ne
Dure qu’un instant.
Et maintenant
Roi Lion est-ce que tu m’attends ?
Infernal silence
Comment savoir, comment se voir ?

Si tu me donnais moi une chance
Ici maintenant donne-moi au moins un doute une coïncidence

Tout ce que tu veux, donne-moi au moins
Un concours de circonstances

Sauvagement j'ai le corps qui t'
Appelle et le cœur qui te pense
Viens donne-moi une chance
Apprendre à se connaître, laisser aller nos êtres
Ici, là-bas un jour, un soir
Si nos âm
es s’attirent, se
Choisissent, ne plus rien s’interdire...
On verra ce qu’on peut devenir
Mais comment faire pour te plaire ?
Bel ange on est de la même étoile
Irradiant de la flamme... Toi où
Es-tu dans l'espace
Ne pourrait-on pas se rejoindre

J'ai des rêves à te peindre, des
Espoirs...  Retrouve moi
Rue des étoiles la deuxième après Jupiter
Ensemble
Vers un endroit pas mal d'où l'on peut voir tout l'univers
Ensemble retrouvons-nous Rue des étoiles pas loin
Du Boulevard de l'
Ether

Tous les deux à bord de mon vaisseau spatial
On se rappellera la mer
Insomnies...

Et oublie les nuits de sommeil, je
T'apprendrai à ne plus
Dormir
Et seulement à rêver et tellement d'autre chose

Nos envies en overdose
Oh tu sais j’ai la voix qui se serre
Un peu trop quand je te croise dans mes photos
Sais-tu, j’ai le cœur qui se perd

Je crois qu’il te pense un peu trop
Et ce qu'il reste de toi, une image imprécise

Tes photos retrouvées sans une ride
Ardents appels dans le vide
Ton cadeau ma veste en jean
Tout ce qu'il reste de toi
En un jour de juillet, un regret torride
Nouait ta chaleur sur le sable
De ma peau
Soufflant à mon âme de te chercher.


Merci à Grégoire de me prêter son talent pour pallier l'absence du mien à te livrer le bouleversement de mes sens,  la chamade de mon coeur haletant, la rage de ton existence dans ma vie...

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Musée haut, musée bas

Bon d'accord, avec 203 jours de retard, je vois ce film par hasard, et dès les premières secondes, je suis scotchée, éblouie, étonnée par cette distribution incroyable, je ne sais même pas si manquent Clovis Cornillac ou Carole Bouquet...
J'y trouve avec délices mon Fabrice Lucchini préféré - ah si je pouvais passer une soirée en sa compagnie - et rapidement, je n'ose pas aller chercher une glace dans le frigo, je suis emportée par cette pièce de théâtre pleine de répliques fantastiques qui empêchent d'en rater une sous peine de ne pas comprendre une boutade lancée plus loin...
Du Ribes burlesque, des effets spéciaux magiques, aucun excès, tout dans une justesse si propre aux bons textes... L'oeuvre d'art ici, c'est ce film ! Courez le voir ! Revoyez-le si c'est déjà fait !

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Bilan

Tous ces gens qui boivent du champagné rosé, ça m'énerve pas !
Midi et demie, amis, brunch, solarium, fleurs, champagne... la météo s'est trompée on n'est pas trempés, à peine quelques gouttes le temps de rentrer chercher des coupes...
Douze heures de champagne, cette année mes cadeaux se terminent en z.
Un chapeau de Saint-Tropez, une Nespresso Citiz. Je plane, rien ne me contrarie. On me demande si j'ai 27 ans, chouette, c'est même pas pour me faire plaisir. 25 ans d'âge mental.

L'impression de ne pas avoir bougé d'un iota. Je vais apprendre un nouveau boulot, comme si c'était mon premier. L'avantage, c'est d'avoir la maturité et la méthode. J'aime toujours m'amuser, n'ayant pas abusé des bonnes choses. Je sais juste m'arrêter, pour rentrer, garder mes points, mon permis, ma bonne humeur et ma liberté.
Je me sens super bien dans ma peau, je suis curieuse, et j'ai vu que l'audace mène à d'incroyables succès.
Si j'avais quelque chose à recommander c'est "osez", on a rien à perdre, tout à gagner.
Si j'avais quelque chose à corriger c'est avoir parfois voulu priver de liberté.
Si j'avais quelque chose à exaucer c'est rendre aussi heureux que je l'ai été.
Si j'avais quelque chose à effacer c'est un certain nombre d'années.
Si j'avais quelque chose à essayer c'est tout recommencer.
Si j'avais quelque chose à crier c'est "y a plus de papier !"
Faut rigoler, faut s'attacher, faut s'obstiner, écrire des chansons, avoir des tête-à-têtes pour écouter ses amis, n'oublier personne, se chouchouter, boire de l'eau, faire des blagues, essayer de comprendre, marcher seul, oublier d'être sérieux, et se soigner quand on a peur.



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Vivre ou rêver ne pas choisir

Un hasard
Une rencontre
Un départ
Je remonte
Une pente
Sans fin ou sans fonds
Je ne sais plus
Juste que c'est long
Grégoire chante
J'aurais aimé tenir ta main
un peu plus longtemps
J'aurais aimé que mon chagrin
ne dure qu'un instant
Un gouffre de temps
Puis encore
Une boîte de Pandore
Un hasard
Un souvenir ne prend pas de rides
C'est plus joli
Qu'une vie sans fard
avec ses brides
avec ses plis


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Signe arabe

C'est rigolo ce matin je tombe sur un site qui explique que le signe astrologique arabe s'appuie sur 3 critères dont le signe occidental, le nombre d'habitants dans ta commune de naissance au moment de ta naissance et... la condition de tes parents ! y a plus qu'à choisir...


 

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Quand on a la cote auprès des vieux...

... ça veut dire quoi ? Je sais pas mais moi ça m'a fait frémir. C'était ce 25 mars. Mais il faut remonter au 24 pour saisir le contexte. Je me rends à mon association de cadres au chômage avec mon cake aux olives et aux lardons pour une soirée de grignotage en présence de Christine Husson brillante conférencière qui nous brieffe sur notre image en entretien, notre tenue vestimentaire  et la signification du choix des couleurs.
J'y croise un petit vieux maigrichon et à l'air sympa qui anime des ateliers du rire (sorte de séances de yoga où on se force à rigoler jusqu'à ce que ça devienne "vrai") et qui finit par se montrer lourd à force de vouloir connaître mon âge. Il dit qu'il a 49 ans.
Le lendemain, il me propose un verre après mon déjeuner avec Nico; pourquoi pas mais dans la galerie marchande de Carrouf et pas dans un hôtel comme proposé ! Quand j'arrive à la Brioche Dorée, stupéfaction, le gus fait les cent pas avec une rose rouge et me l'offre avec un commentaire qui me paraît absurde "je me souviens de ce qu'a dit Catherine Husson, le rouge c'est la passion".  Je ne relève pas et mets les choses au clair : "Il ne fallait pas".

J'ai toujours pas pigé. On prend un café, on discute de ses projets de développement professionnel, je lui dis que nous serons curieux mon chéri et moi de venir un jour voir son atelier du rire et ensuite je pars faire mes courses. En prenant congé, l'air contrit il me sort : "Alors c'est vrai, t'as un conjoint ?" "Oui, et on se porte très bien" rétorquai-je comprenant subitement (enfin) la tentative de drague. "Ah quel dommage j'aurais voulu aller plus loin" soupire-t-il en tentant de me caresser la main que je retire éberluée et irritée.
"Bon ben à la prochaine, dans le cadre que tu voudras" salue l'huluberlu. C'est cela oui. Je suis sidérée comme si je venais d'entendre un poisson me parler. Brrr quelle horreur ! Inimaginable.

Je file au comptoir de Karim avant de jeter cette fleur qui me brûle les doigts et la lui donne : tiens, tu l'offriras à ta fiancée ce soir. C'était lui ou la première caissière venue ou à défaut la première poubelle. Mais en France, trouver un poubelle dans les lieux publics relève d'un challenge sportif.
Je file à la poissonnerie. Tiens, en parlant de poisson...
L'affreux petit vieux qui sert me lorgne en bavant et me répond "Vous voulez des crevettes ? Allez j'en mets un peu plus pour nous deux ?" Je le regarde, médusée, il a au moins deux fois mon âge, un petit air pervers et décrépi... Je serre les dents et ne réponds pas. En me tendant mon sachet de crevettes, il s'approche et devant les clientes qui patientaient autour de moi, me sort : "Allez vous me faites un petit bisou ?" et là, avant que j'ai le temps de réagir, il me saute dessus et me claque la bise. Horrible. J'essaie de garder contenance jusqu'à ce qu'il me dise : "oh vous avez un bouton déboutonné" et il avance ses mains gantées puantes de poisson pour reboutonner mon chemisier ! Je fais un bond en arrière en hurlant et me sauve. Les clientes sourient, trouvant la scène mignonne. Mais je trouve toute cette drague de viocques déplaisante et là je sature. Pas envie de rigoler du tout.
Non mais ça veut dire quoi ? ils ont tous perdu a tête ??!! L'autre guignol formateur du rire même pas divorcé, un gosse, à qui j'ai été obligée de claquer "Va ranger ta vie, ça vaut mieux, au lieu de perdre la tête" et le poissonnier fou, mais dans quel monde vit-on...

Allez hop les courses ça suffira, vite me réfugier à la maison auprès de mon adorable chéri sexy et oublier que je vieillis apparemment trop au point que maintenant les vieux ne sachent pas se tenir.

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Les meufs I

D'un côté une meuf qui croit que c'est "le bon", et qui s'engage.
De l'autre un mec qui s'engage aussi comme il ne l'avait jamais fait avant.
Et puis des mois difficiles, de galères, de fatigue et un peu de déprime. Un passage où chaque effort coûte trop alors on se relâche et on ne sait plus séduire l'autre.
La meuf demande des efforts mais il n'a pas la force de l'écouter. Et d'un naturel plus égoïste, il préserve ses dernières forces pour lui-même, pour sortir de cette mauvaise passe.
Et un jour l'accident. Elle croise un type et ce qu'elle voit en surface lui plaît : une vie bien réglée, fun, saine, un physique soigné la plongeant dans un désarroi nouveau. Serait-il facile de succomber pour fuir le déclin de son propre désir que sa moitié n'entretient plus ?
En deux jours, elle réalise que oui, ce serait trop facile. Et que ce serait une énorme erreur. Les circonstances font que ça bat de l'aile. Mais elle voit clairement que cette tentation n'est là que pour un réveil en sursaut. Elle est avec le bon, depuis des années ! Elle doit continuer à faire des efforts et ramener sa moitié sur le chemin de la séduction amoureuse de leurs débuts ! Elle est amoureuse, et ne tombera pas dans le piège, le fameux test des 3 ans en couple.
Et elle sent la flamme revenir. Elle veut secouer sa vie et le bellâtre n'aura servi qu'à ça : lui rappeler que cette attirance, elle l'a vécue avec son homme et que ce dernier est infiniment plus stimulant intellectuellement. Elle a été aveuglée comme par des plein phares mais elle a cligné des yeux et elle sait ce qu'elle veut : faire renaître son couple de toutes ses forces !

Et là manque de bol, on n'est pas dans une série TV où tout aurait été trop simple : ils se retrouvent après une séparation et c'est le renouveau de l'amour et ils vécurent heureux et eurent plein d'enfants. Ou alors justement, c'est comme dans une série TV, il y a un rebondissement imprévu et paf on est repartis pour une nouvelle saison.

Saison 2 :  d'un côté le mec, il rentre de vacances solo et, manque de confiance en lui, gamberge, elle n'est pas à la maison pour l'accueillir et il fouille dans ses affaires. Il découvre une confidence qu'elle a fait à un vieil ami. Sur le bellâtre. Dont elle disait qu'il n'aurait pas fallu la pousser trop fort pour qu'elle tombe dans ses bras. Manque de bol il n'a pas la fin de l'épisode, celui où de l'autre côté la meuf avait réalisé en le comparant à l'homme de sa vie que c'était bien ce dernier qu'elle aimait, qu'il était fait pour elle et où elle avait décidé de raviver la flamme après cet égarement salutaire et purement fantasmatique. Et bang ! quand elle débarque à la maison en mode "j'ai retrouvé la voie et on va repartir comme en l'an 40 mon amour", c'est trop tard, il se sent trompé, trahi, plongé dans un chagrin immense, et pour lui tout est fini.

Saison 3. Elle lui explique tout, ne lui cache rien, il va comprendre : il ne la séduisait plus depuis un an, dépression, laisser-aller, peu importe, le désir s'érodait mais cette expérience sans adultère va les sauver; elle veut qu'ils s'impliquent comme aux premiers jours, elle a su que c'était lui et pas un autre et la première, elle a déjà commencé à faire ce qui s'imposait. Exit les pyjamas, retour du maquillage, des mini-jupes, fini la TV, rebonjour les sorties, les restos, danser, partir en vacances...
Mais il écoute à peine, il n'y croit pas, ces confidences-ci, il ne les a pas lues, au contraire, il retient que l'ami auquel elle avait confié son égarement avait fait une tentative pour la dragouiller et il oublie qu'elle l'a envoyé balader.
La confiance vole en mille éclats des deux côtés. Elle n'en revient pas qu'il ait fouillé dans ses affaires, il pense qu'à la première occasion elle va le tromper et qu'elle raconte tout ça pour "rattraper le coup". L'épreuve qu'ils allaient surmonter tourne au fiasco le plus total. Il veut la larguer. Elle refuse. Il accepte de leur donner une seconde chance. Il redouble de jalousie, il exige des preuves de loyauté sans faille, elle doit cesser tout contact avec eux. Elle ne comprend pas, ces types ont été des révélateurs du fait qu'elle l'aimait lui ! Mais elle coupe les ponts avec eux, elle veut toujours sauver son couple.

Il est irritable, méfiant, blessé, et la douleur le rend méchant. Elle encaisse. Mais elle pleure, elle s'épuise. Ca ne devait pas se passer comme ça. Elle est tombée du nuage où elle était remonter se percher en retrouvant la folle passion amoureuse qui l'animait au début. Elle essaie de comprendre sa réaction, effectivement, il n'a trouvé en fouillant que la vilaine partie de l'histoire. Mais elle a du mal à comprendre pourquoi il ne se remet pas en question, pourquoi il n'accepte pas de se dire que si elle a zieuté ailleurs c'est aussi parce qu'il n'a pas été à la hauteur. C'est sans doute trop dur de se dire ça quand on regarde trop son nombril et que c'est toujours les autres qui ont tort. Et surtout, elle est stupéfaite de prendre aussi cher que si elle l'avait trompé et de constater qu'il n'arrive pas à aller de l'avant et à se recentrer sur leur couple pour l'accompagner dans le travail de reconstruction qu'elle a engagé.

Alors avec le temps, elle commence à se demander s'il la souhaite, cette reconstruction. Cette obstination à la culpabiliser sonne comme une envie de la plaquer et la faiblesse passagère dont elle a fait preuve en serait un fabuleux prétexte. Insomnies, anxyolitiques, se serait-elle trompée finalement ? Elle découvre un être étrangement borné, dur, implacable et capable de la faire souffrir avec arrogance. Peur, doutes. Elle n'a jamais connu ça et n'a jamais été aussi malheureuse avant. Elle se rappelle juste à temps qu'elle n'a rien fait de mal. Alors pourquoi tant de haine ? Stop !!!
Elle lance un appel à la confiance. Elle va s'absenter quelques jours. Il le prend très mal. Si elle part dit-il, c'est qu'elle se moque de lui et de ses doutes. C'est trop tôt pour qu'elle prenne ce genre de liberté en se moquant du fait qu'il va gamberger. Elle refuse de se laisser faire. Il est temps de sortir de ce cercle vicieux. Elle n'a pas toujours été réglo dans sa vie mais ce couple de plusieurs années, c'est le premier dans lequel elle peut se vanter d'avoir été honnête, fidèle, et elle n'a toujours rien l'intention de faire qu'elle puisse se reprocher. Il parvient à se raisonner. Ils sont sauvés ! Elle part soulagée, heureuse. Un chapitre va se clore et son couple va mieux renaître de cette épreuve.

Mais non. Saison 4. Elle découvre à son retour que c'était trop beau. Le donneur de leçons a recontacté son ancienne maîtresse. C'est plus fort que lui. Il a aussi essayé de fouiller ses affaires. Son manque de confiance l'a poussé à faire ce qu'il n'aurait pas aimé qu'elle fasse. Elle est une fille un peu stupide. Elle s'étonne. Il lui dit que quand l'un ou l'autre ne se sent plus bien dans un couple, il lui appartient de s'en aller et il ne sert à rien de se faire du mal. Elle est d'accord sur ce principe mais qu'est-il en train de dire ? Est-il en train de parler d'eux ? ...de lui ? Sous le choc elle ne réagit pas en apparence. Mais dans sa tête c'est la tempête. Elle a du mal à réfléchir. Que se passe-t-il ? Il a l'air brusquement détendu et amoureux. Il la cajole exactement comme un homme marié qui a une nouvelle maîtresse. Mais non, c'est absurde. Pas lui ! C'est trop moche, c'est pas possible. Elle veut croire ce qu'il raconte : son ex-maîtresse, il n'a pas l'intention de rempiler. Mais alors qu'est-ce qui le motive à recontacter en cachette cette fille ? Le simple besoin de se sentir aimé par une nana pour qui on est resté un dieu vivant ? Le besoin de se souvenir d'une histoire dans laquelle il n'a pas vécu les difficultés de couple classiques ? Un besoin plus ou moins conscient de revanche ?...

Déception et tristesse. Il semblait si différent des autres. Il avait la grandeur de son exigence. Maintenant, il est tombé au rang de l'ordinaire, à tout bousiller par manque de clairvoyance et de confiance. Avec ses cachotteries et une ex-maîtresse qui, on le lui souhaite malgré ses dénégations, comblera son vide quand il se retrouvera seul avec ses mensonges et sa  faiblesse.

Saison 5. Pardonner ? Croire ? C'est le prix de l'élévation de l'âme. Pardonner à ceux qui ne pardonnent pas. A ceux qui n'ont pas l'indulgence, ceux qui sont faibles et lâches et menteurs. Parce qu'on a tous nos faiblesses et droit à l'erreur. De toute façon, garder du ressentiment fait vivre dans un stress insupportable. Cet article est le hurlement qui soulage, la souffrance extirpée du corps. Parler de ses souffrances permet de les identifier et d'y voir plus clair. Il est indispensable de se libérer du poids d'une blessure. Alors : repartir, trouver le courage de se redresser et d'avancer. Car s'élever soi-même c'est aussi tirer les autres vers le haut. Le pardon est le seul moyen d'arrêter la spirale de violence qu'entretient l'angoisse et le désarroi.
Le pardon n'est pas oublier ni excuser car excuser signifie qu'on ne tient pas l'offenseur pour responsable de ses actes. Ca n'enlève en rien les conséquences d'un acte ou d'une parole malheureuse. C'est cicatriser la mémoire émotionnelle. Savoir faire un deuil par rapport aux attentes qu'on avait par rapport à l'autre. Accepter que rien ne puisse redevenir exactement comme s'il ne s'était rien passé. Car le pardon ne change pas l'autre. Il faut faire un travail qui prend du temps, pour le réhabiliter. O
n n'a pas de pouvoir sur l'autre. On a le pouvoir sur nous, le pouvoir de nous guérir et celui de nous libérer. Il n'y a que deux issues : approfondir l'amour dans la réconciliation. Ou partir. 

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